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Le Music-hall yiddish, la culture yiddish pour tous

Lundi 27 Février 2017 par Géraldine Kamps

Le mercredi 8 mars 2017 à 20h, Joëlle Strauss (violon/chant) et Jean-Philippe Collard-Neven (piano) vous présentent leur Music-Hall yiddish ! Une plongée dans ce monde yiddish de l’entre-deux-guerres, pour découvrir ses histoires passionnantes, à la fois drôles et émouvantes, comme nous l’explique Joëlle Strauss.

 
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    Comment ce projet de comédie musicale yiddish est-il né ? Y a-t-il un lien entre le théâtre yiddish et le Music-Hall ?

    joëlle strauss Le répertoire du Music-Hall yiddish se chante et se raconte. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre. Ses histoires sont parfois drôles, parfois émouvantes, mais toujours avec cet humour yiddish inimitable qui emporte le spectateur dans un autre monde, à une autre époque. Nous sommes dans les années 1930, l’époque où la 2e avenue à New York vibrait au son du théâtre yiddish. La 2e avenue à New York, appelée aussi le « Jewish Rialto » et ses 20 à 30 spectacles chaque soir en yiddish, 1,5 million de tickets vendus durant la saison 1937-1938, un véritable star-system, le Hollywood yiddish ! D’ailleurs, si vous allez encore aujourd’hui à New York, vous pouvez vous promener sur le « walk of fame » des stars du théâtre yiddish et y découvrir des étoiles à leurs noms. J’aime chanter, j’aime raconter des histoires et je suis passionnée par l’histoire des chants yiddish. Pour moi, c’est un véritable plaisir et un vrai bonheur de partager cela avec le public. Pour ce qui est de la frontière entre le théâtre yiddish et le Music-Hall, elle n’existe pas réellement, les deux se confondent. Le théâtre yiddish, c’était le drame, la littérature, la danse et la musique. La musique y avait une place primordiale de telle sorte qu’on parle de théâtre yiddish également pour les pièces de Music-Hall. Le Music-Hall se jouait dans les théâtres yiddish. Bien sûr, les pièces dites « intellectuelles » étaient plus théâtrales que musicales.

    L’objectif est-il aussi de faire revivre une facette parfois oubliée de la culture juive ? js Je ne pense pas que cette facette soit vraiment oubliée, mais plutôt mal connue. Vous avez peut-être déjà fredonné ces chansons en famille, par contre la saveur des paroles, des histoires autour de ces chansons, vous n’avez pas eu la chance de l’apprécier vraiment. Ce que j’essaie d’offrir au public, c’est la découverte de ces histoires savoureuses autour des chansons du répertoire du Music-Hall yiddish.

    Quelle histoire avez-vous choisi de mettre en scène ? js Je commence le spectacle à l’Est, dans la famille Bagelman. Monsieur Bagelman habitait Podol près de Kiev, et comme vous pouvez le deviner, il était Bublichnik. En fait, dans sa famille, ils étaient Bublichnik depuis des générations. Un boublik, c’est un petit pain en forme d’anneau, qui ressemble au bagel, mais à la texture plus dense et avec un trou plus grand. La forme caractéristique des boublik leur permettait d’être enfilés sur une cordelette, ce qui en facilitait le transport et la vente dans les rues par les vendeurs ambulants. Et si on voulait manger les meilleurs Bublitchki de la ville, on n’avait pas d’autres choix que d’aller à la boulangerie des Bagelman. Plus tard, un des petits fils de la famille Bagelman émigre aux Etats-Unis… Et je vous laisse découvrir la suite de l’histoire le 8 mars ! Je peux peut-être encore vous dire que je finirai le spectacle dans le Paris d’après-guerre. La vie culturelle juive reprend petit à petit et, dans les cabarets yiddish, des rythmes venus d’ailleurs se font entendre, telle une « Mazl Samba », une samba en yiddish !

    Ce spectacle a-t-il déjà été joué ou est-ce une première ? js Nous avons créé ce spectacle pour le Festival de musique juive de Carpentras l’été passé. J’y étais allée l’été précédent avec le spectacle autour du tango yiddish, ils m’ont demandé de leur proposer un autre spectacle pour l’année suivante, mais surtout de continuer à raconter les chansons comme je le faisais avec l’Astor Klezmer Trio, car le public avait beaucoup apprécié. Voilà comment l’idée m’est venue de faire un spectacle raconté et chanté autour du Music-Hall yiddish.

    A quel public s’adresse-t-il ? js A tout le monde ! Les enfants adorent les histoires, la musique est une musique très mélodieuse, parfois jazz, parfois plus traditionnelle, et toujours très accessible pour les oreilles des non-initiés. Le Music-Hall yiddish est avant tout un divertissement, un spectacle tout public, en une partie. Peut-être l’occasion de faire découvrir cet aspect de la culture yiddish également aux plus jeunes...


     
     

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