Etude annuelle 2015 : La problématique du cadrage dans le traitement médiatique de l’Etat d'Israël. Analyse comparée des quotidiens Le Soir et Libération

Mardi 1 décembre 2015 par Dimitri Mainil

L'actualité israélienne dans Le Soir se résume-t-elle aux conflits et cela a-t-il des conséquences sur la perception de l'Etat hébreu en Belgique ? Par ailleurs, qu'en est-il lorsqu'il n'y a pas de conflits majeurs, comme ce fut le cas lors du premier trimestre de 2013 ? Pour tenter de répondre à ces questions, nous livrons ici une analyse comparée des quotidiens Le Soir et Libération, afin de dégager les principales tendances et comprendre s'il s'agit d'une particularité médiatique belge.

 

D'un point de vue pratique, la première partie de cette étude contextualisera les relations entre la presse belge et l'Etat d'Israël. Ensuite, après une approche théorique et méthodologique, la couverture médiatique de l’État d'Israël dans Le Soir et Libération sera disséquée dans le but de vérifier l'utilisation de cadres médiatiques.

Cette réflexion concernant la présence de cadres s'inscrit dans une remise en question du journalisme belge tel qu'il se pratique actuellement à l'égard d'Israël. Dernièrement, plusieurs chercheurs, dont des académiciens et personnalités du monde juif de Belgique, se sont indignés quant à la manière systématiquement négative de parler de l’État d'Israël dans nos médias. C'est le cas de l'étude du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) intitulée « Israël et les médias belges francophones au miroir du conflit israélo-gazaoui de l’été 2014. Entre désinformation, malinformation et importation du conflit », qui démontre l'existence d'un antisionisme de la société belge accentué par le prisme médiatique. Cette situation serait entretenue par la tendance, dans la plupart des médias belges, à résumer le traitement médiatique de l’État d’Israël au conflit israélo-palestinien. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance, à l'instar du système de financement des envoyés spéciaux ou encore de la présentation manichéenne des différents protagonistes.

Afin de ne pas avoir de résultats biaisés par la prédominance du conflit israélo-palestinien, la période étudiée converge autour de deux événements politiques majeurs de l'actualité israélienne : les élections législatives israéliennes du 22 janvier 2013 et la visite historique du Président américain le 20 mars 2013. Pourtant, l'analyse comparée démontre que malgré cette période « calme », des cadres négatifs sont mobilisés pour aborder l'actualité israélienne. Rappelons que d'un point de vue journalistique, les cadres sont des angles choisis que les journalistes mettent en œuvre pour présenter et construire l’information. Les chercheurs en sciences humaines ont démontré, à ce sujet, que les professionnels de l’information emploient les cadres qui leur posent le moins de problèmes vis-à-vis de leurs sources et de leurs rédactions. De la sorte, et c'est ce qu'on distingue en ce qui concerne la présentation d'Israël, les journalistes ont des tendances conformistes plutôt que des opinions divergentes.

Tout au long de cette analyse, on comprend que les cadres utilisés pour aborder l'actualité israélienne dans Le Soir ont un impact sur l'image générale de l’État hébreu. En effet, diverses tendances ont été observées telles qu'une focalisation sur la politique israélienne d'extrême droite, l'utilisation fréquente du cadre de conflit, l'attribution quasi systématique de la responsabilité à Israël, ainsi que la présence de stéréotypes négatifs. En fin de compte, même si la différence avec Libération n'est pas flagrante, il ressort que la plupart des articles du Soir sur l’État hébreu, dans la période étudiée, présentent une image négative de celui-ci.

Lire ici l'étude dans son intégralité.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par BOAZ - 24/12/2015 - 15:55

    J'aimerais lire une étude de même facture sur un benchmark Libé /Le Monde....car avec Gilles Paris, Benjamin Barthe , Piotr Smolar et j'en oublie, les lecteurs du quotidien de référence sont allés de Charybde en Scylla !

    Ces jours-ci , les articles qui évoquaient la suppression de samir kuntar ( je refuse de parler d'assassinat ou d'exécution, ou de mettre des majuscules à ce nom) omettaient pudiquement d'indiquer dans son CV pourquoi il avait pris perpète en Israël......

  • Par Yoram - 24/12/2015 - 18:59

    Boaz, parmi bien d'autres, l'officier de l'armée israélienne qui s'était avancé jusqu'à la gamine palestinienne étendue à terre, blessée par les tirs des soldats sous ses ordres, et qui avait vidé son chargeur dans le corps de l'enfant, a-t-il "pris perpète en Israël" ? Vous lui mettez les majuscules ? Il est vrai que ce terroriste-là n'a pas de nom et que vous n'avez même pas su son fait d'arme. Ni le sien, ni celui de tant d'autres.