L'humeur de Joël Kotek

Israël : un Etat "parasite"?

Vendredi 1 juin 2018 par Joël Kotek, Directeur de publication
Publié dans Regards n°884 (1024)

Il est particulièrement choquant de constater à quel point nombre de nos éditorialistes, de nos politiques, de nos enseignants épousent bien moins les positions de l’Autorité palestinienne, qui accepte désormais le fait israélien, que celles, maximalistes, du Hamas ; certains d’entre eux allant jusqu’à fournir au mouvement terroriste, et sans le moindre état d’âme, l’argumentaire nécessaire à leur dessein génocidaire.

 

J’en veux pour preuve cette très récente analyse d’un professeur de l’ULB, certes émérite, mais pour le moins éminent, qui en vient à comparer l’Etat d’Israël à un… parasite. Je le cite : « L’histoire de la Palestine ressemble au phénomène parasitaire dans lequel un individu colonise un animal ou une plante et s’en nourrit à ses dépens (…) le parasite israélien s’est donc installé dans le corps palestinien et il en fait partie au même titre que les millions de levures, parasites et bactéries qui occupent le corps humain ! ».

Ce texte* est d’une telle charge que j’ai cru dans un premier temps qu’il avait été bidonné par le créateur du site qui l’a posté : Pierre Piccinin, l’inénarrable défenseur des pauvres et des opprimés (pêle mêle le Hamas, Dieudonné, Bachar El-Assad, l’Eglise catholique) et pourfendeur des puissants, entendez les Kurdes, les sionistes et les francs-maçons. Hélas, il n’en est rien : Eric David en est bien l’auteur. En quoi ce texte est-il hallucinant ? Tout simplement parce que notre professeur inscrit l’histoire d’Israël dans un schéma
médical, une représentation hygiéniste qui nous ramène aux discours euthanasiques du terrible XXe siècle. Désigner une ethnie, une nation, un Etat de « parasite », de « bactérie », de « levure » n’a rien de fortuit ou de novateur pour s’inscrire, ici, dans la représentation nazie des Juifs, là, hutu des Tutsi. Pour preuve, cet extrait de Mein Kampf  qui ne concerne pas (encore) la Palestine, mais l’Allemagne : (…) « Le juif reste à l’endroit où il s’est établi et s’y cramponne, à tel point qu’on ne peut l’en chasser que très difficilement, même en employant la violence. Il est et demeure le parasite type, l’écornifleur qui, tel un bacille nuisible, s’étend toujours plus loin dès qu’un sol nourricier favorable l’y invite. L’effet produit est celui des plantes parasites : là où il se fixe, le peuple qui l’accueille s’éteint **».

On se souviendra encore de cette caricature hutu qui, en amont du génocide de 1994, présentait le Rwanda sous l’image d’un patient (hutu) infecté par le microbe tutsi. La solution ? L’antibiotique !

Ce n’est pas par hasard que le Hutu Power après les nazis usa et abusa de cette tournure métaphorique. Toutes les métaphores qui ressortissent au registre sanitaire et médical, souligne Gilles Karmasyn, spécialiste du négationnisme, visent à rassurer le génocidaire qu’il n’a pas le choix : le microbe, le bacille, le parasite étant par définition néfaste, il se doit d'être éliminé sans le moindre sentiment de pitié. «L’antisémitisme, c’est une question de désinfection. Eradiquer les puces infectieuses, ce n’est pas une question d’idéologie. C’est une affaire d’hygiène » (Heinrich Himmler). Il n’y a pas de moyen terme avec un agent infectieux, comme le souligna, en septembre 1944, l’un de ces livrets militaires que la Wehrmacht publiait à l’attention de ses nouvelles recrues : « Qui croit encore dans la possibilité d’améliorer un parasite (un pou, par exemple) ou de le convertir ? Qui pense qu’il existe un moyen de trouver un compromis avec un parasite ? Nous n’avons qu’un seul choix : nous laisser dévorer par le parasite ou l’anéantir (vernichten) ».

