Pays-Bas

Les députés hollandais reconnaissent massivement le génocide arménien

Vendredi 23 Février 2018 par AFP

Les députés néerlandais ont voté massivement ce 22 février 2018 en faveur de la reconnaissance du génocide arménien et de l'envoi d'un représentant du gouvernement à Erevan le 24 avril pour la commémoration des massacres perpétrés entre 1915 et 1917.

Monument érigé en mémoire du génocide des Arméniens à Bruxelles

A l'issue d'un vote qui devrait faire monter d'un cran les tensions entre La Haye et Ankara, la chambre basse du Parlement a approuvé par 142 voix contre trois une motion proposant « que le Parlement parle en termes clairs du génocide arménien ».

Le gouvernement néerlandais s'est distancié de cette motion. « Nous partageons toujours le désir de voir les parties impliquées se réconcilier, mais le gouvernement voit la manière d'y parvenir différemment que la motion proposée », a déclaré Sigrid Kaag, qui fait fonction de ministre des Affaires étrangères. « Nous rendrons hommage aux victimes et aux proches de tous les massacres de minorités », a-t-elle dit, soulignant que le gouvernement ne jugera pas s'il s'agit ou non d'un génocide.

Après avoir reconnu en 2004 le caractère génocidaire des massacres et déportations survenus entre 1915 et 1917, l'exécutif néerlandais a toujours évoqué la « question du génocide arménien », ce qui restera le cas, a répété jeudi Sigrid Kaag.

Les députés ont par ailleurs rejeté jeudi une motion du Parti pour la Liberté (PVV) du député d'extrême droite Geert Wilders proposant que le gouvernement reconnaisse le massacre comme étant un « génocide ».

Les Arméniens estiment qu'un million et demi des leurs ont été tués de manière systématique à la fin de l'Empire ottoman entre 1915 et 1917. Nombre d'historiens et plus de 20 pays, dont la France, l'Italie et la Russie, ont reconnu qu'il y avait eu un génocide.

La Turquie reconnaît que jusqu'à 500.000 Arméniens sont morts pendant des combats et leur déportation forcée vers la Syrie ou le Liban, alors provinces ottomanes, mais réfute toute volonté d'extermination.

Les relations bilatérales sont au plus bas depuis que les Pays-Bas ont annoncé début février le retrait de leur ambassadeur à Ankara et leur refus d'accueillir un représentant turc sur leur sol. En mars 2017 déjà, le gouvernement néerlandais avait empêché deux ministres turcs de s'exprimer lors d'un rassemblement organisé pour la communauté turque à Rotterdam à l'occasion de la campagne du référendum sur le renforcement des pouvoirs présidentiels.


 
 

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