Mobilisation

Une action silencieuse pour défendre les pavés de mémoire à Anvers

Lundi 9 mai 2016 par G. Kamps

Ce lundi 9 mai 2016 à 17h45, la ville d’Anvers rendra hommage aux citoyens juifs anversois déportés, lors de la commémoration organisée par le Forum der Joodse Organisaties. L’occasion pour l'Association pour la Mémoire de la Shoah (AMS) de réitérer sa demande de placement de pavés de mémoire. Une demande qui lui a jusqu’à présent été refusée.

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    Une action « symbolique, pacifique et silencieuse, en soutien à la liberté et à la diversité des modalités mémorielles qui devraient réunir les citoyens démocrates », c’est l’option qu’a choisie l’AMS, ce lundi 9 mai, face aux représentants de la communauté juive anversoise, dont le président du Forum, Raphael Werner, mais aussi les édiles communaux qui se retrouveront devant le Monument aux citoyens juifs anversois déportés, pour commémorer les victimes du nazisme. « Alors que 172 pavés de mémoire sont déjà posés à Bruxelles, Charleroi ou Liège, la ville dirigée par Bart De Wever est la seule ville belge qui refuse à ceux qui le souhaitent de commémorer le nom d'une victime du nazisme en plaçant un de ces pavés de devant le domicile que cette victime habitait durant la guerre. Dans le cas des Juifs anversois, il s'agit souvent du domicile où ils ont été arrêtés par la police communale avant d'être déportés, puis assassinés à Auschwitz », explique l’AMS dans un communiqué.

    Un refus que la Ville d’Anvers justifie par celui de la communauté juive anversoise à laquelle elle avait demandé son avis, comme nous le rappelions dans notre article « Anvers et les pavés interdits », publié en avril dernier (Regards n°838, pp.10-11).

    « La frilosité face à la reconnaissance de l'histoire tragique de la déportation des Juifs d'Antwerpen manifestée par le bourgmestre président de la N-VA et sa répugnance à condamner l'action génocidaire du corps de police dont il a aujourd'hui la responsabilité a trouvé un appui inattendu auprès d'une partie religieuse ultra-conservatrice de la communauté juive de sa ville », souligne l’AMS. Ce lundi à 17h45, au 22 de la Belgiëlei, les militants de l'AMS porteront chacun un des pavés de mémoire qui n’attend plus qu’à recevoir l’autorisation pour être placé, accompagné d’une pancarte indiquant l'identité de la victime du nazisme gravée sur le pavé.
    Depuis 2012, 22 stolpersteine été réalisées et sont en attente de pouvoir être posés à Anvers en hommage à des enfants d'Izieu originaires d'Anvers, mais aussi à Jan De Ridder, un policier anversois résistant déporté et assassiné après avoir sauvé des enfants juifs, ou encore à Mala Léa Susskind, la mère de David et de Tony Susskind, qui continue de se battre depuis Israël pour perpétuer sa mémoire.

    L’AMS invite tous les promoteurs des pavés de mémoire d’Anvers à la rejoindre ce lundi 9 mai à 17h30.

    Plus d’infos auprès de Bella Swiatlowski : 0476/91.80.36


     
     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par A. Blitz - 10/05/2016 - 15:41

      Navre, mais ne pas accepter la mise en place de stolpersteinen ne veut pas dire qu'on refuse de reconnaitre une responsabilite dans l'arrestation des Juifs a Anvers. Personnellement je trouve de mauvais gout que des etrangers viendraient a pietiner en rue des pierre avec les noms de ma famille.
      A propos, l'ancien maire de la ville d'Anvers (Patrick Janssens, 29/10/2007) avait deja presente les excuses de la ville concernant la collaboration de la police locale dans la deportation des Juifs.

    • Par Michel Lempel - 21/05/2016 - 15:32

      Le refus pour des raisons electorale de Patrick Janssens et Bart de Weverne sont pas des excusesLe mauvais gout dans les autre ville n'existe sans doute pasHonte à la ville d'Anvers et au Forum ( non élu )

    • Par arie - 24/05/2016 - 0:15

      Monsieur Lempel,

      Vous constaterez que ni à Bruxelles ni à Anvers nos représentants sont élus démocratiquement
      A Bruxelles il s'agit d'apparatchik coincés à vie dans leur fauteuil présidentiel de leur organisation qui s'élisent entre eux
      Ils n'ont pas - aucun d'entre eux - le courage d'ouvrir le vote aux membres de la communauté. La raison est simple : ils savent -tous- qu'ils recevraient un formidable coup de pied au C.

      Il est scandaleux que la communauté ne soit pas représentée par des gens légitimement élus.

      On devrait organiser une fronde communautaire en vue d'organiser un scrutin démocratique.

    • Par norbert - 6/08/2016 - 15:04

      Arié

      Madame Judith propose que son fils âgé de 17 ans et fréquentant la meilleure école juive de Bruxelles devienne président de la communauté.

      Son argument pour faire de lui un candidat : son père est juriste et sa mère cadre dans une société de communication.

      Le devenir des juifs bruxellois est donc assuré.

      Seul handicap pour ce candidat : son âge. Personnellement je pense qu'il soit légèrement trop âgé.