Hommage

Tuco-le-Juif a fini de creuser.

Vendredi 27 juin 2014 par O.W.

Ce n’est qu’à sa mort, le 24 de ce mois, qu’on a appris le judaïsme d’Eli Wallach. Non que cela ait beaucoup d’importance mais assez absurdement- d’autant qu’il n’est plus là-, cela fait plaisir.

Toi, tu creuses.

A force de le voir jouer les mafieux ou les truands dans les westerns spaghettis, on lui aurait donné la pasta sans confession, à Eli Wallach. Avec une tête pareille, il ne pouvait qu’être italien, per bacco. Ou alors mexicain, comme son personnage fétiche, Tuco.  Mauvaise pioche.

Eli Herschel Wallach, qui vient de nous quitter à l’âge de 98 ans était un gentil petit garçon juif de Brooklyn, né de parents polonais, venus, comme tout le monde, faire fortune dans la « golden Médine », le « pays doré ».

On n’est pas très porté, en général, sur les listes de « Bekende Jooden » comme diraient nos amis flamands, genre Prix Nobels ou artistes de renom mais il y a des découvertes qui, de façon assez absurde, font chaud au cœur.

Comme apprendre que le type à qui Clint Eastwood explique : « Le monde se divise en deux, mon ami : ceux qui ont un revolver chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses » était juif, hé bien, ça fait plaisir. On aime bien les loosers, nous.

Et, dans le génial western* de Sergio Leone, Tuco, son personnage de Truand n’avait aucune chance face aux redoutables Clint Eastwood (le Bon) et Lee Van Cleef (la Brute). Bavard et maladroit, dangereux mais un peu niais, il ne pouvait que finir la pelle à la main…

D’ailleurs, criminel plus ou moins doué, Wallach l’a été tout au long de sa vie d’acteur: il a incarné  Calvéra, le chef des bandits dans les « Sept Mercenaires »**, un chef mafieux dans « Le cerveau » de Gérard Oury, (1968)  le traître Don Altobello dans « Le parrain III »***… 

Mais on ne saurait limiter ses soixante ans de carrière à cela. Cet ancien de la très réputée école d’art dramatique, l’Actors Studio,  a commencé comme acteur de théâtre avec un talent qui lui a valu un « Tony Award » en 1951.

Au cinéma, le séducteur dans « Baby Doll » d’Elia Kazan (1956), c’est lui. Tout comme dans « Les désaxés » de John Huston (1961), le dernier film de Clark Gable et de Marilyn Monroe.   

Et il n’a pas arrêté de tourner après sa période western –spaghetti, tant au cinéma que pour la télévision. En 2010 encore, -à 94 ans !- il était à l’affiche de « Wall Street II » avec Michaël Douglas et dans « The Ghost writer » avec l’ancien James Bond, Pierce Brosnan.

Une longévité qui lui vaudra un « Oscar d’honneur »  pour l'ensemble de sa carrière en 2011.  Il est aussi resté marié à l’actrice Anne Jackson durant… 66 ans (depuis le 5 mars 1948). Quand on vous disait que c’était un gentil garçon…

* « Le bon, la brute et le truand »  de Sergio Léone  (1968)

** « Les sept mercenaires »  de John Sturges (1960)

*** « Le Parrain III » de Francis Ford Coppola (1990) 


 
 

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  • Par philou - 27/06/2014 - 19:00

    Vous voyez OW quand vous voulez ! Moi je propose que vous n'écriviez plus que des articles sur le cinéma :-)

  • Par owesoly - 30/06/2014 - 18:37

    <p>
    Pas mal, Philou, pas mal du tout :)</p>

  • Par Nelmar - 11/08/2017 - 15:31

    Avec un nom pareil , comment feindre d'ignorer que Tuco était juif. Ce qui au demeurant n'interfère en rien en quoi que ce soit, dans l'appréciation de son talent et de sa personnalité. Donc pour moi Chapeau l'ARTISTE !