Polémique

Ken Loach : L'ULB maintient sa décision malgré la désapprobation du Premier ministre Charles Michel

Jeudi 26 avril 2018 par BELGA

Le recteur de l'ULB Yvon Englert a maintenu ce jeudi matin l'octroi prévu dans la journée d'un doctorat honoris causa au réalisateur Ken Loach, ciblé par des accusations d'antisémitisme et de négationnisme, en rejetant ces accusations et en soulignant l'indépendance de son institution, au lendemain de la désapprobation de ce choix par le Premier ministre Charles Michel.

Le Premier ministre belge Charles Michel

Sur le même sujet

    « Je suis certainement d'accord » avec M. Michel lorsqu'il affirme, comme il l'a fait ce mercredi à la Grande Synagogue de Bruxelles pour les 70 ans de l'Etat d'Israël, qu'aucun accommodement avec l'antisémitisme ne peut être toléré, a répondu le recteur de l’ULB M. Englert, interrogé sur La Première (RTBF).

    Charles Michel avait ajouté que cela valait aussi pour son « alma mater » (université), qu'est l'Université libre de Bruxelles (ULB).

    « Je n'ai pas de conseil ou de critique à faire au Premier ministre. Il fait ce qu'il estime devoir faire, mais l'université est très attentive à la défense de ses valeurs et à son indépendance. Les arguments d'autorité ne sont pas des arguments que l'on peut accepter dans une université du libre examen », a ajouté Yvon Englert.

    Il assure que son institution a examiné les déclarations controversées du réalisateur « avec rigueur et indépendance » pour conclure qu'aucun négationnisme ni antisémitisme ne pouvait être reproché à Ken Loach.

    Le recteur de l'ULB a souhaité retourner la question. « Pensez-vous que les universités de Birmingham, d'Oxford, de Liverpool Hope et l'ULB flirtent avec l'antisémitisme ? », elles qui ont mis à l'honneur le cinéaste britannique ou s'apprêtent à le faire.

    M. Englert a aussi mis en garde contre la volonté de certains de profiter de la controverse pour « en faire un match politique », et réaffirmé l'attachement de son université à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, entre autres. Il s'est dit attristé d'une division « que nous n'avons pas voulue » au sein de son université.

    Mardi, à l'invitation de l'ULB, le cinéaste avait réaffirmé sa condamnation de « toute forme de déni de l'Holocauste » et s'était dit choqué de devoir apporter une telle mise au point.

    Dans le paysage politique francophone, certaines personnalités ont réagi aux propos du Premier ministre critiques envers l'ULB.

    Ainsi, l'ex-président du PS Paul Magnette a affirmé sur Twitter que ce qu'il attendait de son alma mater -pour lui aussi l'ULB- « c'est qu'elle défende la liberté de penser, envers et contre tout, et ne cesse jamais de résister aux pressions politiques, d'où qu'elles viennent ».

    Co-président d'Ecolo, Patrick Dupriez s'est certes réjoui que le Premier ministre « s'engage résolument contre l'antisémitisme et toute forme de racisme », mais « cela vaut aussi pour son gouvernement, n'est-ce pas ? », a-t-il ajouté.

    Le député PTB Marco Van Hees a été plus frontal en estimant qu'« au lieu d'inventer un antisémitisme chez Ken Loach, Charles Michel ferait mieux de se soucier des vrais racistes qui s'expriment de plus en plus au sein du MR ».

    Cet après-midi, l'ULB décernera les insignes de docteur honoris causa à sept personnalités en plus de Ken Loach : Christiane Taubira, Ahmet Insel, Siegi Hirsch, Monique Capron, Agnès van Zanten, Christian Debuyst et Jan Van Impe.


     
     

    Ajouter un commentaire

    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par Dov - 26/04/2018 - 11:49

      Il me semble opportun que tous les professeurs juifs de l ulb présentent leur démission avec effet immédiat afin de protester concrètement.
      Stop au bla bla habituel et inutile
      Place à l'action utile

    • Par Yoram - 26/04/2018 - 12:35

      On peut tout de même tenir pour accablant le discours de Charles Michel ( http://premier.fgov.be/fr/70-ans-d%E2%80%99isra%C3%ABl-grande-synagogue ). Il était difficile de faire plus larbin pour raconter l'Histoire. Je pourrais être tenté de taxer son discours de négationniste en ce qu'il faisait, d'une manière ahurissante, l'impasse sur le sort - passé et présent (rien n'arrête ce monsieur) - de la population palestinienne. "Les conditions de la création d’Israël ont été difficiles" a déclaré le Premier Ministre qui ne sait que les difficultés du colon.