Judaïsme

Regards n°777 et le chiffre 7

Mardi 7 mai 2013 par Nicolas Zomersztajn
Publié dans Regards n°777

Regards a publié en ce mois de mai 2013 son 777e numéro. Cette triple consécration du chiffre 7 intervient alors que les Juifs célèbrent Shavouot (fête des semaines), une fête pour laquelle le chiffre 7 revêt une signification particulière. Une occasion de savoir pourquoi le judaïsme accorde au 7 autant d’importance.

 

 La fête de Shavouot célèbre l’accomplissement du processus de création du peuple juif ayant accepté la Torah sur le Mont Sinaï. Shavouot signifie « semaines ». Comment expliquer cette curiosité ? La célébration de cette fête marque l’achèvement de la période des sept semaines séparant Pessah de Shavouot, période (intitulée le Omer) pendant laquelle les Juifs décomptent chacun des 49 jours. Le chiffre 7 représente précisément l’intégralité et l’achèvement. Et le monde a été créé en sept jours.

« Le temps juif s’ordonne en premier lieu autour de la valeur accordée au chiffre 7 », précise Sylvie-Anne Goldberg, directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS, Paris) et spécialiste du temps dans le judaïsme. « Il régit tant le rythme de l’hebdomade qui gravite autour du shabbat que les cycles de “semaines d’années” qui scandent les jachères (tous les sept ans) et les jubilés (tous les 49 ans) et inscrivent la durée humaine dans le rythme de la création du monde : (“Et au septième jour, il se reposa”). Cet ordonnancement consacre un jour par semaine, le septième (Shabbat), à un temps échappé au temps, puisque entièrement voué au divin. Nommée par son cours, la semaine juive est appelée “shavoua” (sept) indiquant ainsi la séquence numérique qui va d’un septième jour vers le suivant ».

Le 7 est le chiffre du cycle. Le Shabbat se tient le septième jour de la semaine; il y a sept semaines dans le décompte du Omer; les terres sont laissées en jachère tous les sept ans pendant la Chemita, l’année sabbatique; le jubilé intervient tous les 49 ans après sept cycles de Chemita : les terres sont restituées, les dettes annulées et les esclaves libérés; etc. « Et le cycle est essentiel dans le judaïsme parce qu’il marque le refus d’un temps linéaire », explique le rabbin David Meyer. « Cela signifie que les individus sont dotés d’une force créatrice qui leur permet de s’extraire de cette linéarité temporelle où les jours passent les uns après les autres. Le premier cycle, celui du Shabbat, illustre cette capacité d’extraction qui permet aux Juifs de considérer ce jour comme différent et particulier. De la même manière, avec l’année sabbatique et le jubilé, on s’extrait de ce qui apparaît comme la réalité naturelle implacable. On remet donc fondamentalement en cause ce qui semble être acquis en s’extrayant de cette réalité naturelle ».

7e ciel

On est tenté de croire qu’en entamant un nouveau cycle, on remet les compteurs à zéro pour tout recommencer de manière répétitive. « Dans le judaïsme, cela ne fonctionne pas de cette manière », insiste David Meyer. « Nous pourrions avoir le sentiment que la vie nous entraîne dans une linéarité qui devient par la force des choses répétitive. Quand, par exemple, une revue comme Regards publie son 777e numéro, il se peut que sa rédaction s’installe confortablement en prenant certaines habitudes. Or, l’achèvement d’un cycle, et le commencement d’un autre, doit alors susciter la créativité et marquer un nouveau départ pour se lancer dans de nouveaux projets afin de garantir la pérennité de cette revue ».

Chiffre du cycle, le 7 possède donc une dimension spirituelle fondamentale dans le judaïsme. Ainsi, le premier verset de la Genèse contient sept mots; Dieu a créé sept niveaux de ciel, ce qui explique l’expression « atteindre le 7e ciel »; sept lois noachiques constituent des impératifs moraux pour l’ensemble de l’humanité…

Le judaïsme n’est pas le seul à accorder une signification particulière au chiffre 7. Sans verser dans l’ésotérisme, on peut relever que le monde est divisé en sept continents et que les bateaux peuvent naviguer dans sept mers. L’arc-en-ciel possède sept couleurs, l’échelle musicale compte sept notes et on tournera enfin sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler.

Si les plus superstitieux ont également jeté leur dévolu sur le chiffre 7 qui est souvent choisi dans les jeux de hasard, on observera curieusement que lorsqu’un miroir se brise, on annonce sept ans de malheur !


 
 

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  • Par de gussem - 21/05/2013 - 19:12

    j'ai bien apprécié ces explications merci

  • Par le gall - 15/05/2015 - 15:01

    est-ce pour cela que Christine Lagarde a fait tout un laïus sur le 7 ? et que beaucoup d'économistes , dont Touati, assure d'une implosion de la bourse en sept/oct 2015, comme cela arrive tous les 7 ans.
    Le principal phénomène paranormal auquel j'ai assisté était constitué de 7 points lumineux qui formaient une forme géométrique...