Attaque antisémite de Pittsburgh

Robert Bowers, un antisémite et anti-migrants adepte des armes à feu

Lundi 29 octobre 2018 par AFP

Les informations qui ont émergé depuis samedi sur le suspect de la tuerie de la synagogue de Pittsburgh brossent le tableau d'un suprématiste blanc adepte d'armes à feu, mais qui n'était jusque-là jamais passé à l'acte.

 
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    Richard Bowers, un homme blanc de 46 ans, inculpé samedi de 29 chefs d'accusation qui lui font risquer la peine de mort, n'avait pas de casier judiciaire, selon les autorités, même s'il avait eu des « contacts » avec la police de son quartier, notamment pour des problèmes d'immatriculation de son véhicule.

    Mais avant de faire irruption samedi avec un fusil d'assaut semi-automatique et armes de poing dans une synagogue de Pittsburgh en disant vouloir « tuer des Juifs », il avait affiché sur le réseau social Gab de multiples messages antisémites, qualifiant les Juifs d'« enfants de Satan », selon les messages retrouvés sur son compte. Dans ses messages sur Gab, un site prisé de l'extrême droite dont les autorités ont annoncé la fermeture, Robert Bowers reprochait notamment au président Trump, dont la fille Ivanka s'est convertie au judaïsme, d'être « trop proche des Juifs » et d'être « un mondialiste, pas un nationaliste ».

    Plusieurs de ses messages ciblaient aussi l'organisation HIAS, une ONG juive de soutien aux réfugiés. « HIAS aime amener des envahisseurs pour tuer les nôtres. Je ne peux pas rester assis et voir les miens se faire massacrer, j'y vais », a-t-il écrit le jour de l'attaque.

    Une quinzaine de jours avant l'attaque, il avait aussi partagé une page web de HIAS dans laquelle l'organisation annonçait une série d'offices dédiés aux réfugiés pour le shabbat - dont l'un se tenait dans une synagogue proche de la synagogue visée.

    Il disait aussi dans un message « aimer » que certains qualifient d'« envahisseurs » les milliers de migrants d'Amérique centrale qui marchent actuellement depuis le Honduras vers la frontière séparant le Mexique des Etats-Unis.

    Cet homme qui vivait seul dans un appartement de la banlieue sud de Pittsburgh, à une quinzaine de kilomètres de la synagogue attaquée, avait aussi le goût des armes à feu, alors que la tuerie a immédiatement relancé la controverse sur leur contrôle.

    Bowers, détenteur d'un permis de port d'armes, en avait au moins acheté six depuis 1996, selon CNN.

    La police a perquisitionné son appartement, son véhicule, et interrogé ses voisins. Les autorités n'ont rien voulu dire dimanche de ce qu'elles avaient retrouvé, indiquant qu'elles continuaient à passer au peigne fin ses comptes sur les réseaux sociaux, les caméras de vidéosurveillance, et à interroger de possibles témoins.

    Robert Bowers était toujours hospitalisé ce dimanche, mais dans un état stable, après avoir subi de multiples blessures dans la fusillade avec les forces de l'ordre.

    Accusant le Président américain d'avoir une part de responsabilité dans l'attaque meurtrière, la pire attaque antisémite de l'histoire des Etats-Unis, un groupe de représentants juifs de Pittsburgh a appelé Donald Trump à « dénoncer sans réserve le nationalisme blanc », à « cesser de cibler et de mettre en danger toutes les minorités », à « cesser de s'en prendre aux migrants et aux réfugiés » et à « s'engager dans des politiques démocratiques » qui « reconnaissent la dignité de tous ».

    Tant qu'il ne l'aura pas fait, le Président américain -qui a annoncé son intention de se rendre à Pittsburgh- n'est pas le bienvenu dans la ville, assure leur lettre.


     
     

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