Islamisme

MRAX, CCIB, censeurs divins

Mercredi 25 octobre 2017 par Willy Wolsztajn

Le Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX) et le Collectif contre l’Islamophobie en Belgique (CCIB) ont condamné, dans un communiqué commun, un éditorial du quotidien L’Echo intitulé « Doigté et fermeté face à l’islam ». Ils reprochent entre autres au journal de qualifier l’islam de « religion conquérante » dont les fidèles « ne sont pas tous des enfants de chœur ». Le MRAX et le CCIB annoncent vouloir saisir Unia et le Conseil de Déontologie journalistique.

 

Le MRAX et le CCIB omettent de préciser que L’Echo commence par dénoncer les gesticulations électoralistes des ministres N-VA Théo Francken, Jan Jambon et Liesbeth Homans relatives à l’imam salafiste de la Grande Mosquée de Bruxelles. L’article reconnaît toutefois que cette démagogie se nourrit d’une certaine réalité de l’islam. Affirmation insupportable pour le MRAX et le CCIB.

Certes, tout le monde en conviendra, l’islam pète la forme. Les églises et les synagogues sont vides, sauf à Noël et à Kippour. Les vendredis, et même les autres jours, les mosquées sont pleines. De là à qualifier ce culte en expansion de « conquérant » ? Examinons quelques cas.

Parfois, la grande prière du vendredi déborde sur la rue. Halalisation des mœurs oblige, des boutiques de nuit tout comme des fêtes de quartier cessent de vendre bières, vins et spiritueux. Le confiseur Godiva, passé sous le contrôle du groupe agroalimentaire turc Yildiz, a cessé de produire des pralines à l’alcool. Des dames portant hidjab mènent de tenaces combats pour le droit d’afficher leurs convictions dans l’exercice de leur métier. Des directions d’école publique affrontent des guérillas d’élèves sur les mêmes enjeux. Une sommité académique nous fait doctement valoir les bienfaits d’introduire des éléments de charia en droit personnel belge. Qui niera que, du niveau global au niveau local, l’islam exerce une pression constante contre le sécularisme de notre société ?

En parfaits gentlemen certains de ses adeptes harcèlent et insultent les femmes qui ont l’outrecuidance de circuler cheveux au vent dans les quartiers où domine le foulard islamique. Et où il est hasardeux de s’aventurer en minijupe. Tout le monde sait cela. Ceci explique sans doute la popularité dont jouit un Théo Francken en Wallonie et à Bruxelles, 30% et plus d’opinions favorables. Bien qu’il appartienne à l’aile radicale du nationalisme flamand, sa politique xénophobe relative aux réfugiés aux et demandeurs d’asile plaît en francophonie. Qu’existe un lien avec les comportements contestables de l’islam échappe aux brillants analystes du MRAX.

Quant au CCIB, les menaces contre la rédaction de L’Echo entrent dans ses pratiques habituelles. En 2015, il traîne devant le Conseil de Déontologie la journaliste Marie-Cécile Royen (Le Vif) pour son dossier sur les Frères musulmans en Belgique. En 2017, il demande des sanctions contre l’ex bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur parce qu’il soulignait dans une interview au Morgen la salafisation massive des mosquées. J’ai expérimenté moi-même la censure du CCIB pour des articles sur l’islam publiés ici, sur ce site. Ce genre de menées ne se limite pas à la Belgique. Le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), structure jumelle du CCIB, a attrait en justice notre ami l’historien Georges Bensoussan parce qu’il dénonçait l’antisémitisme viscéral qui accable le monde musulman.

Ainsi se dessine la stratégie des censeurs. Ils prétendent même dicter la parole canonique. Décréter le licite et l’illicite, il est vrai, appartient à leur credo. Confisquant l’antiracisme sous prétexte de combattre l’ « islamophobie », ils cherchent à bâillonner toute critique de l’islam. Une religion totalisante qui présente une forte propension à régenter tous les domaines de la vie. Une religion très politique sous la coupe de parrains aux moyens financiers puissants, Arabie saoudite, Turquie, Maroc, Qatar, Frères musulmans, Iran, … Ils imprègnent le dogme et influencent le terrain, mouvement associatif et partis politiques compris. L’édito de L’Echo renvoyait à un article de fond sur cette étouffante tutelle, article que, bien entendu, le MRAX et le CCIB éludent avec soin.

Comme ils savent que la loi autorise toute critique, même virulente, des idées, des philosophies et des religions, leur tactique procède avant tout par effet d’annonce. Il s’agit d’intimider, de faire peur, de générer l’autocensure des médias, des acteurs et des décideurs sociaux et politiques. Aucun démocrate n’acceptera sans ciller de se voir taxé de haine envers les musulmans, de racisme voire de dérive extrême droitière. Avec un parfait cynisme, le CCIB et consorts exploitent cette veine perverse, ce terrorisme intellectuel, dans le but de faire taire.

Il importe de maintenir une parole publique, critique et libre sur l’islam. Une parole forte qui dépasse les cénacles intellectuels, universitaires ou autres. Parole nécessaire pour couper l’herbe sous le pied à la démagogie des Francken, Wilders, Le Pen, Trump, etc. Ils instrumentalisent l’islam, qui les sert bien, à des fins xénophobes pour désigner des boucs émissaires aux convulsions de l’époque. Faute de cette parole, les seules voix audibles sur l’islam resteront les leurs d’un côté, et de l’autre celles de l’islamisme militant, les CCIB, CCIF, Tariq Ramadan, etc., leurs alliés et leurs complices.

Fin 2016, le ministre Gosuin (Gouvernement de la région de Bruxelles-Capitale) a alloué un subside de 26.000 € à un projet porté conjointement par le CCIB, le MRAX et l’Association belge des Professionnels musulmans, une structure proche du CCIB. Quant au MRAX lui-même, il ne survit que grâce aux fonds publics. Est-il acceptable que des institutions existant par les impôts des contribuables consacrent les moyens mis à leur disposition à censurer la presse ? 


 
 

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  • Par joel Kotek - 1/11/2017 - 8:19

    Très belle analyse, doublée d'une belle écriture. Puissent nos élus te lire...