Vie juive

La plus ancienne maison de Barcelone est devenue un centre culturel juif

Mercredi 17 juillet 2019 par Alan Grabinsky – The Times of Israël

Avec des centaines de visiteurs par mois, la Casa Adret agit comme un aimant pour l'identité juive contemporaine dans une ville en quête difficile de son patrimoine juif

Barcelone

BARCELONE, Espagne (JTA) — Dissimulée aux regards dans une rue étroite du quartier El Call de la ville, un ancien ghetto juif qui accueille dorénavant des boutiques et des restaurants chics, se trouve la plus ancienne maison résidentielle à Barcelone – un bâtiment en pierre blanche somme toute assez quelconque mais rempli d’histoire.

Cette maison, à l’origine, était la propriété d’Astruch Adret, homme d’affaires juif qui avait été contraint à vendre son bien et à se convertir au catholicisme en 1391, lorsque les Juifs ont été sauvagement assassinés après avoir été accusés d’être à l’origine de l’épidémie de peste noire.

Au fil des années, l’endroit est devenu un dépôt mortuaire, une « Maison de la musique » et a même accueilli une maison close au cours du 20e siècle.

Aujourd’hui, elle porte le nom de Casa Adret et héberge un centre culturel juif de quatre étages qui attire des centaines de visiteurs par mois. Elle sert également de quartier-général à Mozaika, un magazine distingué qui tente de faire revivre la culture juive à Barcelone.

La Casa Adret est devenue point d’attraction et catalyseur pour l’identité juive dans une ville qui affronte des obstacles dans ses tentatives de redécouvrir son patrimoine juif.

Les journaux font régulièrement état de l’apparition de croix gammées sur les murs de la ville et une librairie néonazie était encore active il y a peu.

Suite aux attaques jihadistes dans la région de Catalogne en 2017, le grand rabbin de la communauté avait encouragé les Juifs locaux à investir dans l’immobilier en Israël, disant que la vie communautaire en Catalogne était « vouée à l’échec ».

Les fondateurs de Mozaika, tous bientôt quadragénaires, doivent relever un autre défi : Si une grande partie de la vie communautaire organisée à Barcelone se concentre sur les orthodoxes, eux veulent toucher des groupements plus divers. Et les non-Juifs, aussi.

« Quand nous avons lancé ce projet dans son ensemble, nous avons voulu nous éloigner du point de vue centré sur lui-même de la presse communautaire et nous adresser à un public plus large, non-Juif. Personne n’avait fait ça jusqu’à présent », explique Victor Sorensen, spécialiste des sciences politiques et l’un des cinq membres fondateurs de Mozaika.

Sorensen, né en 1982 au Venezuela d’un père norvégien et d’une mère mexicaine, s’est installé à Barcelone quand il était âgé de quatre ans. Il a fréquenté une école juive minuscule qui comptait environ 10 élèves par classe avant d’entrer dans un lycée public.

A son arrivée dans cet établissement d’enseignement non-Juif, il a vécu un véritable choc des cultures.

« La majorité de mes camarades n’avaient jamais rencontré un Juif de leur vie et ne savaient pas ce que signifiait être Juif au-delà des stéréotypes catholiques très anciens », dit Sorensen.

Suite à un voyage en Israël au début des années 2000, Sorensen est devenu membre actif à Atid, une petite communauté fondée dans les années 1970 par des Juifs argentins.

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