Rectificatif

Conférence d'Eyal Sivan à l'UPJB (suite)

Vendredi 1 juin 2018 par Nicolas Zomersztajn
Publié dans Regards n°884 (1024)

Michel Staszewski, modérateur de la conférence-débat sur le boycott académique que l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) a organisé le 19 février 2018, nous a écrit pour que nous insérions un rectificatif à l’éditorial (Eyal Sivan, BDS tendance Harpo, Regards n°878) que nous avons consacré à cette soirée.

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    Nous avions écrit que le documentariste israélien Eyal Sivan « a traité de “pute” une femme essayant de lui dire que certains sites internet prônant le boycott d’Israël contiennent des propos antisémites ».

    Ayant enregistré la conférence, Michel Staszewski nous fait remarquer que leurs propos exacts sont très différents de ce que nous avons écrit ci-dessus. Afin de rétablir la vérité, nous reproduisons donc les propos de cette dame et la réaction hystérique d’Eyal Sivan.

    Lors du débat avec la salle, une dame intervient et dit à Eyal Sivan qu’elle « lit beaucoup les sites… Les sites BDS sont antisémites et… ». Elle n’a pas le temps de terminer sa phrase qu’Eyal Sivan lui coupe la parole : « Madame, on va faire une chose très simple. Nous, on ne se laisse pas insulter. Vous vous excusez pour ce que vous avez dit. Je vous le dis très simplement. Au nom de mes grands-parents, je vous demande de vous excuser, sinon je ne vous écoute plus. Je ne vous laisse pas parler Madame. Moi, j’ai payé ma carrière professionnelle à cause de gens comme vous qui banalisent l’antisémitisme. Comme tout antisémitisme, l’antisémitisme n’existe pas. Et ce que vous faites, c’est banaliser l’antisémitisme ».

    Elle essaie malgré tout de préciser son propos : « Mais quand on lit sur le site… ». Mais Eyal Sivan la coupe à nouveau violemment en hurlant : « Je ne vous laisserai pas parler tant que vous ne vous excusez pas. Je ne me laisse pas insulter, y compris parmi les Juifs. Vous allez retirer ce que vous avez dit. Madame, je ne vous traite pas de pute, vous n’allez pas me traiter d’antisémite ! Vous voulez que je m’excuse, vous vous excusez. Je ne laisse plus jamais personne traiter le mouvement BDS d’antisémite. C’est la propagande israélienne. Un sioniste n’a pas le droit de parler d’antisémitisme. Point Madame. Je ne suis pas démocrate intégral ».

    C’est alors que le modérateur tente de le calmer : « Tu as mal pris ce que Madame a dit, moi aussi, mais je ne réagis pas comme ça. Voulez-vous bien terminer ce que vous avez à dire Madame ».

    Mais Eyal Sivan hausse davantage le ton : « Je ne la laisserai pas parler. C’est un principe, je ne la laisserai pas parler. Il y a des choses qui ne se disent pas. C’est mon honneur juif. Vous allez vous excuser où je ne vous laisserai pas parler. La banalisation de l’antisémitisme sur le territoire européen par les francophones, j’en ai ras-le-cul ». Il ponctue sa diatribe en s’adressant à une autre personne du public par un très élégant : « Je t’emmerde » !

    Dans sa demande de rectificatif, Michel Staszewski nous rappelle que la vérité a ses droits. Fort bien, Eyal Sivan a bel et bien eu recours au terme « pute ». Il n’est donc pas diffamant d’écrire qu’il a injurié cette femme, d’autant plus que dans son courrier, Michel Staszewski regrette « l’agressivité dont Eyal Sivan a fait oralement preuve à l’égard d’une dame opposée au BDS et aussi face aux arguments développés par Jean Vogel ». Si Michel Staszewski estime que ce documentariste israélien n’a pas insulté cette dame, pourquoi a-t-il alors tenté dans le feu de l’action de recadrer Eyal Sivan en disant qu’il « aimerait qu’on puisse aller au fond du débat sans injurier de préférence ».


