Communauté

Un long (très, très long) droit de réponse de M. Dan Lévy

Dimanche 19 décembre 2010 par Dan Levy, Vice-président de l'Union des Etudiants Juifs de Belgique

 
Nous publions ci-dessous un droit de réponse du vice-président de l’UEJB à un article le concernant. Nous aurions pu le refuser puisqu’il dépasse d’un bon quart la longueur légale. Et qu’en plus, certaines phrases sont si tarabiscotées qu’il faut les relire plusieurs fois pour en saisir tout le sel.
 
Il  contrevient aussi à chacun des points de l’Article 3 de la loi relative au droit de réponse : -Pas de rapport immédiat avec le texte incriminé. - Injurieux. -Met un tiers en cause sans nécessité.
 
C’est que M. Lévy a, semble-t-il, renoncé à l’idée d’inciter les jeunes Juifs à fuir la Belgique. (Logique : il a reçu une volée de bois vert de tout ce que notre communauté compte de gens raisonnables).
 
Il use donc de ce droit de réponse pour parler de rien et du reste : Wikileaks, le Roi de France, la dégradation du climat, F. Bolkenstein, l’Iran…  Enfin, soit. Pour ceux qui auront le courage de les lire jusqu’au bout, voici  tout de même l’intégralité des propos de M. Lévy...
 
O.W.
 
 
Les « Nous Autres » de Ouri Wesoly
 
« Etonnant, affligeant même, le peu de hardiesse de certains leaders de l’UEJB : il y a de l’antisémitisme en Belgique ? Leur seule solution, l’émigration ! », écrit Ouri Wesoly (« Etudiants juifs : courage, fuyons ! », 11 décembre) à propos de mon interview du 3 dernier sur les ondes de Radio Judaïca.
Et, plus loin, « face à l’adversité, M. Lévy courbe la tête et fait ses valises ? Nous n’avons pas cette mentalité de Juifs de ghetto, nous autres. L’antisémitisme (et les autres racismes), nous les combattons, ici et maintenant. »
 
Séduisante posture ! Sauf que ces « Nous Autres » au nom desquels parle M. Wesoly :
- saluent le courage des capitaines courageux des flottilles qui tentaient de forcer le blocus maritime israélien de Gaza au bénéfice d’une organisation terroriste et antisémite et de ses complices turcs de l’AKP ;
- appellent à signer l’Appel à la Raison de JCall qui désigne Israël comme seul responsable de l’impasse dans laquelle le double discours et le maximalisme palestiniens ont largement contribué à conduire le conflit israélo-arabe ;
- cautionnent le lien entre la solution du conflit israélo-palestinien et celle du problème posé par les ambitions nucléaires de l’Iran même après que WikiLeaks ait révélé l’exhortation des régimes sunnites de la région à traiter radicalement cette menace sans attendre de progrès préalable sur la question palestinienne ;
- déclarent les Juifs plus heureux en Belgique qu’un roi en France pendant que, avec leurs amis politiques, défilent sous leurs fenêtres des dizaines de milliers de manifestants fustigeant Israël dont nombre d’entre eux hurlent impunément « Mort aux Juifs » ;
- regardent leurs chaussures lorsque ces mêmes amis politiques appellent à traduire les dirigeants israéliens en justice pour le crime d’user de leur droit à la légitime défense, mettent au compte des Juifs les ratés de l’intégration des dernières vagues de l’immigration ou disent du sionisme qu’il est une forme de racisme et d’extrémisme ;
- déroulent le tapis rouge à l’homme qui pourrait bien avoir accrédité l’imposture antisémite la plus obscène de ce nouveau siècle mais dédaignent celui qui a pourtant gagné au tribunal le droit de dire de son reportage sur la mort de Mohamed Al Doura qu’il est une mise en scène grossière ;
- préfèrent en somme les mythes aux faits et le copinage à la vérité, et privilégient le « courage, fuyons ! » à l’invitation de l’UEJB à débattre de ce qui s’est réellement passé le 30 septembre 2000, au motif que la controverse de Netzarim serait une « chamaillerie » et une « chicane » sans importance.
 