A lire le long, tendancieux et abscons développement d’Eric David, il ne saurait en être autrement avec l’Etat juif et ce, d’autant plus que notre expert en droit international humanitaire le définit comme colonial par essence, c’est-à-dire illégitime même dans les frontières de… novembre 1947, pourtant adoptées par les Nations Unies. A suivre notre juriste, le conflit israélo-palestinien ne serait en définitive qu’un simple problème d’hygiène qui se réglera, non par d’absurdes et inutiles négociations, mais par l’éradication pure et simple de l’agent infectieux, à savoir l’Etat juif. Je ne pense pas (mais je puis me tromper) que cet éminent professeur ait jamais caractérisé un autre Etat (que juif) de parasite. A suivre sa logique hygiéniste, il y aurait pourtant bien d’autres nations, bien plus illégitimes qu’Israël (cf. Judée) à euthanasier. Songeons aux Etats parasites que seraient les Etats-Unis, l’Australie, le Canada, qui se substituèrent à des entités autochtones ou encore à cette Turquie qui s’infiltra dans les corps byzantin, arménien et kurde.

A ma connaissance, aucun autre Etat n’a jamais été caractérisé de parasite, sinon peut-être la Tchécoslovaquie que les démocraties livrèrent aux nazis en 1938. Evidemment, contrairement aux espoirs de ses fossoyeurs, l’euthanasie de la seule démocratie d’Europe centrale  ne servit en rien la Paix. Que du contraire ! Je me demande sincèrement si notre universitaire pense réellement que l’Humanité se porterait mieux si le parasite israélien était détruit. Pour mille ans peut-être ? 

P.S.  Par sa défense des thèses palestiniennes les plus extrémistes, notre Belle âme progressiste s’affirme aussi, tout aussi paradoxalement, comme l’allié objectif de l’autre clan du refus, celui de la droite dure israélienne qui aura beau jeu de dénoncer la haine obsidionale des élites progressistes occidentales . Non sans raison.

* Eric David, « Palestine, il était une fois la Nakba » (Le Courrierdu Maghreb et de l'Orient)

** A. Hitler, Mein Kampf, Le peuple et la race (chapitre 11), p.159.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Jacky - 29/05/2018 - 17:06

    L’article illustre de manière convaincante la similitude de propos entre les nazis sur les Juifs et du Professeur David sur Israël. Mais pourquoi en rajouter et en extrapoler erronément sa position sur la résolution du conflit , qui serait la disparition d’Israël? Il a toujours affirmé qu’il se ralliait à la résolution du Conseil de Sécurité dans sa version francophone, à savoir le retrait d’Israël des territoires occupés.( Et donc la création de 2 États-ce qui à ma connaissance est la position du CCLJ)8

  • Par Isy Pelc - 29/05/2018 - 19:45

    Bravo, une fois de plus, à Joël Kotek, pour cette analyse sereine de ce texte abject d'Eric David...Il confirme, si besoin était encore, la mécanique habituelle de l'antisémitisme/ antisionisme:
    Sur base d'une affirmation gratuite, se construit un délire paranoïaque....
    On attendrait autre chose d'un Professeur Emérite de mon Université...

  • Par Starc - 29/05/2018 - 21:50

    Il n’y a là pas d’espace de discussion possible...

  • Par Yoram - 29/05/2018 - 22:22

    Si Isy Pelc taxe le texte d'Eric David d' "abject", c'est tout bêtement parce qu'Isy Pelc ne veut pas voir l'abjection de ce que dénonce Eric David. N'importe quoi viendrait confirmer aux yeux de Pelc, "si besoin était encore, la mécanique habituelle de l'antisémitisme/ antisionisme". Fût-ce un pet de canard.

  • Par Joel KOTEK - 29/05/2018 - 23:52

    Cher Jacky, il est peut-être partisan de la solution à deux Etats mais son argumentaire (Israël = parasite) caractérise le fond de sa pensée, en gros que la vraie solution est antibiotique. On ne négocie pas avec un parasite ! L'animalisation (le parasite est-il du reste un animal ?) est la première étape de tout génocide. Les mots ne sont pas innocents. Ses mots parlent, hélas, la langue génocidaire. Hélas car c'est un type bien, dès qu'il ne s'agit pas de l'entité sioniste !

