Communiqué

Les migrants sont des victimes, pas des criminels

Lundi 29 janvier 2018 par Menia Goldstein, Président du Centre communautaire laïc juif David Susskind

Le Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind (CCLJ) est extrêmement inquiet de la politique que le gouvernement fédéral mène envers les migrants.

 

Nous ne pouvons pas ne pas nous souvenir de notre histoire et en particulier de l’expérience de nos parents et grands-parents qui, dans les années 1930, fuyant l’Europe Centrale et Orientale, se sont heurtés à des pouvoirs publics déterminés à ne pas les laisser entrer sur leurs territoires. 

Fort heureusement, nous ne sommes plus dans les années 1930. La population belge se mobilise et fait preuve d’une générosité qui mérite notre admiration, car la réalité, qu’elle nous plaise ou non, est cruelle : nombre de migrants fuient leur pays pour sauver leur vie. Notre devoir est donc de les protéger, car eux aussi ont droit à la sécurité.

En menant une chasse aux migrants au parc Maximilien et dans les gares, le gouvernement criminalise des individus qui n’ont commis ni crime, ni délit. La plupart d’entre eux désirent se rendre en Grande-Bretagne et ne représentent aucun danger pour nos concitoyens.

S’ils se retrouvent souvent au parc Maximilien et aux abords des gares, c’est précisément parce que les autorités belges ne leur proposent pas de structures temporaires d’accueil, d’hébergement et d’orientation.

Le fait de se retrouver illégalement en Belgique, non par choix mais par défaut, fait-il d'eux des délinquants ? Cela fait-il des familles qui les accueillent des complices perquisitionnables au petit matin ? Poser la question, c’est y répondre.

Nous savons que l’immense majorité de nos ministres et députés sont soucieux du respect des Droits de l’Homme. Nous savons que la question de l’immigration est complexe, en particulier dans ces temps violents et la communauté juive est bien placée pour le savoir. Mais nous savons aussi -car l’histoire nous l’enseigne- que notre dignité passe par le respect de la dignité d’autrui.

Le CCLJ a confiance dans les institutions de notre pays et appelle ses gouvernants -tous partis confondus- à dépasser les clivages et intérêts partisans pour préserver ce qui nous unit : notre humanité.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par GIRARDET Christian - 29/01/2018 - 16:47

    Ha! enfin ! vous vous réveillez.
    Dont acte !

  • Par Michel Pirotte - 29/01/2018 - 21:15

    Globalement d'accord. Mais n'en rajoutons pas sur la confiance: le gouvernement belge actuel est dominé par un parti qui joue un peu trop sur la xénophobie, tendance très répandue mais dont nous savons à quels excès elle peut conduire. La vigilance s'impose, si nous voulons préserver nos valeurs essentielles: la liberté d'opinion et la tolérance.

  • Par suzanne Rosendor - 29/01/2018 - 21:55

    Bonjour, Il serait utile que la télévision belge montre des photos de l'exode des belges en 1940, et l’accueille de ceci par les français.
    Nous n'étions pas considéré comme des criminels mais simplement des hommes, femmes et enfants qui essayaient d'échapper à la barbarie.

    Suzy

  • Par Emilie - 29/01/2018 - 22:55

    Bravo pour ce communiqué plein de sagesse.
    Je souhaite que mon centre communautaire donne l exemple et ouvre ses portes chaque soir pour héberger les migrants qui le souhaitent.
    Il suffirait peut être d augmenter de quelques euros l abonnement à "Regards" pour couvrir les frais inhérents à cette opération humanitaire.
    Je suggère aussi dans toute la mesure du possible de demander une participation financière à toutes les organisations juives de Belgique à verser au CCLJ qui ne peut pas supporter seul l ensemble des frais.
    Il y a 50 ans le CCLJ lançait une collecte dans les rues de Bruxelles appelée une ambulance pour Israël. Aujourd'hui je souhaite une collecte Un toit pour les migrants.
    Merci d avance pour eux.

  • Par Dominique" - 30/01/2018 - 13:15


    Contrairement à ce qu’a dit un juge d’instruction devant les caméras de la RTBF (qui n’est pas neutre) il y a bien un problème actuellement avec les visites domiciliaires et les perquisitions : Le flagrant délit !
    par ex. : l’article 24 du code social pénal

    Or le flagrant délit c’est vite fait quand une personne héberge un « illégal ».

    Donc contrairement à ce que dit ce juge il y a un problème et il est nécessaire de légiférer.

    Ce qui est malheureux c’est que les braves gens n’ont pas vraiment idée du rôle de l’état. L’état n’est pas une ASBL humanitaire. Son rôle n’est pas de faire la charité mais d’organiser le vivre ensemble
    et de veiller à ce que la justice se fasse.

    C’est sur cette base que j’appuie toutes mes interventions. L’état ne fait pas de sentiment, Comme disait De Gaulle : "L’état n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts".

    Plaçons-nous maintenant sur le plan humain, il est certain que ces pauvres gens qui sont partis de leur pays dans l’espoir d’une vie meilleure (d’un Eldorado rêvé), vivent dans des conditions inacceptables. Il est évident que le délit qu’ils ont fait en franchissant de façon illégale nos frontières ne mérite pas un emprisonnement. Mais l’état ne peut agir autrement dans l’état actuel. Un étranger en situation illégale (comme un Belge d’ailleurs) doit être localisable quelque part le jour où on doit le présenter à la Justice ou le reconduire à la frontière.

    La loi doit s’appliquer à tous même aux étrangers ! Pas questions de faire des exceptions sinon c’est l’anarchie.

    Pour éviter le retour à la clandestinité pendant l’examen de son dossier, il n’y a, actuellement, que la privation de liberté qui fonctionne. Mais il devrait être possible pour des organisations humanitaires de se porter garant de la présentation aux autorités d’un étranger en situation illégale. Si un tel système se mettait en place, on pourrait fermer le 127 bis.

    Le fait est que dans la clandestinités les réfugiés peuvent être victimes de gens sans scrupules : négriers du sommeil ou esclavagistes (travail au noir sous-payé). Ils peuvent être également tentés de commettre des (petits) larcins simplement pour survivre.

    Toutes ces histoires de chasse à l’homme, de collabos, de délations, de perquisitions évoquant la période nazies sont inacceptables car outrancières. Nous vivons dans un état de droit !.

    Il existe sans doute une approche plus charitable, plus humanitaire de la question mais c’est la Loi qui prévaut.

  • Par Valérie Sailliez - 3/02/2018 - 7:39

    Merci pour ces mots justes et réalistes.

  • Par Stevelinck - 4/02/2018 - 12:54

    Dommage que tous ceux qui descendent de migrants ne s'en souviennent pas toujours et soutiennent la politique d'expulsion de notre gouvernement