Négationnisme

Ernst Zündel : mort d'un négationniste et d'un néonazi

Mercredi 16 août 2017 par Nicolas Zomersztajn

Ernst Zündel est mort le 5 août dernier en Allemagne. Avec son décès, c’est une des figures les plus abjectes du négationnisme qui disparaît.

 

Né en 1939 en Allemagne, il s’installe au Canada en 1958 où il s’emploie à réhabiliter le 3e Reich. Directeur des publications Samizdat qui produisent un abondant matériel néonazi, il publie de nombreux articles dans des magazines antisémites. Il participe activement au développement du mouvement suprématiste blanc aux Etats-Unis et au Canada. A côté de Faurisson et Irving, Ernst Zündel a joué rôle déterminant dans la diffusion du négationnisme à travers le monde.

Il acquiert sa célébrité lors de son procès en 1985 suite de la publication par Zündel de l'ouvrage Did Six Million Really Die ?. Lors du procès en appel en 1988, Zündel fait intervenir Fred Leuchter, un faussaire américain, pseudo chimiste et auteur d’un rapport sur l’impossibilité de tuer par chambre à gaz à Auschwitz. Il demande qu’on verse ce rapport comme pièce à conviction. C’est donc grâce à Zündel que ce « rapport » sera paradoxalement popularisé.

« Avec David Irving, Ernst Zûndel est l’un des rares négationnistes à avoir été condamné à une peine de prison », souligne Michaël Prazan, écrivain et documentariste ayant notamment publié une enquête sur Roger Garaudy (Roger Garaudy : itinéraire d’une négation) et réalisé un film sur la mouvance négationniste (Les Faussaires de l'histoire). « C’est aussi une des figures les plus haineuses de la galaxie négationniste. Il n’a jamais dissimulé son antisémitisme ni sa volonté de réhabiliter le nazisme. C’est ce qui rend sa rhétorique particulièrement virulente ».

Zündel est aussi un des premiers négationnistes à saisir l’importance d’internet pour diffuser le négationnisme. « C’est un véritable pionnier en la matière », précise Michaël Prazan. « Son site internet créé dans le courant des années 1990 devient une espèce de centrale rassemblant tous les écrits négationnistes. Avec ce site, il créé aussi l’illusion que cette mouvance est importante en termes d’effectifs. Or, c’est peu de monde et toujours les mêmes personnes ».

Zündel se fait le champion de la provocation et des déclarations haineuses à la sortie des tribunaux. « On peut considérer qu’il joue un rôle déterminant dans la mondialisation du négationnisme », estime Michaël Prazan. « A travers ses publications, ses conférences, ses procès et son site internet, il donne une terrible caisse de résonnance au négationnisme même s’il vit au Canada et qu’il exprime fièrement sa volonté de venger l’humiliation subie par le 3e Reich par la faute des Juifs et leur invention de la Shoah ». 


 
 

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