Communiqué

L'UCL invite un ministre hongrois xénophobe, raciste et antisémite

Lundi 30 avril 2018 par Pour le C.A. du CCLJ Menia Goldstein, Président du Centre communautaire laïc juif David Susskind

Dans le cadre de la Chaire Francqui, l’Université catholique de Louvain (UCL) organise ce vendredi 4 mai 2018 un colloque international à Bruxelles à l’Université Saint-Louis sur le thème « Contrôles et hospitalités. Vers des politiques migratoires qui renforcent la démocratie contemporaine ».

 

C’est avec consternation que nous découvrons que l’UCL y a invité László Trócsányi, ministre de la Justice de Hongrie. Son gouvernement mène une politique très dure et dépourvue de compassion envers les migrants et les réfugiés. Il barricade les frontières. Il rejette le principe des quotas de l’Union européenne pour la répartition des réfugiés. Il piétine les engagements hongrois pris devant l’Union. Il en bafoue les valeurs de démocratie libérale.

Proche du Premier ministre Viktor Orban, László Trócsányi joue un rôle clé dans la dérive autoritaire et démagogique de son gouvernement. Pour László Trócsányi, si son pays ne peut accepter de migrants, c’est parce que la minorité rom de Hongrie constitue « déjà une charge insupportable ». Ainsi le ministre hongrois de la Justice stigmatise-t-il ses concitoyens roms qu’il considère comme des étrangers dans leur propre pays.

Autre bête noire du gouvernement hongrois et de son ministre de la Justice, le philanthrope juif américain Georges Soros. D’origine hongroise, il a fondé à Budapest la prestigieuse Université d’Europe centrale. On peut lire sur le site officiel du ministère hongrois de la Justice un article qui accuse l’opposition politique d’être peuplée d’individus prêts à servir des intérêts étrangers. « Si ces gens parvenaient au pouvoir, le pays se verrait affaibli (…) et George Soros s’en frotterait les mains avec joie ».

Dans le domaine de la politique migratoire où l’action du secteur associatif est déterminante en matière d’accueil des migrants, il nous semble également inconcevable de faire participer à ce colloque un ministre répétant sans cesse qu’une ONG ne présente aucune légitimité si une partie de son financement, aussi faible soit-il, provient d'une source « étrangère ».  Au regard de la politique migratoire du gouvernement, cela revient à empêcher toute association venant en aide aux migrants d’agir en Hongrie.

Offrir une tribune à László Trócsányi dans le cadre d’un colloque sur les migrants serait soit l’expression d’un cynisme clairement assumé soit la marque d’une naïveté irresponsable d’une institution universitaire désireuse de contribuer à une meilleure compréhension des phénomènes de société.

En invitant ce membre-clé du gouvernement Orban à participer à un colloque scientifique et sur un tel sujet, nous considérons que l’UCL banalise et cautionne le régime hongrois et ses dérives liberticides et xénophobes.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Michel Wandel - 30/04/2018 - 16:19

    Je partage vos opinions sur le gouvernement hongrois, mais museler et exclure sont ils des processus (sic) démocratiques? Si le ministre peut s exprimer, il est alors possible d apporter la contradiction et de démonter sa démagogie publiquement.

  • Par Jacky - 30/04/2018 - 17:06

    Que pense le CCLJ d'un premier ministre qui rend visite à Orban et de son gouvernement qui menace les organisations de son pays qui sont subsidiées par l'étranger?Ne doit-il pas être associé à la critique de l'UCL?

  • Par jacky - 30/04/2018 - 17:57

    "Xénophobe et raciste" , c'est ainsi qu'Hervé Hasquin a qualifié le gouvernement israélien à la radio, en tant qu'ancien recteur de l'ULB...Ou bien Hasquin a raison et le CCLJ doit condamner toute invitation d'un membre du gouvernement israélien en Belgique, ou bien , il a tort, et le CCLJ devrait publier un communiqué condamnant les propos excessifs d'un ancien recteur de l'ULB intervenant publiquement en tant que tel...

  • Par Jean Marc Picard - 30/04/2018 - 18:16

    Après l'ULB, l'UCL? est-ce un souci de justice distributive qui animerait le CCLJ ?
    Attentif et parfois / souvent admiratif des actions et activités et militances du CCLJ, j'ai été en total désaccord avec "l'action Ken Loach" pour lequel ce que j'ai pu lire ne m'a pas convaincu qu'il ait eu des propos antisémites, même s'ils sont assurément anti-israéliens. J'estime que l'action "Ken Loach" a été dommageable à la lutte contre l'antisémitisme tout simplement par ce qu'elle a fait l'amalgame dans lequel il ne fallait pas tomber, entre des propos antisionistes, ce qui est une opinion, qu'on peut trouver puante, et des propos antisémites qui sont elles, un délit.
    Le risque est maintenant grand, lorsque la communauté juive dénoncera de l'antisémitisme, qu'il nous soit reproché de, de nouveau, voir de l'antisémitisme là où il faut voir de l'antisionisme.
    Il n'était pas nécessaire de créer cet amalgame.

