Collecte de fonds

Six pavés de mémoire pour la Famille Nemeth

Samedi 7 mai 2016 par Eitan Bergman

L’histoire commence en 2007. En avril cette année-là, je me suis rendu avec ma famille en Israël pour y célébrer ma Bar-Mitzva au Kotel, bien que je préparais en parallèle mon année de judaïsme au CCLJ.

Le 25 avril dernier, c'est avec son grand-père Alec, caché à Izieu pendant la guerre, qu'Eitan Bergman rendait hommage aux enfants d'Izieu déportés. Aujourd'hui, c'est la mémoire de la famille Nemeth qu'il souhaite perpétuer.

Outre le côté « festif » du voyage, nous avons souhaité (re)découvrir Yad Vashem, le Mémorial de la Shoah à Jérusalem. Notre guide était au courant du motif de notre séjour et à l’issue de la visite, je me suis vu offrir l’opportunité d’associer symboliquement mon nom à celui d’un jeune garçon, également originaire de Liège, ma ville natale. La différence entre nous, c’est qu’il n’a jamais pu célébrer sa Bar-Mitzva. En effet, Jules-Gilles Nemeth a été arrêté à son domicile et assassiné à l’âge de 9 ans. En acceptant le certificat remis par Yad Vashem, je m’engageais à perpétuer sa mémoire.

De retour en Belgique, j’ai écrit à Frieda Nemeth Cohen, la sœur de Jules-Gilles et seule survivante de la famille. Celle-ci fut sauvée par des Français non juifs qui l’ont cachée jusqu’à la fin de la guerre et qui sont devenus par la suite « Justes parmi les Nations ». Frieda nous a quittés il y a quelques années, mais je suis resté jusqu’à ce jour en contact avec sa fille.

La famille Nemeth était composée de Strul, né en 1900 en Tchécoslovaquie, et de son épouse Sura, née en Roumanie en 1905. Ils émigrent en Belgique à la fin des années 20 et de leur union naissent trois enfants : Frieda en 1931, Jules-Gilles en 1933, et Emile en 1934. En 1937, ils sont rejoints par la sœur de Sura, Blanka. Les six membres de la famille vivent dans un premier temps en région liégeoise. A la veille de l’Occupation, ils élisent domicile en Outre-Meuse, un quartier en rive droite de Meuse non loin du cœur de Liège. Fin juillet 1942, Blanka reçoit une convocation de « mise au travail obligatoire ». Elle se rend de son plein gré au camp de rassemblement de Malines, à la caserne Dossin. C’est de là qu’elle est déportée par le Ier convoi quittant à jamais la Belgique, le 4 août 1942.

Dès lors, la famille évite de passer ses nuits chez elle, par précaution. Un dimanche, Frieda part en colonie d’enfants où ses frères Jules et Emile doivent la retrouver la semaine suivante. Mais le jeudi, les parents et les deux garçonnets sont arrêtés au cours d’une rafle de grande envergure organisée par les autorités d’Occupation dans l’arrondissement de Liège. Nous sommes le 24 septembre 1942. Ils seront tous transférés le lendemain à la caserne Dossin et déportés deux jours plus tard par le XIe convoi, le 26 septembre 1942. Quant à Frieda, elle reste cachée du côté de Spa.

A mes yeux, le devoir de mémoire est un acte essentiel, a fortiori aujourd’hui, en ces temps troubles où l'antisémitisme, le racisme et la xénophobie connaissent une recrudescence inquiétante dans le monde. Les événements récents m’ont d’ailleurs poussé à initier un projet autour de la mémoire. Ils m’ont aussi conforté dans l’idée qu’il faut continuer, autant que faire se peut, à viser le « plus jamais cela ! ».

Plus concrètement, le projet que j’entreprends a pour objectif le placement de six pavés de Mémoire, six stolpersteine, un pour chaque membre de la famille Nemeth. Ils permettront de ne jamais oublier leur histoire et leur sort tragique. A travers eux, nous nous souviendrons de l’histoire du peuple juif tout entier. Car si Frieda a survécu, ce n’est pas le cas de ses parents, de ses frères, de sa tante ni de millions d’autres.

Il s’agit donc pour moi de parrainer la pose de six nouveaux pavés à Liège. Je souhaite récolter des fonds pour financer l’opération, mais aussi faire connaître l’initiative des stolpersteine au-delà de la communauté juive, et ainsi permettre un réel travail de mémoire et un véritable devoir de citoyen.

Comme le dit un célèbre dicton : « Il est difficile de savoir où l’on va sans savoir d’où l’on vient ».

Comme le coût des six pavés s’élève à 1.800 €, je me permets de solliciter la générosité de chacun. Si vous êtes désireux d’y contribuer, vous pouvez dès à présent effectuer un don directement sur le compte bancaire de l’Association pour la Mémoire de la Shoah (AMS) en mentionnant en communication « PAVES NEMETH » au numéro : BE75 0688 9657 3451.

Pour plus d’informations, je vous invite à me contacter via l’adresse e-mail : pavesnemeth@gmail.com. Le projet complet est détaillé sur la page Facebook qui lui est dédiée : www.facebook.com/pavesnemeth/. Vous y trouverez une vidéo explicative qui a aussi été postée sur YouTube : www.youtube.com/watch?v=4QXQBAOwzjc. N’hésitez pas à partager l’information un maximum autour de vous.

D’avance je vous remercie pour votre soutien.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par marianne vincent - 10/02/2017 - 7:23

    Je suis éventuellement prête à vous virer 300 euros, mais j'aimerais d'abord comprendre ce que vous entendez par le projet 'vivre ensemble' en Belgique.

    Merci d'avance de votre réponse.

    Bien à vous,

    Marianne V...

  • Par Eitan Bergman - 13/02/2017 - 9:11

    Bonjour Marianne,
    J'ai bien reçu vos questionnements.
    Les pavés en l'honneur de la famille Nemeth ont été posés le 4 février 2017 puisque le montant requis à été atteint dans le courant de 2016.

    Cependant, il vous est toujours possible de faire un don (ou directement à l'AMS) qui servira à financer d'autres projets de pavés en Belgique ou par le numéros de compte stipulé (que je gère).
    Dans ce dernier cas, il a été décidé d'utiliser l'excédent de dons à la bonne organisation de la cérémonie d'inauguration (peut-être aider des écoles à participer,...).
    Après cette date, j'ai décidé de reverser le "surplus" à une ou plusieurs initiatives. D'une part un collège qui organise un voyage de mémoire à Berlin-Cracovie et Auschwitz (5ème secondaires du Collège Sainte-Véronique-Liège), d'autre part à d'autres organisations visant le vivre ensemble/ou soutenant des projets de vivre-ensemble dans notre société à déterminer vis-à-vis de la somme concernée (Programme "la Haine je dis non" (CCLJ), voyage de mémoire/Israël-Palestine pour une école de Schaerbeek (projet conjoint d'un collège et de l'UEJB), le CCLJ lui-même ou l'AMS,...).
    Il s'agit de financer des projets qui visent à construire des ponts entre d'un côté les communautés de notre pays et éradiquer la ghettoïsation et d'un autre côté de lier notre passé, souvent douloureux à notre avenir et à sensibiliser la plupart des citoyens au fait que sans comprendre/connaitre notre passé, nous sommes sûrement condamné à le revivre. Il s'agit de sensibiliser à devenir des "citoyens-acteurs" et non des "citoyens-spectateurs".

    Dans tous les cas, je vous remercie chaleureusement pour votre intérêt,

    Je suis entièrement disponible,

    Cordialement,

    Eitan BERGMAN