Israël : Un tourisme en plein boum?

Mardi 2 décembre 2008 par Géraldine Kamps

 

Les tours operators, agences de voyages et guides touristiques sont unanimes ou presque, il y a du changement dans l’air. On parlerait même d’un véritable regain du tourisme en Israël. Avec une diversité des visiteurs à l’image de la multitude de possibilités qu’offre le pays.

Cela faisait près de huit ans qu’un salon du tourisme « spécial Israël » n’avait plus été organisé chez nous. C’est pourtant l’initiative qu’a prise en septembre dernier l’Office national israélien du Tourisme (ONIT) pour la France et la Belgique, en proposant à Bruxelles, puis à Anvers, les « Journées Israël », réunissant à l’attention des agents de voyage belges une quinzaine de représentants du tourisme israélien, chaînes hôtelières et compagnies aériennes. « La Belgique est malheureusement un des pays où l’on donne d’Israël la plus mauvaise image, notamment dans les médias » regrette Michel Dikenstein, directeur d’El-Al pour la Belgique et le Luxembourg. « 85% de nos clients sont heureusement des hommes d’affaires et des Juifs, qui continuent de rendre visite à leur famille, d’assister aux bar-mitzvot et aux enterrements. La dernière visite du Pape, en 2000, a suscité elle aussi un intérêt certain pour les pèlerins. Et ils commencent à revenir ». Diversifier l’offre en hôtellerie, améliorer les produits et le service aux touristes à travers le pays, les objectifs du directeur de l’Office national israélien du Tourisme, Albert Benabou, sont ambitieux, mais « réalistes ». « Nos efforts portent leurs fruits, Israël a connu depuis le début 2008 une augmentation du nombre de touristes de 45%, et nous prévoyons un total pour l’année de 3 millions de visiteurs ! » se réjouit-il, dévoilant un objectif de 5 millions de touristes pour 2012. « L’intérêt pour ce pays ne cesse de croître : le nombre de touristes belges connaissant une hausse de 21% en juillet, et 10% encore pour le mois de novembre ». Mais qu’aurait donc Israël de plus que les autres destinations ? « La combinaison entre loisirs, culture et soleil, avec la possibilité de visiter des lieux historiques, religieux, archéologiques » poursuit Albert Benabou, qui cite encore, outre la beauté des sites, la qualité et la modernité des infrastructures, ou les facilités linguistiques puisqu’une majorité d’Israéliens parlent anglais.

Au-delà de la communauté juive

Spécialiste des destinations lointaines et partenaire des « Journées Israël », Jet Air souhaite lever tout malentendu qui subsisterait autour de cette destination. Après le lancement en mars 2008 de deux vols par semaine au départ de Liège, favorisant les city-trips Bruxelles-Tel-Aviv, le tour operator vient d’éditer un « Programme spécial Israël hiver 08-09 », « après sept ans d’absence » précise Kris Geusens, operation manager. « A ceux qui vous demandent si Israël est un pays dangereux, répondez-leur que non seulement c’est une destination sûre, mais que c’est en plus une destination très intéressante, qui doit reprendre sa place sur l’échiquier touristique » martèle-t-il. « Ce sont les deux vols par jour de la compagnie El-Al (un en coacher avec SN Brussels, uniquement SN le samedi) qui nous ont fait réagir… ». Les atouts touristiques selon Johan Remes, product manager : Jérusalem, ville sainte des trois religions, Tel-Aviv et sa vie nocturne trépidante, la Mer Morte, à 400 mètres sous le niveau de la mer, Eilat et son monde sous-marin, mais aussi la Galilée, Tibériade, les sites de Tabor, Cana, Beit Shean « où tout passionné d’histoire et de culture trouvera son bonheur ». Sans oublier la réputation de la cuisine méditerranéenne, la diversité des climats et des paysages… « L’occupation des vols est actuellement très satisfaisante » note-t-il. « Et les réservations à nos différentes formules de séjour sont de plus en plus nombreuses. Notre cible n’est pas spécifiquement la communauté juive, nous visons le public belge le plus large possible. Ce qui se vend le mieux ? Beaucoup partent en city-trip à Tel-Aviv ou combinent Tel-Aviv et Jérusalem, avec une moyenne de 4-5 nuits. Certains préfèrent passer une première nuitée à Tel-Aviv, et prendre un vol domestique vers Eilat, idéal pendant les demi-saisons, puisqu’il y fait beau 9 à 10 mois par an ».