Non, probablement, « la Belgique n’est pas antisémite ». Peut-être n’est-elle « même pas antisioniste » et n’use-t-elle que de son droit, parfaitement légitime, de critiquer « la politique du gouvernement israélien actuel ». De plus, l’antisémitisme y est un délit même si, dans la réalité, la loi n’envisage de sanctionner que ses manifestations les plus odieuses.
 
Mais la légitimation de l’antisionisme, soit la négation du droit à l’autodétermination du peuple juif, est si prégnante désormais dans notre espace public que passe pour indécente la dénonciation du caractère discriminatoire du refus d’étendre aux Juifs un droit validé pour tous les autres peuples.
 
Il faut alors une tout autre vigilance que celle des « Nous Autres » de M. Wesoly pour déceler l’évidente veine antisémite dans le verbe de ceux qui usent de ce droit imprescriptible à la critique comme d’un passe-droit pour leurs délires illicites, et s’affranchir autrement de « cette mentalité de Juifs de ghetto » pour la dénoncer valablement.
 
« M. Levy s’imagine que notre communauté est aujourd’hui dans la même situation que les Juifs d’Allemagne en 1932 : il faudrait lui apprendre à quel point la République de Weimar était faible et assaillie par de puissants partis extrémistes », écrit encore M. Wesoly.
Sauf que Joël Kotek, directeur de la revue Regards, avouait fin octobre sur Radio Judaïca et dans un quotidien de référence n’avoir pu s’« empêcher de penser aux derniers jours de la République de Weimar » quand trois policiers ont dû assurer son évacuation au terme d’une formation sur l’antisémitisme qu’il donnait dans un de nos quartiers difficiles
 
Le problème de notre permanence dans ce pays ou ailleurs en Europe tient décidément moins à la vigueur renouvelée de l’antisémitisme qu’à la posture de ceux des Juifs qui, comme les « Nous Autres » de M. Wesoly, manquent à ce point au devoir de s’en défendre valablement et usent en prime du sarcasme et du mépris pour railler une inquiétude pourtant exprimée, après Joël Kotek, par l’ancien commissaire européen Fritz Bolkenstein et débattue dès le lendemain au parlement néerlandais.
 
Car à continuer avec les « Nous Autres » de M. Wesoly de plaider des accommodements déraisonnables avec les artisans de la dégradation du climat dans notre pays et leurs complices par omission, ils seront plus nombreux encore les Juifs qui, à l’avenir, imiteront les 200 familles juives (peu hardies elles aussi, sans doute?) à l’avoir quitté en 2009.
Et parmi eux, une partie de la jeunesse, petite encore mais significative déjà.
Avec les « Nous Autres » de M. Wesoly pour stratèges de la lutte contre l’antisémitisme, ce serait une faiblesse coupable, une de plus, de penser que, « en dehors de M. Levy et ses quelques amis, la jeunesse juive sera à nos côtés ».

 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Paul Palmer - 30/05/2013 - 17:11

    Pour ma part, je ne vois pas une virgule à retirer de la réponse de Dan Lévy. Il présente la pente glissante et dangereuse sur laquelle la Belgique, et pas seulement elle, s'est engagée. Ce danger est le fruit d'une désinvolture et une indifférence face aux faits, qui se poursuivent depuis maintenant une douzaine d'années. Je réside dans une Suisse encore préservée de ce climat malsain. Je souhaite de tout coeur bonne chance à la France et la Belgique et les grands peuples qui y résident.

  • Par RAPACE - 2/06/2013 - 16:48

    Entièrement d'accord avec Mr Palmer Le fricotage dangereux des dirigeants juifs avec la gôôche dite progressiste ne peut cacher les événements récents et moins récents et le cirage de pompes n'a jamais évité les catastrophes.