Procès de l'attentat du Musée juif de Belgique

Nemmouche et ses avocats adeptes de la quenelle

Samedi 12 janvier 2019 par Nicolas Zomersztajn

L’auteur de la tuerie du Musée juif de Belgique est enfin jugé. Ce procès ne sera pas simple en dépit des nombreux éléments établissant clairement la culpabilité de Nemmouche dans ce crime antisémite et djihadiste.

 

Pas simple car les deux avocats de Nemmouche vont tout faire pour dévier le procès de son enjeu essentiel qui se résume à la culpabilité de leur client.

Qui sont ses avocats : Me Henri Laquay et Me Sébastien Courtoy. Le premier, ancien candidat Front National, ancien attaché parlementaire d’un député Front National et proche des milieux catholiques intégristes.

Sébastien Courtoy, quant à lui, s’il n’a pas de passé politique connu, n’en est pas moins sulfureux dans la manière d’exercer son métier d’avocat.

C’est en parcourant la liste des clients qu’il a défendus avec son compère Henri Laquay qu’on saisit mieux le personnage.

Commençons par Abdel Rahman Ayachi et Raphaël Gendron, deux islamistes condamnés pour « diffusion de propos négationnistes et xénophobe » en 2006 et en 2009 et morts tous les deux en Syrie où ils combattaient dans les rangs de l’Etat islamique. Courtoy s’était fait remarqué à dans sa plaidoirie en tenant des propos aussi délirants que ses clients.

Mais ce n’est pas tout. Il a aussi défendu l’inénarrable Laurent Louis condamné en 2015 pour négationnisme. Cet ancien député fédéral élu en 2010 sur la liste du Parti populaire heureusement tombé dans les poubelles de l’Histoire parlementaire, passait son temps à se faire le relais de Dieudonné en Belgique.

Et puisqu’il est question de cet humoriste reconverti dans l’antisémitisme professionnel, Courtoy a aussi défendu ce dernier devant les tribunaux belges. D’aucuns diront qu’il ne faut pas confondre l’avocat avec le client qu’il défend puisqu’il n’est pas censé épouser pas la cause ni les idées de ses clients. C’est vrai mais en ce qui concerne Courtoy, on en est loin. Très loin.

Ne se contentant pas d’assumer la défense de Dieudonné en justice, il n’hésite pas à assurer le spectacle avec son client en faisant la quenelle à ses côtés. Ce geste étant le signe de ralliement antisémite popularisé par Dieudonné et son comparse Alain Soral. Courtoy et Laquay ont même réçu en 2012 la "quenelle d’or", un prix remis par le même Dieudonné pour récompenser leur soi-disant subversion.

Et concernant l’antisémitisme, Courtoy est en symbiose avec son client Dieudonné. Cet avocat bruxellois fit publiquement le reproche au parquet de Bruxelles d’avoir désigné une magistrate juive pour une enquête ouverte sur Dieudonné. Ou lorsqu’il recourt à l’expression « la communauté d’intouchables » pour désigner la communauté juive. Une expression dont use et abuse Alain Soral.

Certains présentent Sébastien Courtoy comme un Vergès belge. Un Vergès aux petits pieds alors. Notamment en considérant qu’il recourt à la fameuse stratégie de la rupture théorisée et pratiquée par Vergès. Sauf que l’intéressé ne se reconnaît pas en Vergès et prétend faire « le procès de rupture de connivence » en « demandant aux juges de faire triompher le droit, pas la morale ».

Petit rappel, le procès de rupture est celui au cours duquel le prévenu ou l’accusé dénie au juge ou à la juridiction toute légitimité pour les juger. Cela consiste à donc inverser les rôles, l’accusé se faisant accusateur, en remettant en cause la légitimité du tribunal qui le juge, prenant l’opinion à témoin et en se plaçant sur le terrain politique et non sur celui du juridique.

Peu importe la stratégie de défense que les avocats de Nemmouche vont adopter pour le client car ils verseront immanquablement dans l’abject. Ils en ont déjà donné un avant-goût avant que le procès commence en présentant la tuerie du musée juif comme un complot ourdi par le Mossad ! C’est ce qui explique qu’ils ont voulu citer comme témoins des responsables du Mossad !

Cela nous promet donc des moments pitoyables durant ce procès censé rendre justice aux familles des victimes.


 
 

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  • Par Jacky - 12/01/2019 - 22:38

    Le procès est public , n’est-ce pas? Quelle est la procédure à suivre pour assister à une séance ? Merci

  • Par geraldine - 12/01/2019 - 22:54

    Oui tout à fait, le procès est bien public. Aucune procédure particulière à suivre si ce ne sont les mesures de sécurité avant d'entrer dans la salle. Les audiences reprennent mardi à 9h. Bien à vous.

  • Par christian - 14/01/2019 - 17:41

    Par notre présence tout au long du procès nous devrions témoigner notre solidarité avec le musée juif et ses victimes