Au CCLJ

La parole aux Bnei-Mitzva

Jeudi 1 juin 2017 par Delphine Szwarcburt
Publié dans Regards n°863 (1003)

Cette année, le CCLJ a eu la joie d’accueillir 30 nouveaux Bnei-Mitzva ! Ils feront officiellement leur entrée dans la communauté et célébreront symboliquement le passage de l’enfance à l’âge adulte ce 24 juin. Elsa, Lilly et Ilya* partagent un peu de ce qu’ils ont appris au cours de cette année si spéciale.

 
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    Bonjour à vous trois, pouvez-vous brièvement vous présenter ?

    Lilly Je m’appelle Lily Kowalski, j’ai 12 ans. Je viens d’une famille juive qui adore les traditions, mais ne pratique pas la religion. Je baigne dans une ambiance juive toute la journée puisque je suis en 1ère secondaire à Ganenou, après avoir passé dix ans à l’école Beth-Aviv. J’avais très envie de célébrer ma bat-mitzva, mais pas juste en faisant une grande fête comme tout le monde. Etudier dans un cadre juif et laïque était très important pour moi. Devenir Bat-Mitzva pour moi, c’est affirmer publiquement, lors de la cérémonie, que je fais partie de la communauté juive.

    Elsa Je m’appelle Elsa Goldstein, j’ai 12 ans aussi, mais contrairement à Lilly, je n’ai jamais fréquenté d’école juive. Je suis élève à Uccle 1. Ma famille m’a toujours transmis le judaïsme de manière joyeuse et festive, elle ne me l’a jamais présenté comme une obligation ou une contrainte. J’ai donc décidé librement de faire cette année au CCLJ, notamment parce que ce n’est pas que de l’étude de la religion, mais aussi de l’étude de mon identité, de mon histoire. Pour moi, devenir Bat-Mitzva ne signifie pas vraiment devenir adulte, mais plutôt avoir pu prendre conscience de certaines choses, m’engager, découvrir.

    Ilya Bonjour à tous les lecteurs de Regards, je m’appelle Ilya Schor, j’ai 12 ans et je suis à l’école Decroly. Si j’ai choisi d’étudier au CCLJ et de célébrer ma bar-mitzva, c’est surtout parce que je veux donner du sens au judaïsme que je ressens, mais qui est très peu présent dans ma vie de tous les jours. En effet, je ne fréquente pas d’école juive et même si nous célébrons les fêtes en famille, nous ne sommes pas religieux. A travers tous les cours, j’ai appris beaucoup de choses sur ma famille, le judaïsme et l’histoire récente du peuple juif.

    Voulez-vous nous raconter une histoire apprise lors de vos recherches à propos de votre famille ?

    Lilly J’ai une famille particulière, parce que ma maman est née en Russie dans une famille aux origines super variées et où se mêlent les cultures juive, chrétienne et musulmane, tandis que mon papa est né en Pologne. Malheureusement, lui et ses parents ont dû quitter leur pays parce que bien après la guerre, l’antisémitisme est remonté et ils ont trouvé qu’il valait mieux émigrer. Ils ont habité tout un temps sur un bateau qui servait de refuge aux émigrés au Danemark, puis il est parti pour la Belgique avec son frère. Ma famille est musicienne depuis des générations et lui-même fait partie d’un trio
    classique. Ils m’ont transmis l’amour de la musique et je suis fière de faire partie de ma famille.

    Elsa J’ai appris que quatre de mes arrière-grands-parents se trouvaient dans le ghetto de Varsovie et que tous les quatre s’en sont enfuis, avant d’être malheureusement rattrapés par les nazis. Du côté de mon grand-père paternel, sa maman a été reprise, envoyée aux travaux forcés dans les mines, où elle est tombée malade et a été soignée par celui qui allait devenir son futur mari, mon arrière-grand-père. Du côté de ma grand-mère paternelle, ses parents étaient déjà mariés avant d’être emprisonnés dans le ghetto. J’ai été impressionnée d’apprendre que mon arrière-grand-mère s’était mariée à l’âge de 15 ans ! Après leur évasion, ils furent envoyés tous les deux dans les camps. Heureusement, ils ont survécu et se sont retrouvés presque miraculeusement dans un camp de survivants de la Croix-Rouge. C’est grâce à tous ces hasards que je suis là aujourd’hui.

    Ilya Moi, j’ai envie de vous raconter une histoire plus drôle. Elle concerne la grand-mère de mon grand-père paternel. Quand la famille de mon grand-père habitait à Gand, ils ont décidé d’y faire venir la grand-mère qui habitait encore en Bessarabie. A son arrivée et bien que marchant avec peine parce qu’elle était âgée et blessée au genou, elle se prit de passion pour le cinéma et s’y rendit en marchant chaque semaine, s’émerveillant devant des films qu’elle ne comprenait certainement pas, puisqu’elle ne parlait que le dialecte de son pays natal. Depuis le début de son histoire, le peuple juif a dû régulièrement émigrer et s’adapter à de nouveaux pays. C’est le parcours que ma famille a suivi et quelle coïncidence, c’est aussi le thème de ma paracha Vayechev !

    Lilly, Elsa, Ilya Nous sommes fiers et heureux de devenir Bnei-Mitzva, c’est une année que nous n’oublierons pas !

    * Lors de l’année d’étude qui prépare les Bnei-Mitzva, chacun d’entre eux a dû choisir une institution juive à découvrir et à laquelle apporter de l’aide en effectuant un petit travail de volontariat. Elsa, Lilly et Ilya ont décidé de se rendre à Regards pour comprendre les secrets du métier de journaliste.

    Ne manquez pas la soirée d’informations pour l’année prochaine pour les parents et les enfants : mardi 27 juin 2017 à 19h45. Infos et réservation : 02/543.02.85 ou mdj@cclj.be


     
     

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