Attentat du Musée juif de Belgique

Le procès de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer aura bien lieu le 10 janvier 2019

Jeudi 20 décembre 2018 par BELGA

Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer seront bientôt jugés pour quatre assassinats à caractère terroriste, commis le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique. Une première audience a eu lieu ce jeudi à 9h en présence de toutes les parties, pour établir la liste des témoins. En dépit des demandes de report de la défense, le procès débutera le 10 janvier prochain.

 

Toutes les parties se sont rassemblées ce jeudi matin devant la cour d'assises de Bruxelles, pour proposer les témoins qu'elles souhaitent faire entendre pendant le procès. La cour, présidée par Laurence Massart, a établi la liste finale des témoins ainsi que le programme complet des débats, jour par jour.

Les deux accusés, Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français de 33 et 30 ans, étaient présents lors de cette audience préliminaire, assistés de leurs avocats.

D'importantes mesures de sécurité étaient déjà mises en place pour la tenue de ce procès au palais de justice de Bruxelles. Toute personne souhaitant accéder à la salle de la cour d'assises pour cette audience publique devra se soumettre à un premier contrôle de sécurité au bas de l'escalier extérieur menant à cette salle. Elle devra ensuite passer un second contrôle (détecteur de métaux) à l'entrée même de la salle. Par ailleurs, aucun appareil électronique (GSM, ordinateur, etc.) n'y est autorisé.

Les deux procureurs fédéraux ont estimé qu'il n'y avait pas lieu de reporter le procès de quinze jours, comme l'ont demandé les avocats des accusés. Ceux-ci ont considéré que certaines pièces ont été déposées trop tardivement par le parquet fédéral, les empêchant dès lors de préparer suffisamment la défense de leurs clients avant le début des débats.

« Toutes les règles ont été respectées concernant le dépôt des pièces au dossier », a réagi le procureur Yves Moreau. « Les principales dernières pièces ont été déposées fin juillet 2018. Il s'agit de rapports de devoirs d'enquête complémentaires que mon office a demandés en vue de la rédaction de l'arrêt de renvoi. Je ne vois pas où il y aurait eu un manque de loyauté de la part du parquet fédéral », a-t-il affirmé.

L'avocat de la famille de Dominique Sabrier a lui rappelé que des débats « circonstanciés, factuels et substantiels » avaient déjà été menés devant la chambre du conseil et la chambre des mises en accusation.

Quant au fait que la défense voudrait faire entendre des ambassadeurs d'Israël ou encore le patron du Mossad pour mettre au jour un éventuel complot contre leur client, cela n'inquiète pas l'avocat de la famille du couple Riva. « Qu'il fasse même venir Donald Trump ! », a-t-il ironisé.

Les filles d'Emmanuel et Miriam Riva, le couple israélien abattu au Musée juif le 24 mai 2014, sont « effrayées et dans le traumatisme le plus absolu », a souligné jeudi à son arrivée à la cour d'assises de Bruxelles leur avocat belge. Il espère néanmoins qu'elles auront la force d'assister aux débats.

Les filles du couple, âgées de 18 et 20 ans, se trouvent actuellement en Israël. Elles « sont encore en phase de reconstruction », mais elles ont confiance en la justice, a assuré l'avocat de la famille Riva, qui tente de les convaincre de faire le déplacement en Belgique.

Mehdi Nemmouche a par ailleurs refusé toutes les contre-expertises, notamment sur sa voix, lors de l'instruction, a souligné de son côté l'avocat du musée, Me Masset. L'accusé pourrait par ailleurs solliciter une contre-expertise morphologique (sur les repérages) jusqu'à la fin du procès, a-t-il insisté.

Me Sébastien Courtoy, conseil de Mehdi Nemmouche, a demandé à la cour d'assises de Bruxelles, que les membres de la famille de son client ne soient pas entendus comme témoins durant le procès. Mehdi Nemmouche lui-même a demandé à la cour de ne pas citer sa grand-mère à venir comparaitre comme témoin de moralité. 

« Elle a déjà été auditionnée et ça a été extrêmement difficile pour elle. Ne pourrait-on pas simplement lire sa déclaration ? Il n'y a rien dans son témoignage », s'est exprimé Mehdi Nemmouche à propos de son éventuelle audition.

« Il faut être idiot » pour penser que les faits commis au Musée juif le 24 mai 2014 constituent un attentat commis par l'Etat islamique, a par ailleurs commenté l'avocat de Mehdi Nemmouche, Sébastien Courtoy, à la sortie de l'audience préliminaire de ce jeudi. Interrogé sur le fait que son client a été arrêté en possession des armes utilisées pour la tuerie, l'avocat promet « une belle surprise » à la cour sur ce sujet. Il reconnaît néanmoins que Mehdi Nemmouche ne les a pas trouvées « sous le sabot d'un cheval ».

La cour a également décidé de faire entendre quatre journalistes français qui avaient été pris en otage en Syrie en 2013, ainsi que des membres de la famille de Mehdi Nemmouche, parmi de nombreux autres témoins.

Les parties se retrouveront à nouveau devant la cour d'assises le 7 janvier prochain à 9h pour le tirage au sort des jurés. 200 citoyens sont appelés et 24 d'entre eux seront choisis (12 jurés effectifs et 12 jurés suppléants).

Le 10 janvier à 9h débuteront les débats mêmes, prévus pour six à huit semaines.

Me Sébastien Courtoy, Me Henri Laquay et Me Virginie Taelman défendent Mehdi Nemmouche. Me Gilles Vanderbeck et Me Julien Blot défendent, eux, Nacer Bendrer.

Du côté de la partie civile, le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) est représenté par Me Michèle Hirsch et l'Association Française des Victimes du Terrorisme par Me Guillaume Lys.

Le Centre interfédéral pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations (Unia) est également représenté, tout comme les familles des quatre victimes abattues le 24 mai 2014 : Emmanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole du musée, et Alexandre Strens, un employé du musée.

 
 

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