Voyage éducatif

Taglit, à la (re)découverte d'Israël

Lundi 3 avril 2017 par Géraldine Kamps

Offrir aux Juifs de 18 à 26 ans un voyage de dix jours en Israël, c’est l’idée de Taglit (« découverte » en hébreu), un projet international qui vient d’être lancé officiellement en Belgique. Il rassemblera 42 jeunes Belges du 10 au 20 juillet 2017, grâce à vous.

 

« Un voyage inoubliable qui nous a permis de tisser de vraies amitiés », « des rencontres et des découvertes bouleversantes », « un voyage très enrichissant dont je n’attendais pas autant »… les qualificatifs utilisés par Sarah, Salomé et Johanna ne manquent pas pour décrire ce voyage auquel elles ont participé en 2015. Cette année-là, ils étaient une vingtaine à bénéficier du programme Taglit. « Ils ont dû rejoindre Taglit France », explique Raphaël Lahaye, madrih (moniteur) du groupe, parvenu à réunir ces jeunes en à peine un mois. « Cette mobilisation rapide a permis à Taglit de se rendre compte du potentiel de la Belgique et les a incités à créer une antenne belge… ».

Né en 2000 sous le nom « Birthright », à l’initiative d’un fonds américain, le programme Taglit existe aujourd’hui dans 67 pays et a déjà permis à quelque 500.000 jeunes d’en profiter. « Il s’agit d’un voyage éducatif ouvert à tout jeune de 18 à 26 ans qui possède au moins un grand-parent juif et qui n’est plus allé en Israël dans le cadre d’un voyage éducatif depuis ses 18 ans », souligne Dan Weinblum, coordinateur pour l’Europe francophone. « Ce n’est en aucun cas un projet d’alya, mais un voyage qui vise au renforcement voire à la découverte de son identité juive. Notre but est de se confronter au challenge des Juifs de la Diaspora et de créer les acteurs de demain au sein des communautés locales ».

Grâce à une structure de financement qui prévoit qu’un tiers des frais soit couvert par le fonds américain d’origine, un autre tiers par Israël, et le troisième tiers par la communauté du pays concerné (par les dons de ses membres), la totalité du voyage est prise en charge. Depuis février, les inscriptions sont ouvertes pour l’été 2017. La moitié du groupe est déjà formée sur les 42 jeunes Belges attendus du 10 au 20 juillet. C’est une nouvelle fois Raphaël Lahaye qui les encadrera. « J’ai un profil qui illustre un peu le genre de personnes qui peuvent être intéressées par ce programme », affirme-t-il. Issu d’un couple mixte, ayant vécu à l’étranger pendant son enfance, Raphaël Lahaye, 29 ans, ne s’est intéressé à son histoire familiale et à sa communauté qu’assez tard. « En 2012, j’ai participé à quelques manifestations en faveur d’Israël, et c’est comme cela que mon investissement communautaire a vraiment démarré. J’avais dépassé l’âge pour bénéficier de Taglit, je me suis donc proposé comme madrih ! En encadrant aujourd’hui ces voyages, je participe au cadeau qui est fait à ces jeunes et je le prends comme un honneur », confie-t-il.

Aux jeunes déjà scolarisés dans une école juive ou fréquentant un mouvement, et qui ne verraient pas l’intérêt du programme, il répond que c’est l’ensemble du groupe, avec des jeunes de tous horizons, qui constitue toute sa richesse. « C’est bien plus intéressant pour les Juifs qui seraient éloignés de la communauté et du judaïsme de rencontrer des jeunes qui en font déjà partie, pour parvenir à créer des liens, et qui sait, s’en rapprocher », fait-il valoir.

« Est juif celui qui a des petits-enfants juifs »

Apolitique, respectant les convictions de chacun (avec une nourriture casher), le programme mêle avec intelligence loisirs, enseignement et découverte : visite du Nord (le Golan, Safed), Jérusalem et la vieille ville (soirée de shabbat, Musée d’Israël, Yad Vashem), Tel-Aviv (plage et détente, Musée de l’Indépendance), le Sud-Ouest avec ses grottes et ses sites historiques, ainsi que la Mer Morte (balade en chameaux, nuit avec les Bédouins, avant le lever du soleil à Massada). Avec des moments forts comme la descente du Jourdain en rafting pour souder le groupe et la visite au Kotel, le voyage est accompagné tout au long par un guide francophone et un garde secouriste.

