Procès de l'attentat du Musée juif de Belgique

Les avocats de Nemmouche jouent déjà sur la procédure

Jeudi 10 janvier 2019 par Belga et la rédaction

L'instruction d'audience devait débuter ce jeudi matin par la lecture de l'acte d'accusation, dans le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique, à la cour d'assises de Bruxelles mais Me Henri Laquay, l'un des avocats de Mehdi Nemmouche, a demandé devant la cour d'assises de Bruxelles que la constitution de partie civile de l'Association française des Victimes du Terrorisme (AFVT) soit déclarée irrecevable.

 

En cause, elle n'a pas un intérêt "personnel et direct" à agir, selon Me Laquay. Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer sont actuellement jugés par la cour d'assises de Bruxelles. Ils sont suspectés d'être auteurs ou co-auteurs de l'attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique à Bruxelles. Quatre personnes y avaient perdu la vie.

"L'Association française des Victimes du Terrorisme ne démontre pas un intérêt dire ct et personnel à agir comme le droit belge le requiert. C'est une association qui poursuit un intérêt général, celui d'apporter une aide aux victimes de terrorisme", a plaidé Me Laquay.

"Je rappelle qu'en Belgique l'intérêt général relève exclusivement du parquet. Ici, le parquet fédéral est là pour ça. Des associations privées ne peuvent poursuivre un intérêt qui est général", a insisté Me Laquay.

Ce dernier a rappelé que, lors du procès dit "de la rue du Dries", dans lequel étaient prévenus Salah Abdeslam et Sofien Ayari, le tribunal avait déclaré irrecevable la constitution de partie civile d'une association d'aide aux victimes du terrorisme.

L'audience a été suspendue vers 10h30. Les juges se penchent sur la demande de la défense de l'accusé de déclarer la constitution de partie civile de l'association française des victimes du terrorisme irrecevable. Les débats ne reprendront finalement qu'à 13h30, a-t-il été annoncé peu après midi.

Pour les familles des victimes dont ce procès qui doit leur rendre justice, ce type d’incident ne fait que rendre plus douloureuse l’épreuve qu’elles traversent. "C'est extrêmement douloureux pour ma cliente d'être confrontée" à Mehdi Nemmouche, a commenté jeudi aux portes de la cour d'assises de Bruxelles Me Christian Dalne, qui représente la mère du jeune Alexandre Strens, tué dans l'attaque du Musée juif de Belgique en 2014. La cour doit débuter jeudi la lecture de l'acte d'accusation. "Quand la maman d'Alexandre Stens voit le visage de Mehdi Nemmouche, même à la télévision, elle est prise d'angoisse", a déclaré l'avocat.

"Etre confronté à celui qui semble être l'auteur de cet attentat, et de l'assassinat de son fils, c'est extrêmement douloureux pour elle. Émotionnellement, c'est extrêmement chargé".

La demande de l'avocat de Mehdi Nemmouche de déclarer irrecevable la constitution de partie civile de l'Association française des Victimes de Terrorisme (AFVT) est "prématurée à ce stade de la procédure", a finalement décidé la cour jeudi en début d'après-midi.

Le procureur fédéral Bernard Michel a entamé jeudi peu après 14h00 la lecture de l'acte d'accusation, dans le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique, devant la cour d'assises de Bruxelles. La lecture se déroulera tout l'après-midi jeudi, et se poursuivra vendredi.

L'acte d'accusation, long de 184 pages, retrace toute l'enquête, des premières constatations sur le lieu des faits à l'enquête de personnalité des accusés. Il reprend notamment les analyses de caméras de vidéo-surveillance, les déclarations de témoins directs des faits, les circonstances de l'arrestation des accusés, leurs antécédents judiciaires ou encore les expertises psychiatriques de ceux-ci.


 
 

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