  • Par amos.zot - 30/05/2018 - 7:26

    Cela eut pu être un excellent article s'il n'avait pas été fait allusion à l'Eglise catholique et la droite israélienne.
    Si la loi belge ne permet pas de condamner Monsieur David à au moins 3 ans de prison ferme pour antisémitisme , incitation à la haine et soutien à une organisation terroriste (ici le Hamas), il faut d'urgence changer la loi.

  • Par Maurice Einhorn - 30/05/2018 - 8:05

    Il aurait été extraordinairement pénible et inquiétant de lire ce texte particulièrement immonde - et le terme est faible - sous la plume de quelqu'un d'autre, mais Eric David nous a habitué à un antisémitisme de plus en plus féroce. Cela ne s'améliore guère avec l'âge.
    Les psychanalystes diraient peut-être que le rejet violent de tout ce qui est juif et son nom même ne sont pas sans rapport.

  • Par Kalisz - 30/05/2018 - 8:22

    Merci pour l'analyse. Revoir l'excellent film de Costa Gavras: "Z".
    Une magistrale ouverture qui définit les opposants comme des parasites qu'il faut anéantir. Comparaison avec le dit "mildiou" idéologique par une association de militaires qui vont prendre le pouvoir en instaurant le régime des colonels et qui préparent l'assassinat de Lambrakis.

  • Par Thierry - 30/05/2018 - 8:31

    Comparez Israël à un parasite qui infecte le corps palestinien et donc les Israéliens à des microbes, c'est, comme l'a démontré Mr. Kotek, une incitation à la haine antisioniste/antisémite de facture nazie. On reste sans voix quand on apprend qu'elle sort de la bouche d'un professeur d'université en 2018.... Au Rwanda, l'idéologie génocidaire "Hutu Power" qui a conditionné les esprits et a accompagné les tueurs dans leur sinistre besogne (Radio des Milles Collines), comparait aussi les Tutsis à des cafards (inyenzi). Le processus est connu : déshumaniser les futures victimes facilite le passage à l'acte meurtrier, génocidaire.

  • Par Patrick - 30/05/2018 - 9:52

    Certes ce texte d'Eric David est évidemment scandaleux.
    Cependant il faut dire qu'Eric David pose problème depuis longtemps.
    Eric David a systématiquement donner une interprétation la plus extrême possible à toute notion de droit afin de toujours pouvoir affirmer qu'Israël, en toute circonstance, commet des crimes de guerre.
    Deux exemples me reviennent.
    Lors de combats de rue dans un "camps de "réfugiés palestiniens"", il est arrivé que les soldats israéliens fassent un trou dans le mur de maisons pour passer d'une maison à une autre plutôt que de prendre un passage où ils risquaient d'être la cible de snipers.
    Pour Eric David ce comportement des soldats etait un crime de guerre.
    Lorsque sur décision de Sharon, les Israéliens ont quitté Gaza, ils ont détruit leurs maisons (suite semble-t-il à un contact avec l'Autorité palestinienne qui avait fait savoir qu'elle n'était pas intéressée par la reprise de ces maisons). Ils ont cependant laissé les gravats sur place. Pour Eric David, le fait de n'avoir pas remis les terrains en l'état ante, était un crime de guerre.
    Face à des appréciations aussi extrêmes, la réflexion que je me faisais, était qu'Eric David vide de sa substance tout concept de droit dont il (ab)use. Car si tout est crime de guerre, il n'y a plus de crime de guerre.
    Le texte mis en exergue par J Kotek permet de donner une autre interprétation au regard d'Eric David sur Israël.
    Il est évident qu'Eric David est viscéralement antisémite depuis très longtemps, sinon ce texte n'eût pas été écrit.
    Mais alors plusieurs questions se posent qui mériteraient pour le moins débats et actions.
    1. A ma connaissance ni le CCLJ, ni Regard n'ont jamais réagi aux jugements extrêmes et largement publics d'Eric David. Pourquoi?
    2. Ce monsieur a pu distiller sa haine à des générations d'étudiants et ce n'est même pas un précurseur à l'ULB. Quelles leçons tirées de ce constat (ou dois-je écrire désastre) ?
    3. La presse mainstream (RTBF, Le Soir) a largement fait appel aux compétences de ce monsieur et il était évidemment présenté comme l'expert dont la neutralité ne pouvait être mise en doute. A quand une prise de conscience voire des excuses de la part des médias pour avoir fourvoyer leur public (on peut toujours rêver). ?
    En réalité, je crains de pouvoir faire le pari inverse: Eric David va continuer à être invité en tant qu'expert par de nombreux journalistes ayant pignon sur rue. Ceci entraînant d'autres questions...

