Au CCLJ

Gino Bartali : Un vélo pour sauver des Juifs

Mardi 25 septembre 2018 par Nicolas Zomersztajn

Dans Un Vélo contre la barbarie nazie (éd. Armand Colin), le journaliste italien Alberto Toscano revient sur l’incroyable destin de Gino Bartali, ce grand coureur cycliste ayant remporté de nombreuses courses, mais ayant aussi, au péril de sa vie, sauvé plusieurs centaines de Juifs italiens pendant la Seconde Guerre mondiale. Alberto Toscano présentera son livre le 3 octobre 2018 au CCLJ à 20h.

Alberto Toscano, l'auteur de ce livre consacré à Gino Bartali

Sur le même sujet

    Les amateurs de la « petite reine » connaissent Gino Bartali (1914-200), ce cycliste italien dont la carrière fut marquée par sa rivalité avec Fausto Copi. En revanche, ils ont longtemps ignoré que ce vainqueur de deux Tours de France (1938 et 1948), trois Giro (1936, 1937 et 1946) et neuf grandes classiques, s’est également illustré en sauvant la vie de 800 Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale.

    Fervent catholique, « Gino le Pieux » est très proche du cardinal Elia Dalla Costa qui n’a pas hésité à mobiliser le clergé pour sauver des Juifs de la déportation pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre du réseau créé par le rabbin Nathan Cassuto (arrêté et déporté à Auschwitz-Birkenau). Suite à l’occupation de l'Italie par l'Allemagne en septembre 1943, Gino Bartali rejoint ce réseau où, grâce à sa couverture idéale de coureur cycliste, il devient passeur et va jouer un rôle important dans le sauvetage des Juifs.

    Connu pour les longues distances d'entraînement qu'il parcourt à vélo, Gino Bartali va ainsi faire passer des faux documents destinés aux Juifs et dissimulés dans le cadre de son vélo. En cas d'arrestation et de fouilles, Gino Bartali s'appuie sur son statut de cycliste professionnel : il demande que l'on ne touche pas sa bicyclette, calibrée au millimètre près pour atteindre une vitesse optimale. « Dans la même journée, il faisait parfois 200 kilomètres à l'aller, et 200 kilomètres au retour.  Et ces faux papiers permettaient à des Juifs, réfugiés dans des couvents, de retrouver la liberté, sous une fausse identité », précise Alberto Toscano.

    Il garde ses récits pour lui

    Après la guerre, Gino Bartali ne parlera pas de ses actes de résistance. « Le bien », disait-il, « on ne le fait pas pour le crier sur les toits ». Estimant que cette histoire lui appartient, il refuse que ses actes de résistance soient médiatisés. « Il a toujours dit que cela devait rester dans sa mémoire à lui, qu'il ne voulait pas se glorifier du sacrifice des autres. Parce que d'autres personnes avaient perdu la vie, à la suite de leur engagement dans le même réseau. Il voulait garder ces récits pour lui. Il a toujours affirmé qu'il ne voulait être populaire que pour ses exploits sportifs. Et que le reste était gravé dans son cœur », raconte Alberto Toscano. L'essentiel de ses actes de bravoure et de son courage demeure donc méconnu pendant de nombreuses années. Mais grâce à la détermination de Sara Corcos, la sœur du rabbin Cassuto, l’héroïsme et le courage de ce sportif ne relèveront plus du secret. Travaillant au Centre de documentation juive contemporaine de Milan, Sara Corcos a pris contact avec Gino Bartali, mais ce dernier lui a signifié qu’il n’accorde aucune interview. Ce n'est que lorsqu’elle lui révèle son lien de parenté avec le rabbin Cassuto qu’il accepte de témoigner… à condition de ne pas être enregistré.

    En 2013, Gino Bartali est enfin reconnu (à titre posthume) Juste parmi les Nations par Yad Vashem et en mai 2018, lorsque le départ du Giro est donné à Jérusalem, il est fait « Citoyen d'honneur de l'Etat d'Israël ».

    Infos : 02/543.01.01 ou [email protected]


     
     

    Ajouter un commentaire

    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par Kalisz R. - 26/09/2018 - 9:17

      Une histoire fascinante qui nous dit qu'on peut toujours faire quelque chose.

    • Par PIROTTE Raymonde - 29/09/2018 - 23:43

      Je suis de cette généation (enfin de fan) de ces 2 champions italiens Gino Bartali et F. Coppi : j'admire cette modestie j'ADORE cette nouvelle magnifique...que j'ignorais complètement...on veut toujours nous faire croire qu'il n'y a que des Français qui ont aidé les Juifs...???
      Grazie mille Gino!

    • Par Kalisz - 3/10/2018 - 9:52

      Exemplaire. La solitude du coureur de fond. Cette histoire prouve qu'on peut toujours faire quelque chose. Je persiste et signe.