Centre d'éducation à la citoyenneté

Perpétuer la mémoire de Sophie

Mercredi 22 mars 2017 par Géraldine Kamps

Près de 120 enfants de l’Ecole n°1 de Molenbeek et de Notre-Dame de la Sagesse de Ganshoren se sont retrouvés au CCLJ en cette journée du 22 mars 2017, pour écouter l’histoire de Sophie, l’enfant cachée. Un magnifique hommage à Sophie Rechtman, décédée en mai dernier.

Ces élèves de 6e primaires arrivés en métro ce matin au CCLJ savaient-ils à quel point cette journée était symbolique ? Ce n’est pas certain. Un an tout juste après les attentats de Bruxelles, elle revêtait pourtant un caractère bien particulier, et pour une double raison pour l’équipe du Centre d’éducation à la citoyenneté (CEC) qui évoquait pour la première fois le témoignage de Sophie Rechtman sans l’intéressée. Toujours présente aux animations du programme « La Haine, je dis NON ! », témoin insatiable auprès des écoles, Sophie nous a quittés le 1er mai 2016 et c’est à travers son histoire Sophie l’enfant cachée, écrite par le CEC que sa mémoire se perpétue à présent.

Après un petit-déjeuner dans le foyer, les enfants ont rejoint l’auditorium pour écouter la lecture du livre, accompagnée de musique yiddish, et suivie de la projection d’extraits du film Paul et Sophie, où Sophie, adulte, poursuit son histoire aux côtés de Paul Sobol. La place était ensuite aux questions-réponses, toujours très enthousiastes des élèves : « A-t-on retrouvé le corps de sa mère après sa mort dans les camps ? », demandera l’un ; « Combien de temps Sophie n’a-t-elle pas vu ses parents ? », interrogera une autre ; « Pourquoi les voisins dénonçaient-ils les Juifs ? », s’étonnera un troisième ; « Avez-vous déjà rencontré Sophie ? »...

« C’est très émouvant de se rendre compte qu’on présente cette animation sans elle », confiait Florence Caulier, responsable du programme pour le primaire. « Surtout que je me faisais à chaque fois une joie de la voir. J’avoue que nous appréhendions quelque peu cette matinée. Cependant, cet outil nous permet de transmettre son vécu; Sophie n’est donc pas tout à fait partie ».

La transmission de la mémoire une fois les témoins disparus reste un défi, qui semble avoir été largement relevé ce matin. « Nous nous demandions si la lecture de son histoire allait soulever autant de questions, et la réponse est oui ! », se réjouit Florence Caulier. « C’est donc possible ! Cela montre aussi qu’il reste essentiel de penser les outils du vivant des témoins, et de les adapter bien sûr à l’âge du public visé ».

Par petits groupes volontairement mélangés entre les écoles, les élèves ont ensuite participé à une animation autour de la phrase du Talmud « Qui sauve une vie sauve l’humanité tout entière », allusion à l’action des Justes parmi les nations, ceux-là même qui ont permis à Sophie Rechtman d’avoir la vie sauve. Avant d’afficher sur des grands panneaux disposés dans la rotonde le produit de leurs réflexions, sous forme de dessins, de textes, et même de poèmes. Les élèves recevront chacun le livre de Sophie, avant de quitter le CCLJ. Et de nous laisser

ces quelques mots pour résumer une forte et si attachante personnalité nommée Mensch de l’année 2003 : « courageuse », « généreuse », « patiente », « chanceuse », « endurante », « espoir ». Autant d’espoir que cette matinée nous aura donné.


 
 

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