Judaïsme

Pessah, fête de la liberté

Mardi 16 avril 2019 par Nicolas Zomersztajn

Commémorant la fin de l’esclavage et la liberté retrouvée, Pessah est non seulement une des fêtes le plus célébrées au sein du peuple juif, mais aussi une des plus riches d’enseignements humanistes.

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    Egalement appelée « Zman Heroutenou » (le temps de notre liberté), Pessah célèbre la fin de l’esclavage en Egypte. « Nous étions les esclaves de Pharaon en Egypte », chantons-nous après avoir découvert la matza au début du Seder de Pessah. Et de terminer ce chant par ces paroles : « Fussions-nous tous des sages, des sujets intelligents et expérimentés, tous instruits de la Torah, ce serait encore pour nous un devoir de nous entretenir de la sortie d’Egypte. Et plus nous le ferons, plus nous mériterons d’être loués ». Ce n’est donc pas un hasard si le souvenir de l’esclavage en Egypte se retrouve à plusieurs reprises dans le récit biblique. « Tu aimeras l’étranger comme toi-même, car tu as été étranger en terre d’Egypte », pouvons-nous lire dans le livre du Lévitique.

    Pourquoi ce rappel sinon pour obliger les Juifs à ne pas faire subir à d’autres ce que leurs ancêtres ont vécu en esclavage et les inciter à faire respecter la dignité humaine. Cet enseignement n’est pas seulement d’ordre religieux. Il s’inscrit aussi dans une expérience historique longue de plusieurs siècles pendant lesquels les Juifs ont été considérés comme des étrangers ne jouissant pas des mêmes droits que leurs contemporains.

    Réflexion sur la liberté

    La lecture de la Haggada permet aux Juifs du monde entier de mener une réflexion sur la liberté en songeant à ceux qui en sont privés. C’est ainsi que depuis l’entrée des Juifs dans la modernité, les tenants d’une identité juive laïque et humaniste ont souvent ajouté à la Haggada de Pessah des suppléments prenant en considération des problématiques liées à l’actualité. Ces Haggadot complétées ne cherchent pas à modifier le récit de Pessah. Elles visent surtout à le valoriser en plaçant la dimension humaniste au cœur de l’identité juive. Lorsque la Haggada souligne que nous étions les esclaves de Pharaon en terre d’Egypte, on peut aujourd’hui y voir un précepte éthique qui oblige les Juifs à ne pas succomber aux sirènes populistes désignant les migrants comme la source de tous les maux que connaît l’Europe aujourd’hui.

    Et puisque les débats sur l’immigration sont vifs, pourquoi ne pas ajouter à la lecture de la Haggada de Pessah certains passages d’Une nation d’immigrants, cet essai rédigé par John F. Kennedy en 1958, alors qu’il n’était que sénateur du Massachusetts. C’est à l’initiative d’une organisation juive américaine de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, l’Anti-Diffamation League, que John F. Kennedy a publié ce livre. Alarmée par la montée d’un discours xénophobe anti-immigrés au milieu des années 1950, l’Anti-Diffamation League a invité le sénateur Kennedy à publier un essai afin de souligner à quel point l’immigration fut une des pierres angulaires de la grandeur et de la puissance des Etats-Unis. De la même manière que la Haggada de Pessah nous rappelle que nous étions des esclaves en terre d’Egypte, Une nation d’immigrants doit se lire comme un rappel de l’histoire juive : souvenons-nous de la misère et des persécutions qui ont contraint les Juifs à fuir l’Europe orientale. Le souvenir de cette misère nous oblige à faire preuve d’empathie envers ceux qui recherchent ailleurs une vie meilleure.

    Hag Sameah, bonne fête de Pessah.

    Si vous souhaitez participer à un Seder chaleureux et convivial, venez le célébrer au CCLJ ce samedi 20 avril 2019 à 19h.

    Infos et réservations  02/543.01.01 ou [email protected]


     
     

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