Difficile de comprendre Israël sans échanger avec de jeunes Israéliens. Raison pour laquelle Taglit a également choisi d’intégrer de jeunes soldats en mission d’échanges. « Pendant la moitié du séjour, ils se joignent à nous comme simples participants, en tenue civile et sans arme », explique Raphaël Lahaye. « Les rencontres entre les jeunes Belges et les Israéliens sont souvent très intéressantes, elles permettent de partager les différences de quotidien et de maturité ». 

Par la proximité et l’intensité de ce voyage de dix jours, « on repart avec des amis de dix ans », sourit Raphaël Lahaye qui souligne l’importance de faire prendre conscience aux jeunes Juifs de diaspora du patrimoine et de l’héritage que constitue Israël, au-delà des débats politiques. « Quelle que soit votre sensibilité, votre implication dans la communauté, Taglit est une incroyable façon de redécouvrir Israël ! »

« C’était magique de pouvoir être avec ceux qui voyaient le Mur des Lamentations pour la première fois », se souvient Sarah. « Ce voyage nous a permis de réaffirmer notre identité juive, de pouvoir être nous-mêmes en vivant le moment présent », apprécie Johanna. Salomé confie en être revenue « plus juive que jamais » : « Certains ne connaissaient rien au judaïsme. Nous avons eu l’occasion de débattre quant à notre manière de vivre et de concevoir notre identité en dehors d’Israël, c’était passionnant ».

Du côté des Amis de Taglit Belgique, on évoque la contribution de Taglit au désir de transmission de tout parent ou grand-parent, en reprenant les mots de Shimon Peres : « Est juif celui qui a des petits-enfants juifs ». « C’est à eux que vous devez proposer ce voyage », insiste Dan Weinblum, « ou en faisant connaitre le projet autour de vous, pour apporter votre pierre à l’édifice ». En 2016, ils étaient 45.000 jeunes à bénéficier du programme. Les Amis belges espèrent récolter la somme de 30.000€ pour pouvoir faire partir un groupe de 42 jeunes, soit 700€ par jeune. A la présentation du projet en Belgique, S.E.M. l’ambassadeur d’Israël en Belgique, Simona Frankel, a elle aussi lancé un appel à la communauté : « Ce n’est pas la même chose de partir en Israël à 15 ans ou à 20 ans, un âge où vous êtes libre de voyager, de décider, de vous inspirer de ce que vous voyez » a-t-elle affirmé. « Taglit, c’est la nouvelle génération du peuple juif ! ».

Pour tout don et infos : www.taglit.fr - Inscriptions : lahaye.raphael@gmail.com ou 0476/04.72.72

 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par ALIZEE - 3/04/2017 - 16:49

    Encore mendier, toujours mendier

    Quand je pars en voyage je ne demande à personne de me le payer et si je n'ai pas les moyens, je ne pars pas.

    Il s'agit ici de la première éducation à donner à nos enfants avant de les faire profiter d'un voyage payés par d'autres.

    Quelle triste mentalité

    Alizée

  • Par nicolas - 3/04/2017 - 17:05

    Une des premières choses que la tradition juive nous enseigne est la Tsedaka. Dans le monde moderne, cela s'appelle la solidarité. Chacun selon ses moyens peut aider son prochain. Et en la matière, notre communauté a toujours mis un point d'honneur à faire en sorte que les enfants qui n'ont pas les moyens d'aller en Israël puissent bénéficier du soutien de généreux donateurs.
    Si vous êtes un triste radin ou un affreux égoïste, ayez au moins la décence de ne pas critiquer ce qui vous fait cruellement défaut.
    Nicolas Zomersztajn, rédacteur en chef de Regards

  • Par ALIZEE - 3/04/2017 - 20:28

    Monsieur le Rédacteur en Chef,

    Votre statut de rédacteur en chef ne vous autorise pas, me semble-t-il, à me traîter d'affreux égoïste ou de triste radin.

    Tout d'abord, un rédacteur en chef digne de ce nom devrait au minimum savoir que mon prénom est de sexe féminin ce que vous ignorez.

    D'autre part, je ne souhaite pas dialoguer avec quelqu'un qui manque autant de respect envers ses lecteurs et à mon égard en particulier.

    Je mets donc fin ici à ce triste dialogue. J'ai aussi envisager de supprimer mes dons réguliers aux deux institutions juives qui en sont les bénéficiaires tellement vos propos à mon égard sont choquants. Je ne le ferai évidemment pas parce que les bénéficiaires (des personnes âgées d'Anvers et de Bruxelles) ne doivent pas souffrir de votre méchanceté à mon égard (voyez votre dernière phrase).

    Alizée