Au CCLJ

François Zimeray : Un ambassadeur face à la barbarie

Jeudi 9 mars 2017 par Nicolas Zomersztajn

Homme politique et diplomate français, François Zimeray a publié en 2016 J’ai vu partout le même visage (éd. Plon), une réflexion sur son parcours d’ambassadeur de France pour les droits de l'Homme ainsi que sur l'attentat terroriste de Copenhague, où il a failli perdre la vie en février 2015. Il présentera son livre le mercredi 15 mars 2017 à 20h au CCLJ.

 
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    François Zimeray est aujourd’hui ambassadeur de France auprès du Danemark depuis 2013. Cette mission dans ce pays scandinave paisible aurait pu se dérouler dans une tranquillité des plus diplomatiques. Or, le 14 février 2015, François Zimeray échappe à la mort alors qu’il participe à un débat sur la liberté d'expression dans un centre culturel de Copenhague pris pour cible lors de la première des deux tueries de la capitale danoise. « J’ai écrit ce livre après l’attentat de Copenhague », confie François Zimeray. « C’était pour moi une façon de me révéler la cohérence d’un parcours que j’avais vécu comme totalement discontinu et que cet attentat a soulignée. Cet attentat commis dans ce paisible pays aurait pu se produire dans tous les pays sensibles que j’ai parcourus ».

    Après avoir été maire d’une municipalité normande et député européen, François Zimeray devient en 2008 ambassadeur de France pour les droits de l'Homme. Cette fonction avait été créée par Hubert Védrine, alors ministre des Affaires étrangères. « Cette fonction discrète et mal connue existe dans une dizaine de diplomaties à travers le monde », précise François Zimeray. « En faisant ce choix, je mettais également un terme à un engagement politique comme élu local et européen. Ce que je recherchais, c’était un moyen d’agir à une autre échelle, et il me semblait que, en dépit de toutes ses faiblesses, la diplomatie constituait un levier puissant pour les droits de l’Homme ».

    C’est donc à ce titre que François Zimeray a effectué pas moins de 120 missions à travers le monde, le plus souvent dans des zones de conflit où les droits fondamentaux sont constamment violés. Témoin direct de cette « topographie du malheur » qui se dessine du Rwanda à la Syrie en passant par le Liban, la Palestine, l’Irak, la Libye, la Colombie, la Tchétchénie, il a vu de près cette réalité de souffrances dans d’autres zones peu médiatisées où la violence est omniprésente : l’Est ravagé de la République du Congo, le Cameroun, le golfe du Bengale, le Kazakhstan, la Birmanie, l’Egypte, le Burundi, le Guatemala, le Salvador, le Honduras, le Costa Rica, la Russie, l’Ukraine, l’Ouganda, le Kirghizstan, le Bangladesh, le Cambodge.

    Aspiration à la dignité

    En lisant François Zimeray, on retient surtout que l’universalité de l’aspiration à la dignité humaine n’est pas un concept abstrait. « C’est une réalité tangible », insiste le diplomate. « Que ce soit en Colombie, en Tchétchénie ou en Algérie, quand je me souviens de ces mères dont les maris ou les fils ont été enlevés par ces régimes autoritaires ou dictatoriaux, c’est comme si, à chaque fois, j’avais rencontré la même femme. Elles me parlaient toutes de leurs maris ou de leurs fils avec les mêmes mots, les mêmes expressions, les mêmes regards et la même manière de toucher la photo du disparu. L’universalité prend forme et n’est plus un concept ».

    Il évoque toutes les victimes, et tout particulièrement celles dont on ne parle pas, parce que coincées dans l’angle mort de l’opinion publique. « Cet engagement s’enracine dans une phrase demeurant gravée dans ma mémoire, comme le « Rosebud » de Citizen Kane : « L’indifférence est un crime sans pardon ». Beaucoup de gens me disent qu’ils ignoraient de nombreuses souffrances évoquées dans ce livre. Cette remarque m’a toujours surpris, car j’ignorais que les gens ignoraient ! ». A travers son témoignage, nous ne pouvons être qu’impressionnés par le regard exigeant et panoramique que François Zimeray porte sur les violations des droits fondamentaux à travers le monde.

    Infos et réservations : 02/543.01.01 ou info@cclj.be


     
     

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