    Mais un pas supplémentaire est franchi dans la légèreté lorsqu'il est reproché, sans plus de nuance, à l'UCL d'offrir une tribune à un ministre hongrois (dont les pratiques du gouvernement dans lequel il siège sont évidemment insupportables).
    Ce ministre ne reçoit pas « une tribune » où il s'exprimera seul. Il est invité à un colloque

    (https://uclouvain.be/fr/instituts-recherche/juri/cedie/evenements/international-francqui-professor-colloque.html) ,

    dans le cadre de la chaire Francqui, où prendront la parole, notamment le professeur François Crépeau de l'université McGill de Montréal, qui outre sa qualité de spécialiste reconnu de longue date en droit de la migration, a été rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme des migrants de 2011 à 2017. Quelqu'un pense-t-il sérieusement qu'il soit favorable à la pratique du gouvernement hongrois ?

    Prendront aussi la parole, notamment et sans être exhaustif, les professeurs Jean-Yves Carlier et Sylvie Saroléa, de l'UCL, dont la lutte en faveur du droit des migrants est reconnue par tous.
    Participera aussi le professeur Patrick Wautelet de l' ULG dont l'attachement aux droits des étrangers n'est en rien sujet à caution, de même que les professeurs De Bruycker et Andrea Rea de l'ULB, pour ne citer que les professeurs des universités francophones de Belgique mais, sans citer les professeurs des universités néerlandophones (Anvers et Gand) ou les professeurs des universités de Paris I Sorbonne, Lausanne, du Kings collège à Londres, de l'université de Lyon, de la Queen Mary université de Londres, de l'université de Palerme ou encore de la grand Valley State University du Michigan, mais aussi Monsieur Melchior Wathelet (père), qui fut ministre de la justice en Belgique, qui est actuellement premier avocat général à la Cour de justice de l'union européenne à Luxembourg, Monsieur Paul Lemmens, juge (belge) à la Cour européenne des droits de l'homme, Monsieur Jacques Jaumotte, président du Conseil d'État de Belgique et Monsieur Serge Bodart, premier président du Conseil du contentieux des étrangers.

    Le CCLJ imagine-t-il que tous ces intervenants n'auront pas de propos éminemment critiques à l'égard de la politique attentatoire aux droits de l'homme et aux droits des migrants ou des demandeurs d'asile en Hongrie ?
    Mais je dois bien dire qu'en relisant le communiqué du CCLJ, je ne vois pas qu'il soit mentionné que ce ministre hongrois serait invité à prendre la parole « encerclé » par un tel aréopage.
    Ce n'est ni sérieux ni correct.
    Le C C.L J ne nous avait pas habitué à cela.

  • Par SZOMBAT williams - 30/04/2018 - 23:50

    l'islam politique est très actif après le Ken loach de l'ULB , l'UCL veut aussi son pactole .
    Buizness en cours .
    L'argent n'a pas d'odeur.
    Mais qui a inventé cette notion d'argent sale?.

  • Par SZOMBAT williams - 1/05/2018 - 0:15

    Trocsànyi L n'a pas de mémoire. il est dangereux politiquement parlant .
    Il oublie que lors d'une révolte des hongrois de transylvanie à Marosvàsàrhely il y a une vingtaine d'année , durement réprimée par les policiers roumains, les tziganes majoritairement de langue hongroise , sont venus à la rescousse , soutenir les manifestants.
    En scandant " Magyars n'ayez pas peur, les tziganes sont avec vous"

  • Par amos zot - 1/05/2018 - 8:49

    Comme de nombreuses personnes, medias, journalistes ( exemple récent : l'empathie pour ceux qui ont essayé de tuer des policiers dans le quartier du Peterbos ) , politiciens , ONG diverses et autres organisations, vous n' analysez pas la complexité des situations et la réalité du terrain mais vous prenez systématiquement parti pour celui qui est le plus faible.

    Les problèmes économiques , de corruption , de réelle dictature doivent être réglés dans les pays dont sont originaires la plupart de ces migrants économiques, avec l'aide de l'Europe et de la communauté internationale.
    Il y a des milliards de réfugiés économiques potentiels
    Il eut mieux valu investir dans ces pays le coût de l'accueil des migrants économiques en Europe sans parler des milliards verser à la Turquie,.... et permettre à ces réfugiés de ne pas risquer leur vie dans des embarcations de fortune après s'être dépouillés de leurs économies au profit de gangsters sans scrupules .

    Je constate aussi que souvent vous attaquez très férocement les hommes politiques étant très favorables à Israël .

    Souvent, vous insérez dans Regards une caricature attaquant Netanyahu.

