Procès de l'attentat du Musée juif de Belgique

Mehdi Nemmouche accepte un prélèvement de sa voix

Vendredi 25 janvier 2019 par Belga et G.K.

Alors que l’avocate du CCOJB Me Hirsch l’avait demandé la semaine dernière, et que sa demande s’était vue refusée par la présidente de la Cour, Laurence Massart, Mehdi Nemmouche a accepté ce vendredi matin de se prêter à un prélèvement de sa voix.

L'intérêt de cette expertise de dernière minute serait de faire une comparaison avec la voix de la vidéo revendicatrice de l'attaque au Musée juif de Belgique. Si la cour l'estime nécessaire, elle ordonnera à l'expert en comparaison vocale de faire un prélèvement de la voix « actuelle » de Mehdi Nemmouche.

« Est-ce que la voix change avec l'âge ? Est-ce que cela a du sens de prélever la voix aujourd'hui, cinq ans après les faits ? », a demandé la présidente à l'expert.

« Oui, la voix évolue mais cinq ans ce n'est pas si long, ça aurait encore du sens de faire un prélèvement. Il faut par contre que la personne ne cherche pas à modifier sa voix », a répondu l'expert.

La cour a dès lors demandé à Mehdi Nemmouche s'il accepterait de se soumettre à un test de voix. « Je n'y suis pas opposé si le texte est différent. La raison pour laquelle j'avais refusé à l'époque c'est parce que le texte était le même que dans la vidéo », a répondu l'intéressé.

L'expert a précisé qu'il valait justement mieux que le texte soit différent. « Merci ! Ravi de l'entendre dire. Allons-y », a rétorqué Mehdi Nemmouche, après avoir jeté un œil vers son avocat, qui a opiné du chef.

Les enquêteurs français qui ont interrogé Mehdi Nemmouche après son arrestation à Marseille le 30 mai 2014 craignaient qu'une nouvelle attaque soit menée, a par ailleur expliqué l'un d'entre eux devant la cour. Les enquêteurs ont rapidement fait face à un mur, Mehdi Nemmouche ayant décidé de faire usage de son droit au silence.

« Le moment venu, je parlerai », avait-il seulement répondu à leurs questions. Cette formulation a fait craindre aux policiers qu'une nouvelle attaque soit commise.

L'inspecteur, que Mehdi Nemmouche a accusé de mentir sur son refus d'accorder un prélèvement de voix lors de l'enquête, a répondu qu'aucun texte précis ne lui avait été soumis. L'accusé avait justifié ce refus par le fait qu'on lui aurait demandé de lire le texte de revendication de l'auteur de la tuerie.

L'enquêteur a eu des discussions informelles avec Mehdi Nemmouche pour tenter de le faire sortir de son mutisme, a-t-il rapporté. L'accusé lui aurait à cette occasion donné des explications sur la manière dont la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) devrait opérer pour infiltrer les réseaux djihadistes. Un moment « cocasse » selon l'inspecteur, dont l'évocation ce matin a suscité un sourire de Mehdi Nemmouche.

Pour rappel, d'autres comparaisons vocales avec la voix de Mehdi Nemmouche avaient déjà été réalisées par l'expert, mais sur base d'extraits courts, rendant le travail plus compliqué. Dans les vidéos de revendication, l'auteur déforme sa voix volontairement, il modifie sa prononciation et son timbre pour le rendre plus grave, a expliqué l'expert.

L’expert avait néanmoins conclu à « un renforcement de l'hypothèse que la voix de la vidéo est celle de Mehdi Nemmouche ».

La comparaison… des biceps

Deux avocats des parties civiles ont également demandé ce vendredi que l'on compare les biceps du premier accusé avec une capture d'écran issue d'une vidéo de revendication de l'attaque.

Il s'agit de photos retrouvées sur l'ordinateur portable de Mehdi Nemmouche : des clichés de vacances, ainsi que des photos et vidéos de l'homme masqué revendiquant l'attaque du musée. Certaines de celles-ci ont été montrées aux jurés jeudi.

Me Dounia Alamat, qui représente Unia, a demandé à la présidente Laurence Massart une comparaison des biceps des deux personnes. A quoi la présidente a posé la question à un expert de la police judiciaire, qui a indiqué que si la reconnaissance ou la comparaison faciale étaient fréquentes, « la comparaison des muscles » lui était inconnue.

Me François Koning, qui représente des membres de la famille de Dominique Sabrier, a émis la même demande que Me Alamat, évoquant la possibilité pour un médecin légiste de se positionner sur la question. Il estime que les veines de Mehdi Nemmouche et de l'homme masqué sur les vidéos sont très spécifiques et se ressemblent. « Elles sont typiques de quelqu'un qui fait du culturisme », affirme-t-il. 


 
 

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