Flashback

Les lois de Nuremberg (15 septembre 1935)

Vendredi 15 septembre 2017 par Tarbout
Publié dans Regards n°867 (1007)

Suite à une vague de manifestations populaires antisémites durant le printemps et l’été 1935 à travers l’Allemagne, les dirigeants nazis estiment qu’il est nécessaire de canaliser cette violence en ordonnant aux membres du parti de ne pas se laisser aller à des actes de terreur individuels contre les Juifs, mais aussi en prenant des mesures radicales pour accroitre la pression sur les Juifs.

 

C’est dans ce contexte que la loi sur la citoyenneté du Reich et la loi sur la protection du sang allemand et de l’honneur allemand sont adoptées. Symboles de nombreuses théories raciales inhérentes à l’idéologie nazie, ces deux lois fournissent un cadre juridique à la persécution systématique des Juifs en Allemagne. Promulguées le 15 septembre 1935, le denier jour du 7e congrès du Parti nazi réuni à Nuremberg, elles marquent une nouvelle étape dans la persécution des Juifs d’Allemagne en renforçant notamment le rôle et les pouvoirs de la police et des autorités judiciaires.

La loi sur la citoyenneté prévoit que seuls les ressortissants de sang allemand peuvent jouir de droits civils et politiques et la loi sur la protection du sang allemand et de l’honneur allemand interdit mariages et relations sexuelles entre Juifs et « citoyens de sang allemand ou apparenté de moins de 45 ans ». Ces nouvelles restrictions apportées aux relations entre Juifs et « Aryens » ainsi que d’autres mesures d’exclusion des Juifs impliquent une définition de celui qui est considéré comme juif, ce que les lois de Nuremberg ne contiennent pas.

Cette définition sera précisée dans le premier décret d’application de ces lois publié le 14 novembre 1935. Est juif quiconque ayant au moins trois grands-parents juifs. Toutefois, en fonction de certaines conditions, des individus n’ayant que deux grands-parents juifs peuvent aussi être considérés comme juifs.

Une fois les Juifs bien définis, il devient alors possible de confier à des services spécialisés de l’appareil d’Etat le soin de mener une politique de persécution plus systématique. Ainsi, durant l’automne 1936, une nouvelle section des affaires juives est constituée au sein de la Sicherheitsdienst (SD), le service de renseignement de la SS. Adolf Eichmann en devient le chef adjoint.

L’historien américain Raoul Hilberg, le « père » des études sur la Shoah, a souvent insisté sur l’importance des lois de Nuremberg et de leurs décrets d’application dans le processus de destruction des Juifs d’Europe : « En comparaison des sanglantes émeutes de 1938 (Nuit de Cristal), la définition du Juif peut faire figure de mesure relativement anodine. En réalité, elle était de beaucoup plus grande portée, car la définition de la victime constituait une condition préliminaire, indispensable à l’action ultérieure ».


 
 

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