Retour sur Fraternité 2018

"Faut-il rêver d'une autre école?", une réflexion collective

Vendredi 1 Février 2019 par Jean-Marc Finn
Publié dans Regards n°1037

Créé par le CCLJ en 2005 avec le Centre d’Action Laïque, le R.A.P.P.E.L et le Comité Ni Putes Ni Soumises, les Rencontres de la Laïcité, de l’Egalité et de la Mixité ont pour objectif de participer aux réflexions qui interrogent notre société, en y apportant notre spécificité, celle d’une identité juive plurielle, ouverte sur le monde et son époque. Le 27 novembre 2018, nous avions décidé d’interroger l’école, lieu de rencontre et d’acquisition de « savoirs ».

Avec Marie-Martine Schyns (ministre du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge de l’Education) et Charles Sohet (directeur de l’école Singelijn second’air)

L’école d’aujourd’hui est confrontée à de nombreux défis : accroissement de la population jeune dans les grandes villes, l’évolution technologique actuelle et de ce qu’elle nous dit du futur, la faiblesse des moyens mis en œuvre, l’obsolescence des méthodes d’apprentissage… C’est ce que les « Rencontres de la Laïcité, de l’Egalité et de la Mixité » ont choisi de mettre en jeu lors du débat participatif, suivi d’une table ronde d’experts qui a eu lieu le 27 novembre 2018 à l’UCL-Faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale, d’urbanisme -  LOCI Site de Bruxelles.

Le débat participatif a proposé à chacun, parents, enseignants et élèves répartis en trois groupes de soulever des questions et de proposer des solutions qui ont ensuite été soumises à un panel d’experts. Dans chaque groupe, les trois mêmes questions sont au menu : « Quels professeurs pour demain ? », « Quel cadre idéal pour l’école ? » et « Faut-il rêver l’école ? ». L’exercice aura été enrichissant, permettant pendant une heure d’exorciser la « diabolisation » de l’autre, tout en proposant des alternatives originales aux difficultés rencontrées par l’école face aux enjeux actuels. Il en ressortira que oui, il faut rêver l’école, en ouvrant les portes plutôt qu’en cassant les murs, qu’il faut construire la relation et le projet avec les élèves, que l’école doit être un lieu de sociabilité et que son avenir n’est pas affaire de moyens financiers, mais plutôt d’état d’esprit.

De même, le professeur idéal serait quelqu’un qui est « parmi » les élèves, et pas « face » à eux. Il aurait une vision de sa mission, apprenant aux élèves à apprendre, faisant preuve d’empathie, laissant la manifestation de l’autorité comme dernier recours et non comme préalable à la relation professeur-élève.

Enfin, le cadre idéal d’enseignement serait des règles proposées par les enseignants et les élèves ensemble, et ces derniers seraient ensuite responsabilisés dans le respect de ces règle par eux-mêmes énoncées.

La table-ronde qui s’en est suivie a redémarré sur un « rapport » des suggestions et réflexions proposées lors des ateliers, fait par chaque responsable d’atelier, sur lequel chacun des participants au panel était amené à réagir. Les invités à la table étaient Marie-Martine Schyns (ministre du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge de l’Education), Charles Sohet (directeur de l’école Singelijn second’air), Bruno Derbaix (sociologue et philosophe), Hughes Bersini (professeur d’informatique et de programmation à l’école Solvay), John Pitseys (docteur en philosophie et licencié en droit), le tout modéré par Pascal Claude, journaliste à la RTBF.

De ces débats est ressortie l’importance d’initier dès le plus jeune âge les élèves aux nouvelles technologies (codage, algorithmique, numérique, etc.) et de repenser toutes les matières en ce sens.

De même, la nécessité de revaloriser les enseignants, mais en revoyant les relations entre ceux-ci et les élèves sur un mode, si pas égalitaire, en tous cas soucieux de travailler ensemble, dans une notion de respect mutuel, en associant les élèves à la gestion de l’école, en leur conférant des responsabilités pour que ce lieu devienne leur lieu de vie, un lieu qui leur appartient et dont ils prendront soin.

Enfin, la conclusion a été ponctuée d’une joute verbale entre les jeunes « ambassadeurs d’expression citoyenne » qui ont confronté leurs arguments, se demandant s’il fallait oui ou non rêver d’une autre école. En résumé, on retiendra cette réponse : Rêver, c’est déjà le début de l’action !


 
 

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