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La disparition de Solal Georis : six ans, une éternité

Mardi 3 juin 2014 par Géraldine Kamps
Publié dans Regards n°800

Depuis 2008,  Vincent Georis est sans nouvelles de son fils Solal, aujourd’hui âgé de 15 ans. Malgré les campagnes de recherches et les décisions de justice, toutes en faveur du père, le jeune garçon reste introuvable, caché par les milieux ultra-orthodoxes quelque part en Israël.

 
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    « Solal, mon fils, où que tu sois, c’est pour toi qu’ils ont dansé... » C’est en ces termes que Vincent Georis, le père de Solal, revenait sur cette soirée du 26 avril proposée par la compagnie Sonambulle et dont les recettes devraient aider à poursuivre les recher-ches de son fils kidnappé par sa mère et vu pour la dernière fois en Israël le 3 juillet 2008.

    Nous évoquions la campagne de Child Focus pour retrouver le jeune garçon dans notre numéro de mars 2010 (Regards n°707). Une campagne dirigée vers la Belgique, traduite en anglais, en hébreu et même en yiddish, à l’attention des milieux juifs religieux, mais qui s’avèrera insuffisante pour recueillir des témoignages utiles.

    Incarcérée en 2012 pour non-présentation d’enfant au père, auquel les tribunaux belges et israéliens ont pourtant donné raison et conféré le droit de garde exclusive, la mère Ronite Bitton a une nouvelle fois été condamnée le 20 juillet 2013 par un tribunal israélien, à cinq ans de prison ferme. Une décision confirmée par la Cour suprême israélienne. « C’est très important », estime Vincent Georis. « Symboliquement, et malgré les protections dont elle bénéficie -elle est notamment protégée par la Comtesse Esther de Pommery et défendue par un des avocats les plus chers d’Israël-, on reconnait sa culpabilité. La justice israélienne agit de manière démocratique et cohérente, et c’est rassurant. Même si mon ex-femme n’est pas seule responsable dans cette affaire. Il y a ses parents et il y a les milieux ultra-orthodoxes qui ont décidé de faire de mon fils le jouet de leurs délires, quitte à détruire la vie de l’enfant ».

    Un mécène pour Solal ?

    En novembre dernier, Vincent Georis se rendait lui-même en Israël pour mener de nouvelles recherches, avec l’aide d’un détective privé. « Nous avons rencontré les autorités israéliennes, ainsi qu’une représentante du ministère de la Justice à Jérusalem qui nous ont informés de l’évolution de la situation et assuré que des recherches étaient en cours. Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders en a parlé lors de son voyage en Israël, et le Premier ministre Di Rupo avait interrogé le Président Peres lors de sa venue en Belgique. Le problème est que la police n’a pas ou ne met pas les moyens pour le retrouver, qu’il n’existe pas comme chez nous de cellule spécialisée dans les recherches d’enfants, et qu’elle marche elle-même sur des œufs avec les milieux religieux. Je pense aussi que le fait de ne pas être juif ne m’aide pas dans le crédit qui m’est accordé ».

    Pour se défendre, la mère n’a pas hésité à diffamer le père sur le net. Diffamation pour laquelle elle a été condamnée par la justice belge à 10.000 euros de dédommagement. Elle prenait encore contact récemment avec une personne se réclamant assistante de Laurent Louis, laquelle n’a pas hésité à se mêler de l’affaire, inventant que l’enlèvement de Solal était le fait du père et que le jeune garçon avait été retrouvé… à Charleroi !

    Epuisé par cette histoire et très inquiet du devenir de son fils, le père de Solal est aujourd’hui à la recherche d’un mécène qui pourrait reprendre en main les recherches avec lui. « Je suis en contact avec un cabinet de détectives privés israéliens très sérieux qui m’a assuré pouvoir le retrouver. Je ne désespère pas, mais il faut réunir les fonds nécessaires. On enlève un enfant au nom d’une guerre de pureté religieuse, c’est immonde. C’est aussi une erreur de casting, mon enfant n’a rien à faire là, même si je n’ai rien contre le fait qu’il aille plus tard dans une école juive ». Sans haine à l’égard de la mère, « juste écœuré par ce qu’elle a fait », Vincent Georis conclut : « Israël ne peut accepter que les ultra-orthodoxes lui fassent faire un bond en arrière et doit mettre fin à ce kidnapping ». 

    Pour en savoir plus : www.ensemblepoursolal.be - Pour contacter Vincent Georis : 0477/87.35.39

    Lire aussi notre autre article consacré à Solal Georis (Regards n°707, mars 2010)


     
     

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