Procès de l'attentat du Musée juif de Belgique

La demande de faire visionner les auditions de Mehdi Nemmouche a été acceptée

Lundi 21 janvier 2019 par BELGA

Les demandes de la défense de Mehdi Nemmouche de visionner en audience publique l'émission "Devoir d'Enquête" de la RTBF, ainsi qu'un extrait d'un journal télévisé de RTL-TVi ont été rejetées, a annoncé ce lundi la présidente de la cour d'assises Laurence Massart.

Me Courtoy avait formulé ces requêtes, car il estimait qu'elles pouvaient éclairer la cour quant aux liens professionnels entre les époux Riva et les services secrets israéliens.

Au moment des faits, Emmanuel Riva  était encore conseiller en économie pour le Nativ, mais plus salarié de cette agence gouvernementale qui œuvre en faveur des Juifs d'ex-URSS qui veulent s'installer en Israël, a une nouvelle fois clarifié l’avocat de la famille Me David Ramet.

La dernière mission de comptable de Miriam Riva concernait effectivement le Mossad, mais elle était retraitée depuis deux mois au moment de l'attentat.

Me Courtoy avait également sollicité une visite d'une habitation de la rue des Chandeliers, à proximité du Musée, louée sous une fausse identité au moment des faits, avait argumenté l'avocat. Il avait ajouté que ce lieu était occupé par une personne "voulant se faire passer pour un islamiste". Cette demande a été rejetée, la cour disposant de photos des lieux et de procès-verbaux à ce sujet, a précisé la présidente.

La requête de l'avocate du CCOJB Me Hirsch, qui réclamait un prélèvement de voix de Mehdi Nemmouche pour le confronter à la voix off des vidéos de revendication de l'attaque retrouvées sur l'ordinateur qui était en possession de l'accusé au moment de son arrestation, a aussi été rejetée. Une comparaison de voix se trouve déjà dans le dossier, a ajouté la présidente.

Enfin, la demande des procureurs fédéraux de faire visionner les auditions filmées de Mehdi Nemmouche a elle été acceptée. Elles ne seront cependant pas soumises aux experts psychiatres.

La parole aux juges d'instruction et enquêteurs

La cour d'assises de Bruxelles entame ce lundi une nouvelle série d'auditions dans le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique. Après avoir entendu certaines personnes constituées partie civile, la cour va maintenant passer aux deux juges d'instruction qui étaient en charge du dossier et pas moins de 27 enquêteurs, jusqu'au mardi 29 janvier.

La cour va entendre durant sept jours les juges d'instruction et les enquêteurs. Ceux-ci vont expliquer toute leur enquête en commençant par le déroulement des faits le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique. Les images de l'attaque seront à nouveau projetées à l'audience et commentées par les enquêteurs.

D'autres images seront également dévoilées, notamment une séquence vidéo sur laquelle Mehdi Nemmouche est reconnaissable le 28 mai 2014 aux bureaux de la compagnie de bus Eurolines, à la gare du Nord à Bruxelles. Il y avait acheté un billet pour le lendemain, afin de se rendre à Marseille où il a été arrêté.

Les enquêteurs feront aussi projeter des images du Musée juif datant du 23 mai 2014, la veille de l'attentat, sur lesquelles on distingue un homme ayant la même physionomie que l'auteur de la fusillade, selon eux.

Ils évoqueront l'arrestation de Mehdi Nemmouche et la découverte des armes qu'il transportait. Ils concentreront par la suite leurs analyses sur l'examen des numéros contactés ou ayant contacté ceux qui sont attribués à Mehdi Nemmouche, un examen qui les avait menés vers Mounir Attallah et Nacer Bendrer.

Les enquêteurs exposeront donc aussi les soupçons de complicité qui ont pesé sur ces deux hommes, dont un a bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire et l'autre est accusé aux côtés de Mehdi Nemmouche, ainsi que leurs différents interrogatoires. Mehdi Nemmouche, lui, avait refusé de parler aux policiers et a également refusé de répondre aux questions de la cour.


 
 

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