Flash-back

La Jordanie signe la paix avec Israël (26 octobre 1994)

Mardi 8 octobre 2019 par Tarbout
Publié dans Regards n°1051

Le 26 octobre 1994, le traité de paix entre Israël et la Jordanie est signé au cours d’une cérémonie organisée dans la vallée d’Arava en Israël, au nord d’Eilat et à proximité de la frontière israélo-jordanienne. Les Premiers ministres Yitzhak Rabin et Abdel Salam al-Majali signent le traité sous le regard du président Clinton, avant que le président Ezer Weitzmann et le roi Hussein n’échangent une poignée de main historique.

 

En signant cet accord de paix avec Israël, le roi Hussein de Jordanie ne fait que poursuivre et officialiser une longue tradition de modération que ses aïeux ont adoptée envers les dirigeants sionistes, puis les gouvernements israéliens ensuite. En 1919, le grand-oncle du roi Hussein, le prince Fayçal, avait témoigné par écrit sa sympathie pour le mouvement sioniste et marqué sa volonté de coopérer avec lui moyennant le respect de certaines conditions. Le roi Abdallah 1er (grand-père du roi Hussein) a également fait preuve de pragmatisme en négociant secrètement avec Israël et en maintenant tacitement le statu quo sur les lignes d’armistice de 1949.

Durant son long règne (1951-1999), le roi Hussein a également maintenu secrètement le dialogue avec certains Premiers ministres et ministres travaillistes israéliens. C’est ce qui a d’ailleurs conduit ces derniers à tenter dès les années 1970 de conclure un accord de paix séparé avec la Jordanie au détriment d’un accord global avec les voisins arabes d’Israël. C’est ce que les Israéliens appelaient « l’option jordanienne » : une confédération jordano-palestinienne dont la Cisjordanie serait une zone démilitarisée. Mais cette option n’a jamais pu aboutir en raison du refus du Likoud de s’engager dans cette voie. Le déclenchement de la première intifada en 1987, marquant la volonté d’indépendance nationale des Palestiniens, a définitivement enterré cette option chère à Shimon Peres.

En vertu de l’accord de paix de 1994, les relations entre les deux pays sont normalisées, les frontières sont fixées, le partage équitable de l’eau est organisé, de même que la coopération en matière de lutte contre le terrorisme. Et surtout, Israël reconnaît la Jordanie comme gardien des Lieux saints musulmans de Jérusalem et du mont du Temple.

L’accord a également permis à Israël de « louer » à la Jordanie pour une durée de 25 ans, renouvelable sous réserve d’annulation par l’une des parties, deux zones agricoles situées le long de la frontière. Or, depuis novembre 2018, les autorités jordaniennes ont annoncé qu’elles veulent annuler ces clauses à l’échéance 2019. Cette décision intervient alors que la Jordanie a été maintes fois marginalisée face aux décisions américano-israéliennes concernant Jérusalem. Des négociations sur la possibilité de prolonger l’accord existant ont été entamées depuis cette annonce. Il en va de l’importance stratégique de la relation israélo-jordanienne.


 
 

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