    Je trouve cela tout à fait déplacé surtout qu'en plus elle sont rarement comiques ; ce qui est un comble; il n' ya même pas l'alibi de l'humour.

    Attaquez de temps en temps un dictateur quelconque hostile à Israël; il y en a tellement dans ce coin là et faites-le si possible avec humour.

    La critique d'Israël est tout à fait légitime si et seulement si elle est basée sur des faits réels et que les critères ,pour juger Israël, son gouvernement ou ses hommes politiques, sont les mêmes que ceux utilisés pour juger les autres pays , gouvernements et hommes politiques de par la monde.

    Ceux qui comme vous utilisent des critères différents pour Israël tiennent en fait des propos antisémites, faisant d' Israël, le Juif des nations.

    סיגמונד קומט צוריק, זיי זענען משוגע גווערן
    Sigmund kimt tsrik, zey zenen mishige geveren
    Sigmund revient, ils sont devenus fous

  • Par Giacomo Douenias - 1/05/2018 - 9:50

    Par Giacomo.
    Si vous taxez d’antisémitisme László Trócsányi uniquement parce qu’il considère le "philanthrope juif américain Georges Soros" comme sa bête noire, vous seriez étonné du nombre de juifs que vous pourriez traiter d’antisémites pour cette même raison !

  • Par Starc - 1/05/2018 - 12:52

    On ne va pas recommencer l’affaire Ken Loach?Je suis juif sioniste mais je pense que jeter l’anatheme nous déforce.Il vaut peut-être mieux affronter directement le personnage en question...

  • Par Henrion - 1/05/2018 - 18:57

    Certain professeur hongrois de l’UCL est aussi partisan d’Orban, sous prétexte qu’il défendrait la chrétienté, du moins sa frange la plus conservatrice.
    Rien d’etonnant donc!

  • Par maurice e. - 2/05/2018 - 6:51

    A Jean Marc Picard,D'accord sur votre remarque à mes yeux fondée, sur le mauvais procès intenté à l'UCL à propos de l'invitation à un colloque (parmi tant d'autres intervenants) du ministre hongrois de la Justice.Par contre, je ne partage pas votre désaccord avec "l'action Ken Loach".1. Ce manifeste, auquel s'est associé le CCLJ, n'a pas pas accusé Ken Loach d'antisemitisme (lisez le texte), mais bien d'être "incapable de dénoncer clairement l'antisémitisme et le négationnisme". Il justifie son antisionisme par le soutien sans faille aux thèses "complotistes"de son ami Jim Allen :" les sionistes ont collaboré avec les Nazis pour établir en Palestine un Etat raciste et illicite et y remplacer les Arabes". Ken Loach, contrairement à Laszlo Trocsanyi à l'UCL,n'a pas été invité à participer à un colloque contradictoire, mais bien à une remise d'un diplôme Honoris Causa par l'ULB cautionnant l'oeuvre et l'homme.

  • Par ezekiel - 2/05/2018 - 12:21

    Je suis étonné de la réaction du CCLJ qui lui se permet (c'est son droit je le reconnais) d'inviter régulièrement ou de laisser écrire dans le Regards l'ancien ambassadeur Barnavi dont le core business est la détestation du gouvernement légitime de l'état d'Israël et principalement de son premier ministre.

  • Par Marcel V. - 4/05/2018 - 16:45

    Vous racontez vraiment n'importe quoi, Mr Trócsányi n'est certainement pas ni antisémite, ni xénophobe, ni raciste. J'habite en Hongrie depuis 7 ans et je peux vous dire que ce monsieur est invité et participe activement à des manifestations organisées par le milieu juif. Il a écrit un livre sur les victimes du holocauste dans le milieu des avocats qu'il est lui même et il a reçu pour cet écrit les félicitations de l'ambassadeur israélien. Même l'opposition de gauche n'a aucune critique à formuler sur ce ministre du gouvernement Orban. Soit dit en passant, ce gouvernement a subsidié la rénovation de toutes les synagogues du pays.Mr Trócsányi à également initié une stratégie pour l'intégration de la minorité tzigane qui est un vrai problème pour le pays.

  • Par Fusion UCL–USL-B - 4/05/2018 - 18:15

    Le CCLJ souhaite donc tout simplement nier les actions xénophobes, racistes et antisémites du gouvernement hongrois, en essayant de se faire un coup de pub par critiquer un débat sur les actes de ce gouvernement, un débat démocratique où tous les autres intervenants étaient opposés à ses pensées ?

  • Par Péter Nagy - 5/05/2018 - 17:11

    Anyone you dislike and you don’t want to hear out is automatically anti-Semitic? Are you sure that Mr. David Susskind, a righteous man, would vouch for it? Do you know Trócsányi at all? Have you ever talked to him or to someone who claims he did? Isn’t it a shame to label people?