  • Par candide - 30/05/2018 - 14:19

    Cher Joël,

    J'avais lu ce texte et je n'en croyais pas mes yeux. D'autant plus que je connais Eric David avec lequel j'évite soigneusement de parler d'Israël (à propos il est en effet bien juif par sa mère, dont le nom est Marber - nom que portent haut des intellectuels britanniques actifs dans le théâtre - et non par son père qui n'était pas juif, malgré le nom David ).
    Comme déjà démontré récemment dans l'affaire Ken Loach il s'inscrit dans la mouvance de plus en plus populaire à l'ULB d'une gauche "bien pensante" et "droit-de-l'hommiste" qui a décidé qu'Israël est une création coloniale donc DEMONIAQUE!
    En lisant les intéressants commentaires que cette chronique a suscité il me vient à l'esprit les actions de différents juifs qui se revendiquent comme tels dans les media mais...à condition de bien montrer qu'ils sont "anti-Israël" puisque "état parasite"...en vrac le sénile Edgar Morin-Nahum, l'inénarrable cacochyme Stéphane Hessel, la très distraite Sarah Daniel qui alla jusqu'à accuser les soldats de Tsahal qui ne violaient pas de palestiniennes de racisme ethnique (vérifiez, ce fut publié dans le Nouvel Obs), plus près de chez nous Mateo Alalouf et Victor Ginsburgh... Bref des idiots utiles mais néfastes qui placent leur soi-disant "défense du pauvre et de l'opprimé" dans la perspective du changement à venir du genre humain aboutissant au grand soir communiste en oubliant soigneusement les millions de morts de Lénine+Staline+Mao.
    Hélas, on continuera à programmer nos "moi, juif de Belgique" dans le mainstream médiatique belge et je propose que cela donne chaque fois lieu à un débat contradictoire ou à un droit de réponse immédiat.
    Quant à l'ULB il est temps de revoir la copie du soi-disant Libre Examen qui n'a de Libre que la convention bien pensante du politiquement correct et d'Examen que le dogme de "tout ce qui n'a pas l'estampille gauche est condamnable". Bref du conservatisme dogmatique camouflé en "force de progrès".
    Ceci dit je viens de revoir le film de Loach "le vent se lève" et quelques scènes de brutalité des soldats britanniques envers de jeunes irlandais font immanquablement penser à ce qui doit arriver dans certains check points en Israël: l'humiliation est répugnante et il est temps de devenir réellement forts et conscients de notre droit, c'est à dire négocier pour une solution à deux états en faisant fi des millénaristes et des islamistes car on peut bien logiquement craindre que le nettoyage ethnique des chrétiens d'orient ne soit que le prélude au nettoyage juif. Que j'aimerais voir cette opinion mieux diffusée dans nos décadents et partiaux media occidentaux!

  • Par Joel kotek - 30/05/2018 - 15:51

    Cher Candide,
    Vous n'avez de Candide que le nom. Je partage totalement votre point de vue. Deux Etats côte à côte et ce, avant que l'état psychiatrique de nos Otto Weininger 3.0 les conduise à l'ultime solution finale !