     
     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par ezekiel - 13/06/2018 - 12:32

      C'est un scandale que le CCLJ donne la parole aux activités de ces S.. de cette organisation dont je préfère ne pas citer le nom.
      Toute personne prétendant aimer Israël doit faire un cordon sanitaire autour de cette organisation qui heureusement ne représente que ses quelques membres.
      Or si comme vous le dites maintes fois vous aimez Israël alors abstenez vous d'écrire ce nom maudit

    • Par philou - 13/06/2018 - 12:56

      Bel exemple de tolérance et de liberté de parole. C'était Eyal Sivan que le modérateur aurait dû faire taire. Après tout, on a les amis que l'on mérite !

    • Par BOAZ - 13/06/2018 - 15:22

      Quel est le vrai visage des juifs autoproclamés "progressistes" ( UJPB, UJFP, JVP) ?

      Celle d'un Michel Stazewski qui réalise le dégât subi par la "cause" ou celle d'un Eyal Sivan qui perd ses nerfs et se met à glapir en face de toute contradiction ?

      Entre les deux, il y a la douceur cauteleuse du cousin germain de Sivan, c'est à dire Rony Brauman...

      Le moraliste français du XVIIIème siècle Chamfort avait l'habitude de dire "il y a plus vil que le bourreau, c'est son valet".

    • Par Raymonde - 13/06/2018 - 16:46

      Boaz
      Ce proverbe à du être écrit pour vous :
      La culture C est comme la confiture moins on en a plus on l étalé
      Raymonde

    • Par Michel Steinhoff - 13/06/2018 - 16:49

      Pas du tout. Boaz a entièrement raison

    • Par Yoram - 14/06/2018 - 11:06

      Dommage que votre article, Nicolas, mette tant de constance dans la malhonnêteté. Quel besoin d'égarer le lecteur aussi pesamment, de tout fausser à chaque pas ? Ne pouviez-vous marquer votre désaccord sans cela ? Que vous aurait coûté un poil d'honnêteté pour le coup ?

      Voilà qui rend étrange votre promotion, dans ce même article, de la modération feutrée. Une promotion par quelqu'un qui soutient par ailleurs un projet aussi dévastateur que le sionisme.

    • Par Yoram - 14/06/2018 - 11:33

      Boaz, je n'ai pas assez connu Chamfort pour savoir s'il avait l'habitude de dire "il y a plus vil que le bourreau, c'est son valet". Je ne sais même s'il l'a écrit. Mais sans être porté à peser ni comparer la vileté des uns et des autres, je vous laisserais bien vous l'appliquer à vous-même, cette phrase à laquelle vous semblez tenir.

    • Par MAROY - 14/06/2018 - 16:23

      Cher Yoram Ghys

      Nous comprenons parfaitement que le glapissement hystérique de ce grand humaniste "modéré" qu'est Eyal Sivan, soit fort gênant pour les adeptes de la palestinôlatrie BDSiste dans toute son expression et que l'image qu'il donne à voir n'est pas le meilleur exemple pour la promotion et la defense de cet engagement.

      Mais fallait-il mettre cet incident sous le tapis et ne pas en parler ?
      Pourquoi affubler l'auteur de l'article de " constance dans la malhonnêteté"? Qui est malhonnête ?

      PS: on a été étonné de ne pas avoir vu votre nom dans la liste des 100 "personnalités" qui exigent une procédure équitable pour Tariq Ramadan.
      Vous auriez été en parfaite compagnie avec Nordine Saïdi, Yacob Mahy et consorts

    • Par Yoram - 18/06/2018 - 15:40

      Maroy, vous écrivez à l'envers de moi (yoraM) et d'une réflexion si pauvre, avec cette empressement à me fourrer dans l'une de vos petites cases mentales. C'est dommage pour vous et puis c'est dommage pour moi : je trouverais plus drôle d'avoir un interlocuteur plus réellement mordant si besoin mais ne filant pas dare-dare dans ces voies de garage usées par tant de ses compères.

    • Par Stéphane Lemsky - 18/06/2018 - 15:50

      Non Yoram, vous me décevez. "Dare-dare", c'est tellement commun. Un lettré comme vous peut mieux faire.
      "Dare-dare", c'est du même tonneau que ma concierge qui dit "figure-toi".
      Stéphane

    • Par Yoram - 18/06/2018 - 16:26

      Stéphane, figure-toi que je sens que je m'entendrais bien avec votre concierge. Et qui sait si elle n'est pas plus lettrée que moi.