Enseignement

L'enseignement du génocide de 1915 en Fédération Wallonie Bruxelles

Lundi 15 mai 2017 par Ina Van Looy, directrice du Centre d'éducation à la citoyenneté

La thématique de l’enseignement du génocide des Arméniens a été abordée récemment à l’initiative du Centre social et culturel arménien de Belgique accompagné par AGBU Europe, le Comité des Arméniens, la Fondation Boghossian et le programme « La haine, je dis NON ! » du CCLJ soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, dans le cadre du Décret Mémoire.

Nicolas Tavitian and Bernard Coulie

Le 26 avril dernier, une quinzaine de professeurs se sont retrouvés à la Fondation Boghossian pour participer à un séminaire dont l’objectif était de faire un état des lieux de l’enseignement du génocide de 1915 et de tenter d’élaborer de nouvelles pistes pour favoriser l’étude de ce génocide auprès des étudiants de l’enseignement secondaire supérieur. Tous les participants ont complété préalablement un questionnaire online qui permettait de mieux dessiner l’enseignement de ce génocide à l’heure actuelle et leurs attentes à propos de cet enseignement.

Force est de constater que parmi la majorité des professeurs présents, principalement d’histoire, ce qui fait défaut, c’est le temps dévolu au cours d’histoire. A raison, au mieux, de 2 heures semaines, il est effectivement difficile de fournir un bagage de poids aux étudiants. Il semble que le futur Pacte d’excellence ne modifie pas cette donne, que du contraire si on évoque l’enseignement technique. Nous avons d’une part perçu l’inquiétude de ces professeurs face au devenir de leur matière, mais également constaté leur faible connaissance du génocide perpétré par le pouvoir ottoman sur ses populations chrétiennes. Certains expliquant qu’ils avaient besoin de sources solides et fiables pour s’autoriser à qualifier le crime, de crime de génocide… Cet écueil sera comblé par le partage, entre autres, des outils pédagogiques du programme « La haine, je dis NON ! » auprès de ce public.

Après une matinée conviviale et riche d’échanges, les professeurs ont assisté à une conférence ouverte à tout public, intitulée : « Le génocide de 1915. Quelles répercussions contemporaines ? ». Présentée par Nicolas Tavitian, vice-président du Comité des Arméniens de Belgique, la conférence a réuni Bernard Coulie, professeur à l’UCL et ancien recteur de cette université ; Laure Marchand, journaliste, spécialiste de la Turquie et co-auteure de La Turquie et le fantôme arménien, ouvrage indispensable pour comprendre ce crime passé et ses répercussions aujourd’hui ; et enfin, Vicken Cheterian, historien et analyste politique, professeur à l’Université Webster et de Genève.

Tous les participants à cette journée dense, professeurs comme organisateurs, sont repartis riches de leurs échanges et désireux de poursuivre ce dialogue, humain comme pédagogique.  


 
 

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