  • Par Mouyal - 31/05/2018 - 6:19

    C'est tellement révolutant que ça me laisse muette

  • Par Serge David - 31/05/2018 - 22:12

    Cela rejoint également l'analyse faite en son temps par Hannah Arendt, qui rappelle à partir de quand l'antisémite des Temps modernes traite (et dessine, Joël) les Juifs comme des "parasites" -ce que ne faisait pas l'église.
    Les images de parasite participent aussi du "complot juif mondial" : parasite / toile d'araignée / Protocole des Sages..., etc ... , on connaît les illustrations, et on peut compléter les arrière-pensées sans problème.
    On est dans du grand classique de l'antisémitisme, à peine adapté à l'actualité, malheureusement.

  • Par Joel KOTEK - 1/06/2018 - 21:53

    Pour bien comprendre en quoi les métaphores animalières préparent au génocide, ces quelques lignes de Pierre Loti, tiré de son livre "La Mort de notre chère France en Orient »:
    « En ce qui me concerne, je suis mal tombé peut-être, mais je puis attester qu’à de rares exceptions près, je n’ai rencontré chez eux [les Arméniens] que lâcheté morale, lâchage, vilains procédés et fourberie. Et comme je comprends que leur duplicité et leur astuce répugnent aux Turcs, qui sont en affaires la droiture même ! Leurs pires ennemis sont les premiers à le reconnaître. J’oserais presque dire que les Arméniens sont en Turquie comme des vers rongeurs dans un fruit, drainant à eux tout l’or, par n’importe quel moyen, par l’usure surtout, comme naguère les Juifs en Russie »

    Encore un bel humaniste !

    Un futur Doctor honoris causa proposé par le département de droit international ? A titre posthume évidemment.

  • Par edmond amar - 2/06/2018 - 18:15

    on pourrait répondre à sa métaphore par une métaphore équivalente : drôle de parasite qui renforce , enrichit le corps dans lequel il s'installe , corps dont les cellule sont les plus saines , les plus fortes de tous les corps du monde arabe . beaucoup de corps dans le monde aimeraient loger un tel parasite .

  • Par Eric DAVID - 2/06/2018 - 22:15

    Vu les réactions suscitées par mon article "Il était une fois … la 'nakba' ", j'ai demandé au Courrier du Maghreb et de l'Orient où il avait été publié de faire, sous ma signature, la mise au point suivante :

    Plusieurs lecteurs de cet article paru dans la dernière édition du Courrier se sont émus du fait que j’y comparais Israël à un État ‘parasite'. En fait, j’ignorais la connotation profondément antisémite du mot ‘parasite’, un mot que Hitler, comme on me l’a appris, utilisait quand il parlait des Juifs.

    J’aurais donc dû éviter cette qualification qui pourrait suggérer une forme quelconque d’antisémitisme, ce qui serait un comble pour l’auteur, lui-même d'origine juive et dont des membres de sa famille ont péri dans les camps nazis. Je prie donc les lecteurs choqués par ce mot de bien vouloir accepter mes plus sincères excuses.

