Israël

Pour Samer Haj Yehia, casser des barrières est une seconde nature

Mercredi 31 juillet 2019 par Amir Ben-David – Times of Israël

Etablissons clairement les choses et ce, dès le début : Samer Haj Yehia, qui a été récemment désigné président du conseil de la banque Leumi, a créé une fissure significative dans le plafond de verre. C’est la première fois qu’une banque israélienne majeure nomme un dirigeant arabe.

 

Les douzaines d’articles d’information et les publications sur les réseaux sociaux consacrés à la carrière de Haj Yehia contiennent leur lot d’éloges (justifiés) à l’égard de cet économiste de 49 ans qui est parvenu à franchir les nombreux obstacles qui se sont dressés sur son parcours, entre sa naissance à Tayibé, une ville arabe du centre d’Israël, jusqu’à sa désignation à l’un des plus hauts-postes du secteur économique en Israël.

En fait – et au vu de l’épaisseur de ce plafond de verre qu’il est parvenu à briser – on peut parier sans prendre de risque que son nom apparaîtra probablement dorénavant dans tous les débats, dans toutes les discussions ou sommets traitant de l’intégration des Arabes.

Avocat et expert-comptable agréé, Haj Yehia a commencer à assumer ses nouvelles fonctions à partir du 21 juillet, remplaçant David Brodet, qui avait présidé le conseil au cours des neuf dernières années.

Il est important de souligner que personne ne met en doute les compétences de Haj Yahya dans le cadre de cette nomination prestigieuse.

Sa désignation – approuvée par un vote majoritaire de cinq voix « pour » contre trois voix « contre » – ne tient ni à la discrimination positive, ni au « politiquement correct », les conseils d’administration des banques n’accordant aucune attention à ce type de préoccupation.

Leur seule inquiétude : Faire en sorte que leur établissement prospère.

Les trois autres candidats au poste – l’ex-directeur général du ministère des Finances et actuel président général des Raffineries de pétrole israéliennes Ohad Marani, l’ancien vice-président-général de Teva Pharmaceuticals Deputy, Shmuel Ben Zvi, et l’ancien chef de la Discount Bank Capital Markets and Investments, le docteur Yitzhak Sharir – ont remporté un vote chacun.

Et voilà comment briser le plafond de verre, et avec style.

La nomination de Haj Yehia a été saluée à droite comme à gauche de l’échiquier politique.

« Il est temps que le gouvernement israélien suive les pas de la Banque Leumi. Malheureusement, si Samer s’était présenté à un poste dans le secteur public, je crains qu’il n’aurait pas réussi », a commenté le maire de Tayibé, Shaa Mansour Massarwa, auprès du journal Yedioth Aharonoth.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est également empressé de féliciter Haj Yehia, écrivant sur Twitter : « Je salue la nomination du docteur Samer Haj Yehia à la tête du conseil des directeurs de la Banque Leumi et je lui souhaite bonne chance ! »

Mais, les félicitations mises de côté, c’est l’origine personnelle de Haj Yehia qui mérite d’être observée de plus près.

Avant que nous, Israéliens, nous congratulions les uns les autres à grands coups de tapes dans le dos, rassurés que nous sommes par le fait que cette initiative prise par la banque prouve bien que nous ne sommes pas aussi racistes qu’on pourrait le penser à première vue, il faut mentionner que ce résultat impressionnant – et obtenu avant que le principal intéressé n’ait atteint ses 50 ans – est né, avant tout, de qualités personnelles qui, en l’absence de circonstances individuelles qui sortaient de l’ordinaire, serait resté hors de portée.

Lire la suite sur : https://fr.timesofisrael.com/pour-samer-haj-yehia-casser-des-barrieres-e...


 
 

Ajouter un commentaire

http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Amos Zot - 3/08/2019 - 11:52

    Cher Amir Ben David,

    Comme le disait Talleyrand: " Je pardonne aux gens de n'être pas de mon avis, je ne leur pardonne pas de n'être pas du leur".

    Vous dites dans le même article tout et son contraire à savoir ,par exemple, que les conseils d'administration choisissent en fonction de critères objectifs en vue de la rentabilité de leur entreprise et d'autre part vous parlez de plafond de verre et de racisme.

    En fait, vous parvenez à l'occasion d'un événement positif à critiquer la société israélienne.

    Ce n'est malheureusement pas la première fois que je constate cette selbsthass dans le Times of Israël .