Procès de l'attentat du Musée juif de Belgique

Les armes retrouvées dans les sacs de Nemmouche sont les armes du crime

Vendredi 11 janvier 2019 par Belga et G.K.

 La lecture de l’acte d’accusation s’est poursuivie cette journée de vendredi, un peu moins de la moitié ayant été lue la veille, premier jour du procès de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer devant la Cour d'assises de Bruxelles. Elle a pu mettre en lumière des éléments importants, concernant notamment les armes utilisés dans l’attentat.

Me Christian Dalne, avocat de la mère d'Alexandre Strens, partie civile

L'analyse de l'ordinateur portable et d'autres appareils numériques trouvés sur Mehdi Nemmouche lors de son arrestation le 30 mai 2014 laisse apparaître de très nombreux éléments défavorables à l'accusé.

Sept vidéos de revendication de la tuerie ont été découvertes sur le portable. Sur celles-ci apparaissent les objets, méticuleusement posés, trouvés sur Mehdi Nemmouche lors de son arrestation : un drap blanc avec des inscriptions en langue arabe, des munitions, une kalachnikov, un revolver, une paire de lunettes, une casquette, une petite caméra et une veste bleue.

L'accusé a refusé un « prélèvement » en vue d'une comparaison entre sa voix et la voix off des vidéos. Une comparaison par un ingénieur a cependant mené à la conclusion qu'il existait une « identité de voix » entre celles-ci. Les journalistes otages en Syrie ont également reconnu la voix comme celle de l'un de leurs geôliers, qu'ils ont identifié comme étant l'accusé.

Dans l'une des vidéos, la voix présente le matériel comme étant celui utilisé pour l'attentat au Musée juif, promettant qu'il ne s'agit que du « début d'une longue série d'attaques » en vue de mettre Bruxelles « à feu et à sang ».

En outre, plusieurs éléments permettent d'identifier le lieu de tournage comme étant la chambre que Mehdi Nemmouche a occupé pendant près de deux mois à Molenbeek, en avril et mai 2014.

L'analyse de l'historique internet montre, quant à elle, la consultation de reportages consacrés à l'attaque, à Mohammed Merah, auquel Nemmouche semble vouer une admiration, ou encore aux attentats de Boston.

Des traces des vidéos de revendication ont également été retrouvées sur des cartes mémoire utilisées dans l'appareil photo et la caméra dont l'accusé était en possession au moment de son arrestation.

L'expert en balistique a quant à lui formellement attesté que les deux armes retrouvées en possession de Mehdi Nemmouche, lors de son arrestation à Marseille -un fusil mitrailleur « Crvena Zastava » de type kalachnikov et un revolver « Llama »- sont bien celles qui ont servi lors de l'attentat au Musée juif de Belgique.

L'expert a également déterminé qu'il y a eu au total treize tirs à l'intérieur du Musée juif. Deux tirs ont eu lieu dans le hall d'entrée, blessant mortellement Emanuel et Miriam Riva. Trois autres tirs ont ensuite eu lieu dans le bureau d'accueil avec le même revolver, dont un tir a blessé mortellement Alexandre Strens. Puis le tireur a changé d'arme et sept tirs ont eu lieu dans le bureau d'accueil, émanant d'un fusil mitrailleur, certains de ces tirs blessant mortellement Dominique Sabrier. Trois des quatre victimes sont décédés immédiatement, le jeune Alexandre Strens mourra de ses blessures aux soins intensifs le 6 juin 2014.

Le Marseillais Nacer Bendrer est soupçonné d'avoir fourni des armes à Mehdi Nemmouche pour commettre les faits. S'il dit ne pas cautionner le djihadisme, il est néanmoins fiché depuis 2010 comme musulman extrémiste en raison de ses liens avec des groupes radicaux.

Aujourd'hui âgé de 30 ans, Nacer Bendrer se serait comme Medhi Nemmouche radicalisé en prison, où il a fait de nombreux séjours depuis l'adolescence pour des faits de vol, de rébellion, d'outrages et d'infractions de roulage. C'est au centre de détention de Salon-de-Provence, dans le sud de la France, qu'il a fait la connaissance de Mehdi Nemmouche.

Après avoir été arrêté dans le cadre de l'enquête sur l'attentat au Musée juif de Belgique le 9 décembre 2014, Nacer Bendrer avait été remis en liberté, assigné à résidence à Marseille, sa ville natale.

En avril 2017, il a été condamné à un an de prison pour non-respect de son assignation et, en septembre dernier, il a écopé de 5 ans de prison pour une tentative d'extorsion avec violence et menaces.

Confronté durant l'enquête à son co-accusé, Mehdi Nemmouche a assuré qu’il n'avait rien à voir avec les faits, tout en se disant lui-même innocent. Une déclaration pour le moins paradoxale sur laquelle ne manquera pas de revenir l’accusation.

Selon l'enquête, Mehdi Nemmouche est bien l'auteur de l'attaque au Musée juif. Il est, selon l'accusation, l'homme visible sur les images de caméras de vidéo-surveillance dans et autour du musée lors de l'attaque, et qui ont fait l'objet d'un avis de recherche largement diffusé les jours suivant les faits.

Mehdi Nemmouche, lui, ne conteste pas être impliqué dans l'attentat, mais il nie être le tireur.

Plus de huit heures, réparties sur deux jours, auront été nécessaires pour parcourir les 184 pages de l'acte.

Le procès reprendra mardi matin avec la lecture de l'acte de défense par les avocats de Mehdi Nemmouche, avant l'interrogatoire des deux accusés.


 
 

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