Parler d’Israël autrement

Un « pays dépaysant tout en étant proche » où se côtoient villages arabes, sites bahaï, villages chrétiens et druzes. Un « petit pays grand comme le monde » qui a attiré les stars, Madonna, Sharon Stone, Richard Gere, Gérard Depardieu, Juliette Binoche ou les Frères Dardenne. Un pays qui multiplie les contrastes et qui retrouve tout son intérêt dans les guides de voyage, lesquels l’avaient un temps délaissé, question de sécurité. Il était notamment question que l’incontournable Guide du Routard, dont la dernière édition « Israël + Palestine » date de 2001-2002, se remette à l’ouvrage, il faudra finalement encore attendre. La faute… à la crise ? « C’est une suspension et non un arrêt » assure Isabelle al Subaihi, spécialiste du Proche-Orient. « Nous n’avons pas renouvelé la dernière édition suite à l’instabilité politique de l’époque, qui risquait de mettre en danger les touristes et nos collaborateurs. Nous n’avons pas non plus repris les éditions du Yémen, du Sri Lanka et de la Birmanie, en raison de l’actualité. Avec la crise, la tendance est plutôt à la baisse du nombre de titres. On reparlera donc d’Israël en janvier, peut-être pour l’édition de 2010 ». La rédaction française du Lonely Planet a pour sa part choisi de traduire dès maintenant l’édition australienne, renouvelée elle aussi après huit ans d’absence. « Le salon du livre de Paris, consacré l’an dernier à Israël, était une excellente occasion de le sortir » confie Frédérique Sarfati-Romano, directrice de Lonely Planet France. « C’est une occasion de parler d’Israël autrement que par le biais de la politique. Et les ventes (20.000 exemplaires tirés) ont vite prouvé qu’il y a un véritable tourisme pour cette destination. Un tourisme qui va bien au-delà de la communauté juive : un tourisme chrétien assez important, mais aussi laïque, festif, tendance, ouvert d’esprit et amoureux de la nature. Les richesses sont innombrables, le décalage horaire est minime, et tous les publics y trouvent leur compte ! ». Très enthousiaste, Albert Benabou (ONIT) annonce l’organisation d’un grand salon du tourisme israélien le 15 janvier prochain, au Grand Hôtel, à Paris. Et si le Club Med a jugé nécessaire de rouvrir en 2004 son village d’Eilat, « des rumeurs parleraient de voir renaître celui d’Arziv ». Reste à convaincre le Club Med, qui ne semble pas encore au courant…

Le Kibboutz, une façon originale de découvrir le pays

C’est après la guerre des Six-Jours, en 1967, à l’époque où le pays était particulièrement en vogue, qu’une poignée de volontaires des quatre coins du monde commence à arriver en Israël. Leur intention étant de montrer leur soutien envers l’Etat et la population. Depuis lors, ils sont plus de 100.000 à les avoir suivis pour se rallier pendant quelques mois aux principes socialistes du kibboutz et à son projet de vie communautaire. Le « Kibbutz Program Center » a aussi été créé pour apporter aux jeunes l’aide nécessaire, depuis leur arrivée jusqu’à leur départ du pays. Quelle qu’ait pu être l’actualité israélienne, l’envoi de volontaires, s’il a pu se ralentir, n’a jamais connu d’interruptions, et de 18 à 35 ans, ils sont encore quelques centaines de Juifs et de non-Juifs du monde entier à affluer chaque année vers les kibboutzim israéliens. « C’est une magnifique façon de découvrir le pays, et c’est sans aucun doute le moyen le plus économique puisque les volontaires n’ont à payer que le vol, et leur argent de poche » précise-t-on au Desk Kibboutz de Bruxelles. C’est aussi l’occasion pour les jeunes de côtoyer au plus près la vie israélienne en rencontrant les locaux mais aussi d’autres volontaires venus, comme eux, vivre une expérience unique. « Il faut bien sûr aimer un peu l’aventure, puisqu’on ne connaît pas le nom du kibboutz où l’on part, le volontaire peut uniquement choisir sa région lors d’une entrevue préalable qui lui expliquera le déroulement de son voyage » poursuit le Desk. « C’est au Desk de Tel-Aviv, qu’il recevra les détails de son séjour ». Au programme : sept heures par jour de travail (bénévole), dans l’agriculture, l’élevage, la salle à manger ou les cuisines, le plus souvent. Le reste étant consacré au temps libre, à la visite du pays, au choix du volontaire. Aucune notion d’hébreu n’est exigée, la plupart des kibboutznikim maîtrisant l’anglais. A qui s’adresse le programme ? « Les volontaires, couples ou célibataires, qui choisissent de partir doivent être disponibles entre 2 et 6 mois. Ils peuvent être dans une période de break entre deux jobs, avoir cessé leurs études en cours d’année pour choisir une autre orientation. Ou simplement vouloir faire une pause dans leur vie, prendre du recul et faire le point. Voir une autre réalité peut leur permettre de redémarrer du bon pied ».

Plus d’infos : www.kba.org.il/volunteers/vomain.htm Desk Kibboutz Belgique : Tal 0475/89.13.24


 
 

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