    L’article disait d’ailleurs explicitement qu’il ne s’agissait pas de remettre en cause l’existence d’Israël, un État où luttent de magnifiques mouvements progressistes pour un changement de politique de leur gouvernement. L’existence d’Israël, aujourd’hui, n’est pas plus contestable que celle des E.-U., du Canada, de l’Australie et de bien d’autres États qui se sont créés au détriment de populations autochtones. Il reste que la création d’Israël au 20e siècle, à une époque où les mentalités n’étaient plus celles du 18e ou du 19e siècle, s’apparente au dépeçage d’un pays au profit d’une population étrangère et que la politique actuelle d'Israël poursuit ce grignotage territorial ; rappelons les faits suivants :
    - les colonies de peuplement dans ce qui reste de la Palestine et toutes leurs conséquences négatives pour son peuple : pertes de territoire, dégradations majeures de l’environnement (urbanisation de campagnes, rejet par ces colonies de leurs eaux usées en territoire palestinien), restrictions dans l’accès aux nappes phréatiques, etc,
    - le caractère juridiquement criminel de cette colonisation, 
    - l’annexion de Jérusalem-Est,
    - l’annexion de facto supplémentaire de parties du territoire palestinien par les zigzags du mur de séparation israélien qui ne suit pas la ligne verte arrêtée par les accords d’armistice de 1949 entre la Transjordanie et Israël et qui pénètre en territoire palestinien,
    - les violations de droits humains élémentaires des Palestiniens affectés par ces zigzags (violations constatées par la Cour internationale de Justice dans son avis consultatif rendu en 2004),
    - le refus du retour des réfugiés palestiniens dans leur foyer ou le refus de leur indemnisation en dépit des règles internationales qui l'exigent,
    - l’inapplication permanente par Israël des décisions du Conseil de sécurité,
    - le maintien de l’occupation de Gaza par l’interdiction, sous peine de tirs, de pénétrer dans une zone tampon de 300 m. de large qui longe la frontière avec Israël et prive les habitants de Gaza de 30 % de terres arables, 
    - le contrôle total par Israël des espaces maritimes et aériens de Gaza,
    - l’interdiction faite aux Bédouins d’Israël de regagner leurs villages du Neguev/Nakab, malgré la promesse qui leur avait été faite en 1948 au moment de leur déplacement forcé,
    - la destruction à peu près systématique des maisons qu’ils construisent dans leurs villages ancestraux,
    - les opérations « Plomb durci » (2008/9), « Bordure protectrice » (2014) et les centaines de victimes civiles qu’elles ont entraînées,
    - l’actuelle répression par Israël des manifestations des habitants de Gaza,
    - etc, etc.

    Ce sont des faits concrets qui s’inscrivent dans l’Histoire et qu’il eût mieux valu qualifier de grignotage, de dépeçage ou de fractionnement territorial plutôt que de « parasitose » vu le signifié blessant de ce mot et le façonnage de la pensée par les mots.

