Procès de l'attentat du Musée juif de Belgique

Les victimes, des agents du Mossad? Un argument insupportable!

Mardi 15 janvier 2019 par Belga GK NZ

La tuerie au Musée juif « n'est pas un attentat mais l'exécution ciblée d'agents du Mossad », a asséné mardi devant la cour d'assises de Bruxelles Me Virginie Taelman, l'une des avocates de Mehdi Nemmouche, lors de la lecture de l'acte de défense.

David Ramet, avocat des filles du couple Riva, tué dans l'attentat

Pour l'avocate, il est « grotesque et risible » de penser que le « tueur professionnel » du Musée juif n'aurait pas utilisé la kalachnikov qui était en sa possession pour fuir les douaniers qui l'ont interpellé à Marseille.

Mehdi Nemmouche se « fiche » par ailleurs de Mohammed Merah, qui a été présenté comme son idole, et n'avait aucune intention de devenir un martyr, selon Me Taelman. L'accusé « a été mis en possession d'un sac dont il ne connaissait pas le contenu », affirme-t-elle.

L'avocate s'en est aussi pris à la photo du tueur présentée à des amis de Mehdi Nemmouche durant l'enquête. « Sur les images de vidéo-surveillance, le tueur porte des lunettes qu'il n'enlève à aucun moment. Or, sur la photo montrée, le tueur ne porte pas de lunettes et un visage a été reconstitué ».

La défense déplore que l'inspecteur en charge du cliché, qui a reconnu avoir joué sur la luminosité du portrait, ne soit pas appelé à témoigner devant la cour comme elle l'avait demandé.

Cette « manipulation » explique pourquoi Mehdi Nemmouche a refusé de collaborer durant l'enquête, selon son avocate.

La première preuve avancée plus tôt de l'innocence de Mehdi Nemmouche était que le tireur avait manipulé par trois fois la porte d'entrée du musée. « Or, l'ADN de Mehdi Nemmouche n'est pas sur cette porte », a déclaré Me Henri Laquay qui a dès lors déjà demandé au jury d'acquitter son client. « Mehdi Nemmouche n'est pas la personne qui a appuyé sur la détente et nous allons vous énoncer certaines preuves qui le démontrent », a-t-il encore déclaré.

Interviewé le matin même en sortant de l'audience, David Ramet, l'avocat des deux filles du couple Riva, nous confiait redouter que l'argument des agents du Mossad soit évoqué par la Défense, sans en avoir la certitude. « Ce procès est bien sûr une épreuve énorme pour Shira, 21 ans et sa soeur Ayelet, 19 ans, qui restent fortement traumatisées, et cet argument est insupportable quand on sait que leurs parents étaient tous les deux retraités de la fonction publique depuis deux ans au moment de l'attentat. Elle a travaillé quelques années comme économiste comptable pour le Mossad, cela n'en fait pas un agent du Mossad ! », s'indigne-t-il. « Je ne pensais pas que la Défense irait jusque là. Elle l'avait déjà évoqué devant les caméras, mais pas au procès. C'est dramatique et dommage qu'elle ne se cantonne pas aux arguments juridiques et préfère user des éventuelles faiblesses et passions des jurés en faisant le procès des victimes. Les avocats ont bien sûr l'immunité de la plaidoirie, mais celle-ci ne peut être le prétexte à une tribune antiisraélienne et/ou antisémite. Le dossier contre Nemmouche est de toute façon accablant et nous avons les preuves que le couple Riva se trouvait au Musée tout à fait par hasard. Nous espérons que ce procès aboutira à une condamnation ferme du tueur».

Les avocats de Nemmouche ont évidemment poursuivi leur partition complotiste. Lorsque la Présidente de la Cour d’assises leur demande quand ces derniers souhaitent diffuser les fameuses images établissant l’innocence de leur client, Me Courtoy ne peut s’empêcher de s’interroger sur la présence de deux comptables travaillant pour le Mossad dans le Musée juif de Belgique.

Il demande même à la présidente de la Cour d’assises une descente sur les lieux afin que les membres du jury puissent voir, même de l’extérieur, la maison située au 31 de la rue des Chandeliers. Cet immeuble aurait été loué par des personnes essayant de se faire passer pour des islamistes selon Me Courtoy, qui s’appuierait sur les déclarations d’un agent immobilier. Et de prendre un malin plaisir à prononcer son patronyme (Weberman), en expliquant que ce dernier ne peut être soupçonné de complotisme !

Comme le dira ensuite l'avocat du Centre pour l'égalité des chances Unia, Me Christophe Marchand, « la défense assène des vérités comme si elles étaient scientifiques et elle le répète à chaque paragraphe. Ce sera comme ça tout au long du procès, on va essayer de vous faire avaler des couleuvres ».

Nemmouche refuse de parler

La présidente de la Cour d’assises a ensuite demandé à Mehdi Nemmouche s’il reconnaissait être l’auteur de la tuerie. Il a reconnu avoir été en possession de la kalachnikov et du revolver qui ont servi lors de la tuerie au Musée juif au printemps 2014, mais a nié être l'auteur de la tuerie. Il a ensuite fait part de son refus de répondre aux questions de la présidente Laurence Massart.

Elle lui a enfin demandé s’il souhaitait s’expliquer ou conserver son droit au silence. « Je ne souhaite pas m’exprimer dans un premier temps », a-t-il répondu. Lui rappelant qu’il n’y avait pas de premier ni de second temps dans la procédure d’assises, la présidente de la Cour lui a signifié qu’il lui fallait répondre aux questions maintenant, Nemmouche a répondu qu’il ne parlerait pas. « Etant donné que toutes les personnes qui auraient pu apporter une version aux antipodes de celle de l'accusation ne seront pas entendues, je ne répondrai pas aux questions », a-t-il déclaré.


 
 

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  • Par Chloe. - 16/01/2019 - 10:14

    Il fallait s y attendre à avoir ce genre d élucubrations avec ce type d avocats qui défendent Mr Memouche et je pense que l on est pas à l abri d autres sorties de ce genre