Flash-back

Naftali Herz Imber écrit l"Hatikvah" (22 décembre 1878)

Mardi 4 décembre 2018 par Tarbout
Publié dans Regards n°1034

« Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré », écrivait Paul Eluard dans L’évidence poétique. C’est évidemment le cas de Naftali Herz Imber, l’auteur du poème Tikvahtenou, le texte de l’hymne national israélien.

 

Né en 1856 à Złoczów (surnommée la cité des poètes), en Galicie, appartenant alors à l’Empire d’Autriche, Naftali Herz Imber est un poète juif écrivant en hébreu. Il fait partie de la génération des Maskilim qui participent activement au renouveau national juif.Imber écrit ses premiers poèmes dès l’âge de 10 ans et lorsqu’il en a 20, l’Empereur François-Joseph le récompense pour son poème commémorant le centenaire de l’annexion de la Bucovine à l’Empire d’Autriche.

Alors qu’il est l’hôte d’un érudit juif à Iași, en Roumanie, Imber écrit en 1877 la première version du poème Tikvahtenou (Notre espoir). C’est un an plus tard, en décembre 1878, qu’il rédigera la version définitive de ce poème qui exprime l’espoir des Juifs, vieux de 2.000 ans, de revenir en Terre d’Israël, d’y restaurer leur nation souveraine : « Aussi longtemps qu’en nos cœurs vibrera l’âme juive, Et tournée vers l’Orient aspirera à Sion, Notre espoir n’est pas vain, Espérance bimillénaire, D’être un peuple libre sur notre terre, Le pays de Sion et Jérusalem ».

En 1882, Imber immigre en Palestine, où il devient le secrétaire particulier de Laurence Oliphant, ce diplomate et journaliste 
britannique favorable au sionisme. Sur place, Imber fréquente le mouvement des Amants de Sion (Hovevei Tzion), qu’il admire pour son esprit pionnier. Enthousiasmé par la verve patriotique de 
Tikvahtenou repris dans Barkai (L’étoile brillante du matin), le premier recueil de poèmes publié par Imber à Jérusalem en 1886, 
Samuel Cohen lui compose une musique en 1888. Ce compositeur juif originaire de Bessarabie installé à Rishon Le Tzion en 1878 s’inspire d’une mélodie populaire moldave qui a également nourri l’inspiration du compositeur tchèque Bedřich Smetana pour son poème symphonique Vltava (également appelé La Moldau), dans lequel il évoque l’histoire ou les paysages de Bohème.

Alors appelée Tikvatenou, elle est chantée pour la première fois en 1901 au 5e Congrès sioniste de Bâle. Elle sera entonnée dans sa version plus courte à la fin de chaque congrès sioniste à partir de 1905. En 1933, lors du 18e Congrès sioniste, Tikvahtenou devient l’Hatikvah (L’Espoir) et est officiellement choisie comme l’hymne de l’Organisation sioniste mondiale (OSM). Elle sera chantée lors de l’ouverture de la cérémonie de déclaration de l’Indépendance d’Israël le 14 mai 1948. Ce n’est qu’en 2004 que la Knesset conférera officiellement à l’Hatikvah le statut d’hymne national de l’Etat d’Israël. 


 
 

Ajouter un commentaire

http://www.respectzone.org/fr/