  • Par candide - 4/06/2018 - 18:59

    Je me suis demandé, après avoir relu in extenso l'article dans "courrier du Maghreb..." à quoi servirait de continuer à polémiquer. Et puis je me suis ravisé en lisant les "excuses" alambiquées d'Eric David qui, une fois de plus joue les innocents après avoir jeté la boule puante destinée à montrer son indiscutable érudition mais aussi son indéniable anti-sionisme (antisémitisme) haineux. Sans doute n'est-il "juif" comme il le clame que du seul point de vue biologique mais les gènes, c'est bien connu, peuvent ne pas s'exprimer ou être "switched off". Il faudrait lui rappeler, puisqu'il est né après la fin de la guerre que si Israël avait existé en 1939-45 le peuple juif (mais oui cela existe en dehors de la religion ou du folklore UPJB) n'aurait pas perdu plus d'un tiers de sa population jusqu'à laisser l'Europe ethniquement nettoyée.
    En outre la mauvaise foi est évidente car s'il feint d'ignorer l'emploi du terme "parasite" par Hitler - et ce n'était pas un compliment, cela ne peut être qu'une insulte dans toutes les langues - il ne peut pas ne pas savoir l'emploi qu'en ont fait les génocidaires rwandais en 1994, alors qu'il était encore professeur ordinaire et non émérite (j'ai envie de dire a-mérite avec alpha privatif).
    Revenons à l'analyse du texte proprement dit qui est, comme il se doit d'un texte "académique", bourré d'un nombre élevé de références (je doute que cela importe aux lecteurs de la revue "courrier du Maghreb…" qui n'en demandent pas tant). La déclaration Balfour était dûment motivée par l'intérêt de l'empire britannique qui l'utilisa pour amener la population juive à appuyer son Empire plutôt que servir dans les différentes armées comme bien illustré par le génial Chaplin dans le Dictateur. Les britanniques créèrent une brigade juive en 14-18 (et en 39-45 aussi). Cette déclaration fut réitérée dans la conférence de San Remo sous les auspices de la SDN. Pas un mot dans l'article de Eric David. Puis on passe rapidement à l'après guerre en oubliant de souligner que le yichouv (communauté juive de Palestine déjà avant le mandat) comptait 150-200.000 juifs sur une population de 400.000, donc 50% sur l'ensemble de la Province turque Filistin Sançagi qui s'étendait aussi à la Jordanie actuelle et une partie de la Syrie!! d'après le recensement turc de 1893. Sur le plan du droit international les habitants de la province turque étaient des sujets du Sultan qui avait appelé tous les musulmans dont il était le calife à faire le Jihad (eh oui! déjà alors) contre les non-musulmans. Dès lors Allenby était-il en droit d'aider ses "alliés" juifs plutôt que ses ennemis turcs et assimilés?
    Durant la 2e guerre mondiale les juifs de Palestine ont bien évidemment soutenu les Alliés (brigade juive etc...) alors que le Grand Mufti de Jérusalem allait collaborer avec les nazis comme en attestent des documents indiscutables. Là encore qui est du bon côté du droit international et pourquoi E.D n'en dit pas un mot?
    Le résolution de l'ONU de 1947 est indiscutable même si cela fait mal à certains qui voudraient délégitimer Israël car on y trouve aussi bien les USA que l'URSS et on ne peut oublier la puissante aide tchèque (avec approbation de Moscou) lors de la guerre d'indépendance. Est-il normal d'oublier de parler de l'énormité de la déclaration de guerre des états arabes limitrophes représentant une disproportion énorme (tiens, tiens, déjà disproportion!) envers un état reconnu par l'ONU? Quand on perd une guerre que l'on a fomenté et déclenché on en paie les conséquences. Idem pour la guerre de 1967, à moins de passer sous silence les tonitruantes déclarations et provocations de Nasser qui fit évacuer les troupes de l'ONU en 48h. Là encore quand on joue les matamores il faut s'attendre à quelques coups de bâton, même diplomatiques, de Guignol.
    Ignorer les déclarations d'annihilation de l'entité sioniste (lisez juifs) par le PLO (il paraît qu'il a changé mais je ne connais pas assez l'arabe), Hamas, Hezbollah et les mollah iraniens c'est faire preuve d'une belle myopie ou de mauvaise foi.
    Son texte nos assène de très nombreuses résolutions de l'AGNU (je me suis demandé ce que c'était et puis j'ai compris Assemblé générale des Nations Unies) qui ne sont pas contraignantes contrairement au Conseil de sécurité où les "grandes puissances" ont droit de véto...c'est pourquoi on n'aborde pas la Crimée, l'Ukraine, la Tchétchénie, l'Irak, l'Algérie, le Sahara occidental, le Tibet, le Belouchistan, le Kurdistan, etc...etc...seulement Israël grâce à la vigilance des pays arabes et musulmans, parfois soutenus par la France (6 millions de musulmans cela craint). Alors le "droit a retour" càd les 750.000 réfugiés arabes qui ont fui ne voulant pas être des victimes collatérales du massacre programmé de la population juive de l'époque. Ou de leurs descendants (4-5 millions de réfugiés héréditaires non acceptés par leurs "frères arabes" environnants). Cela équivaut à un suicide sans tenir compte des 850.000 juifs expulsés des pays arabes en 1948-56.
    Mais notre professeur ne se tient pas au courant des derniers développements scientifiques. Sinon il saurait que le terme "parasite" recouvre aussi le "microbiote" c'est à dire les milliards de germes que chacun de nous abrite dans ses intestins et sans lesquels nous serions incapables de survivre. On peut donc dire sans peur que l'apport des juifs au M-O est non seulement justifié mais utile et nécessaire. Je crains que le brulot davidien ne doive plus à la détestation d'Israël (et de sa politique de droite dont sont pas mal responsables les états arabes et la gauche bien pensante européenne) qu'à un véritable soutien au peuple palestinien. Auquel il faudrait vivement conseiller de ne plus jouer les victimes, de se débarrasser des fournisseurs de rêves assassins que sont le Hamas et le Hezbollah, de ne pas faire des gestes ridicules comme de nier l'existence des connections entre les juifs et Jérusalem (Jésus il a fait quoi dans ce temple? et les Romains de Titus ils ont détruit quoi?); etc...etc..
    Finalement je conseillerais volontiers à E. David de prendre une bonne purge (avec ou sans antibiotiques) et de ré-ensemencer sa flore intestinale, le microbiote, avec les bons probiotiques qui le guériraient de sa hantise car je doute que la population israélienne accepte de se suicider.

