Antisémitisme

Le CCOJB, le Forum et le Consistoire auront une discussion franche avec Unia

Lundi 6 mars 2017

Les dirigeants d'Unia rencontreront ce mercredi 8 mars les responsables du CCOJB et du Forum der Joodse Organisaties, ainsi que du consistoire central israélite. Le traitement problématique de l’antisémitisme par un juriste d’Unia et la réactivation de la cellule fédérale de veille de l'antisémitisme seront  abordés lors de la discussion « franche ».

 

Unia, l’ancien Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme est au centre d'une polémique depuis une dizaine de jours. Parmi les motifs des critiques, figurent les commentaires d'un juriste de l'institution à propos d'un jugement condamnant l'auteur de propos considérés comme antisémites lors d'une manifestation pro-palestinienne à Anvers. Dans un courriel à usage interne, il juge cette condamnation "hautement problématique". A ses yeux, la loi sur le racisme n'a pas été appliquée correctement. Et de conclure: "charabia contre jurisprudence".

Ce document publié dans le magazine Joods Actueel a troublé une partie de la communauté juive. Les responsables d'Unia ont pris toutefois la défense de leur collaborateur en rappelant le contexte de l'affaire. C'est le centre lui-même qui a introduit une déclaration de personne lésée devant la justice, comme la loi l'y autorise. Une fois en possession des éléments du dossier, le juriste a estimé que ceux-ci ne justifiaient pas une constitution de partie civile. Selon M. Charlier, il n'était pas question d'un appel au meurtre ou à l'égorgement comme cela a été dit.

"Cela a créé un émoi particulier dans la communauté, et à raison. Nous considérons qu'Unia n'est pas une agence d'évaluation juridique stricte. Elle a des missions et des valeurs, et il faut qu'elle les défende. Le ton qui est utilisé ne correspond pas à ces valeurs", a expliqué le président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), Yohan Benizri.

Le CCOJB participera à la réunion de mercredi en compagnie de son équivalent flamand, le Forum der Joodse Organisaties, et du Consistoire, organe de représentation du culte juif. Les différentes parties auront une "explication franche" sur ce point, selon M. Charlier interrogé par l'Agence Belga.

Un autre dossier sera évoqué, qui devrait réunir le consensus: la remise en marche de la cellule de veille de antisémitisme qui existait sous les gouvernements précédents et était placée sous l'autorité des ministres de la Justice et de l'Intérieur. Unia et les organisations juives ont formulé cette demande il y a déjà plusieurs mois, sans avoir été entendus. "Je le regrette et les organisations juives aussi", a commenté M. Charlier. Cette cellule créée en 2004 avait été renforcée en 2012 par la présence de représentants judiciaires et policiers.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Etienne - 6/03/2017 - 18:56

    La discussion récente sur la prise de position de l'unia ou celle de son juriste à propos de la condamnation par un tribunal d'un manifestant ayant appelé à tuer les juifs est préoccupante.
    Chacun conviendra qu'un juge est dans son rôle quand il condamne un homme convaincu d'appel au meurtre. On peut discuter de l'ampleur de la peine associée, la juger trop douce ou trop sévère mais non pas contester que le tribunal condamne le délit.
    Le côté surprenant de l'affaire est que le juriste de l'unia suivant l'affaire où elle était partie civile selon le FJO, considère que le fait de même de la condamnation est, ici, est "hautement problématique eu égard à la juridiction constante de la cour constitutionnelle et de la nécessité d'une implication spécifique à pousser à la haine et à la violence" (extrait de la lettre du juriste). Le juriste suggère que le condamné aille en appel et termine sa lettre par un jeu de mots en affirmant que le jugement prononcé contre l'inculpé n'était une "rechtspraak mais une kromspraak", i.e. (+ ou -) "...n'était pas de la justice mais un coup tordu".
    Sans doute, comme le sous-entend le juriste de l'unia, étaient-ils des centaines à chanter le même slogan et, comme le juriste de l'unia toujours, on peut penser que l'individu particulier condamné n'avait pas, en dépit de ses cris, l'intention personnelle de pousser à tuer personne. Néanmoins il se fait que c'est lui qui s'est fait appréhender et a subi les conséquences de ses actes. On ne peut arrêter toute une manif!
    Cela étant, ne devrait-on pas, tout au contraire de ce juriste, se féliciter qu'un juge condamne un homme appelant, personnellement ou non, au meurtre des juifs? N'est-ce pas une bonne chose que la justice, au contraire d'un certain main stream soft présent chez bon nombre de représentants politiques, sociaux ou culturels, prenne les mots prononcés au sérieux et les condamnent, y compris quand leurs auteurs sont du "bon" côté à la mode dans le champ des conflits actuels? N'est-ce pas plutôt l'unia qui risque d'être "krom" dans le cas présent, c'est-à dire qui se contorsionne pour défendre des choix politiques en même temps que sauver sa virginité?

  • Par Esther - 6/03/2017 - 19:41

    Cela permettra à ses soi disant représentants légaux de notre communauté de se faire photographier avec les responsables d'unia et après ils prétendront avoir fait avancer le shmilblick alors que ce ne sera que blablater.

  • Par michael - 7/03/2017 - 11:46

    Esther,

    Vos propos injurieux sont scandaleux.

    Qui êtes vous pour prendre à partie nos dirigeants qui ne font que se sacrifier humainement et financièrement pour défendre la communauté mettant très souvent entre parenthèses leurs vies professionnelles et familiales ?

    Sans doute êtes vous jalouse de ne pouvoir arriver à la cheville de ces hommes et de ces femmes (trop peu nombreuses).

    Vos propos vous décrivent parfaitement votre personnage qui peut se résumer en un mot : médiocrité.

    Je ne vous salue pas car vous ne le méritez pas.