Flash-Back

La révolte du ghetto de Varsovie (19 avril 1943)

Mardi 4 avril 2017 par Tarbout
Publié dans Regards n°859

La révolte du Ghetto de Varsovie est le soulèvement armé le plus emblématique de la résistance juive pendant la Shoah. Entre le 19 avril et le 16 mai 1943, environ 900 combattants juifs tiennent tête à plus de 2.000 SS surarmés.

 

Ce soulèvement trouve sa source dans une première opération menée en janvier 1943 et visant à s’opposer à la poursuite de la déportation des Juifs du Ghetto de Varsovie. Ainsi, le 18 janvier 1943, l’Organisation juive de combat regroupant les organisations juives de gauche (l’Hashomer Hatzaïr, le Dror, le Poale Tzion et le Bund) et dirigée par Mordechaj Anielewicz, et l’Union militaire juive issue des rangs de la droite sioniste, unissent leurs efforts pour empêcher une nouvelle vague de déportation. Après quatre jours de combats de rue, les déportations sont suspendues. Les combattants juifs sont désormais déterminés à s’opposer à toute nouvelle tentative de déportation.

Pour le chef suprême de la SS, Heinrich Himmler, c’en est trop. Dans une lettre du 16 février 1943, il ordonne la destruction complète du ghetto. Le 19 avril 1943, une colonne de SS équipée de tanks et de pièces d’artillerie entre dans le ghetto sous les ordres du commandant SS Ferdinand von Sammern-Frankenegg. Face à la détermination des combattants juifs armés de pistolets, de grenades et de cocktails Molotov, les Allemands battent en retraite. Suite à cette humiliation, von Sammern-Frankenegg est remplacé par le général SS Jürgen Stroop. Alors que le plan initial prévoyait la liquidation du ghetto en trois jours, Stroop mettra quatre semaines pour y parvenir !

Afin d’éviter les confrontations directes avec les combattants juifs, Stroop décide d’incendier le ghetto, rue par rue, maison par maison. Le 8 mai 1943, ils encerclent le bunker du quartier général de la résistance juive. Plus de 100 combattants juifs meurent durant cette bataille, dont le commandant en chef, Mordechaj Anielewicz. Une semaine plus tard, Stroop annonce à Himmler que « le Ghetto de Varsovie a cessé d’exister ». Durant ces quatre semaines, plus de 56.000 Juifs sont soit brûlés vifs, soit tués alors qu’ils cherchent à échapper aux flammes, ou encore déportés vers Treblinka.

« Nous ne voulons pas sauver notre vie. Personne ne sortira vivant d’ici. Nous voulons sauver la dignité humaine », avait confié le poète et combattant juif Arie Wilner à Henryk Woliński, un responsable de l’Armia Krajowa (AK), le plus important mouvement de résistance polonais. Il s’agissait avant tout de marquer d’un geste héroïque la mémoire des survivants en mourant les armes à la main. Comme l’a très justement souligné l’historien Georges Bensoussan : « A contrario des mouvements de résistance européens qui voient leurs effectifs gonflés au fur et à mesure que s’accroît l’espoir de la libération, ici, c’est la certitude de ne pas en réchapper qui a fait prendre les armes ». 


 
 

Ajouter un commentaire

http://www.respectzone.org/fr/