  • Par Yoram - 5/06/2018 - 12:45

    En quoi la "métaphore animalière" de ce texte de Pierre Loti publié en 1920 prépare-t-il "au génocide" ? Puisque le but affiché de Joël Kotek était de nous faire "bien comprendre", ce serait bien qu'on comprenne.

  • Par joel kotek - 5/06/2018 - 15:43

    Dont acte !
    La question n'en reste pas moins entière: comment expliquer que les antisionistes radicaux se surprennent à reprendre, presque mot pour mot, la langue du... nazisme ? Ils se surprennent apparemment. Ils ne nous surprennent pas, hélas. Le problème n'est pas qu'ils reprennent,"à l'insu de son plein gré", les arguments du sinistre Adolf H MAIS qu'ils arrivent à la même conclusion. Laquelle ? Qu'Israël serait de trop sur terre, qu'il serait en réalité le seul Etat illégitime de notre planète bleue, d'où la précieuse métaphore médicale.
    Evidemment, prisonnier de ses schémas tiers-mondiste, Eric David ne peut reconnaître que le refus arabe et palestinien n'est pas étranger à l'imbroglio "sioniste". Doit-on répéter que les Juifs (et non les Arabes) acceptèrent le plan de partage de 1947 ? Que la première extension d'Israël est consécutive à son invasion par les cinq armées arabes équipées par les Britanniques, qu'Israël a évacué le Sinaï, la Bande de Gaza, le Sud Liban, etc..
    Oui, les "sionistes" sont capables de se retirer de territoires conquis. Quel autre Etat l'a jamais fait en situation de force ? Le Maroc, la Turquie, la Chine ? Elle vient d'où cette haine atavique du seul Etat juif de la planète ? D'où ?

  • Par helene galperin - 7/06/2018 - 11:41


    Cet excellent article de Joel Kotek montre bien comment Eric David (,juif honteux)persiste dans ses vues . Déjà dans le passé , étant moi- même professeur honoraire de l'ULB(sciences)Eric David ,enseignait malhonnêtement à ses étudiants à l'ULB,une vue entièrement fausse : juridiquement prouvé par un Professeur émérite des universités françaises (oublié le nom) vérifiée par un Président du conseil d'Etat belge à ma demande,au sujet du bateau soi -disant "humanitaire"turc( chargé d'armes) qui entrait dans les eaux territoriales israéliennes etc, je le lui avais fait transmettre par un ami.

  • Par Philippe Salicru - 19/06/2018 - 11:23

    je soutiens les arguments de Joêl Kotek qui n'a pas, par oubli ou par diplomatie cité l'occupation du Sahara occidental par le Maroc depuis 1975 la fameuse "marche verte" de Hassan II année où les fascistes espagnols ont quittés cette zone en laissant les populations nomades et sédentaires de l'ouest nord de l'Afrique qui ont essayés via leur mouvement Front Polisario "( traités de terroristes par le Maroc ) de garder leurs territoires légitimes depuis des siècles et leur indépendance.
    l"ONU n'a jamais reconnu cette invasion massive et militaire de la part du Royaume de Maroc. Personne ne traite d'Etat parasite le Maroc, aucun pays n'est d'ailleurs "parasite", on parle d'Etats totalitaires ou démocratiques...et Israêl est un pays de réfugiés et est démocartique.. Il y a parfois des gens qui se prétendent progressistes et tiennent des discours de fascistes voire nazi, ils croient en se disant "progressistes" qu'ils bénéficient d'une sorte d'immunité par rapport aux propos qui incitent à la haine et aux génocides. ce sont les arguments nauséabonds d'incitation aux génocides qui définissent l'identité et la couleur politique de ceux qui les colportent. En d'autres termes nous sommes ce que nous disons et faisons .............de nos jours on gratte un peu l'épiderme de certains progressistes et on y découvre le nazi qui s'y cache !!!!! A bon entendeur, salut !!!