Au CCLJ

Etienne Klein : La science dit-elle le vrai?

Mardi 6 mars 2018 par Jean Noël

Le cycle de conférences « Les croyances à l’exercice de la Vérité » que le CCLJ propose en partenariat avec l’Asbl Insistance consistera à interroger ce qui mobilise le sujet humain dans sa quête de Vérité. Etienne Klein, physicien français de renommée internationale, inaugurera ce cycle le mercredi 14 mars 2018 à 20h au CCLJ, en se demandant si la science dit le vrai.

 
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    Lorsqu’on s’interroge sur ce qui mobilise l’être humain dans sa quête de vérité et ce qui invalide ou conforte dans cette quête les croyances qui l’habitent, on est face à un double mouvement. D’une part, la recherche de la vérité présuppose que l’on sait que l’on ne sait pas, ce qui motive un acheminement délibéré vers plus de savoir, et, d’autre part, la croyance, à l’inverse, mobilise le sujet à partir d’un savoir déjà révélé sur lequel il porte sa foi ou son désir. Les chercheurs de vérité partent du vide, les croyants partent d’une certitude. La rencontre entre les deux se fait souvent avec perte et fracas. Pour les uns, la lucidité du scientifique rationnel est désespérante et ampute le sujet de toute raison de vivre. Pour les autres, les croyants se laissent aveugler et voguent de manière irrationnelle sur la vague du radicalisme.

    L’asbl Insistance, issue de l’initiative parisienne d’Alain Didier-Weill, qui interroge le politique et les arts à l’aune de l’héritage culturel de la psychanalyse, décide cette année d’embrasser cet océan qu’est la question de la Vérité. Pour ce faire, nous interrogerons trois chercheurs de Vérité, un scientifique (Etienne Klein), un romancier et essayiste (Boualem Sensal) et un psychanalyste (Alain Didier-Weill).

    Le 14 mars, ce sera Etienne Klein. Physicien et philosophe des sciences, il enseigne la physique quantique, puis la philosophie des sciences à l’Ecole centrale de Paris. Détaché au CERN pendant deux ans, entre 1992 et 1994, il participe comme ingénieur à la conception du Grand collisionneur de Hadrons (Large hadron Collider, LHC). Auteur de nombreux ouvrages de sciences pures et de philosophie d’une grande qualité pédagogique, il anime par surcroît une émission sur France Culture : « Conversation scientifique ».

    « Nous savons tous beaucoup de choses », explique-t-il pour introduire le débat. « Par exemple que la Terre tourne autour du Soleil, qui lui-même tourne autour du centre de la galaxie, qui elle-même tourne autour de quelque autre centre. Que l’atome existe et qu’il ne ressemble guère -en réalité pas du tout- à l’objet insécable que les premiers atomistes grecs avaient imaginé. Que les espèces vivantes évoluent. Que l’univers est en expansion, et même que son expansion s’accélère... Voilà quelques exemples de connaissances que nous sommes tous capables d’énoncer après les avoir apprises, lues ou entendues. Mais saurions-nous raconter quand, comment et par qui elles ont été établies ? Pourrions-nous expliciter les arguments qu’elles ont fait se combattre ? Serions-nous capables d’expliquer comment certaines thèses ou certains faits sont parvenus à convaincre, à clore les discussions ? Reconnaissons humblement que non : en général. Or, cette mauvaise connaissance que nous avons de nos connaissances nous empêche de dire ce par quoi elles se distinguent de simples croyances. Mais alors, que faire ? ».

    Vérité et fake news

    Il est évident que de telles questions sont d’un enjeu crucial, à l’heure où les réseaux sociaux véhiculent des fake news, à l’heure où nous sommes empoisonnés par des rumeurs malveillantes, où la dénonciation se fait de plus en plus au tribunal du web, où les théories du complot emportent l’adhésion d’une majorité des Français ou Belges (jusqu’à 10% de la population soutient que la terre est plate et qu’on nous raconte des bobards à l’endroit de sa sphéricité…).

    Par ailleurs, la vérité en science est dite scientifique, ce qui est une tautologie, mais celle-ci recèle un propos précis qu’Etienne Klein soutient dans ses conférences : une vérité scientifique ne répond pas aux questions qui ne le sont pas, comme celle de l’orientation politique d’une société donnée ou celles de questions morales ou religieuses. Cette conférence consistera donc à dessiner le plus rigoureusement possible une ligne de crête entre le versant de la science pure et celui des croyances.


     
     

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