Evénement

Limmud U.K., quand le judaïsme se veut audacieux

Vendredi 6 janvier 2017 par Géraldine Kamps

Evénement devenu traditionnel à Londres, le Limmud U.K. organisé du 25 au 29 décembre 2016 a rassemblé pas moins de 2.600 participants venus du monde entier. Au menu : ouverture d’esprit, esprit critique, sujets politiques abordés lors d’ateliers et de conférences, sans oublier la culture, la tradition et l’incontournable cuisine juive.

A écouter Kevin Szmir nous raconter son expérience à Londres, on comprend vite qu’on a manqué quelque chose. C’est la deuxième fois que le jeune homme participe au Limmud UK, avec toujours à son retour cette détermination à partager ce qu’il en a retiré.

Tirant son nom du verbe « lilmod », « apprendre » en hébreu, le Limmud vise à offrir une plateforme permettant d’aborder tous les aspects du judaïsme, ouvrant chaque sujet à la discussion, « pour que chacun puisse retrouver l’élève qui est en lui », explique Kevin Szmir, « avec cette possibilité de toujours pouvoir apprendre, quels que soient son âge, sa situation professionnelle, son rapport au judaïsme. Le principe est que toute personne qui participe au Limmud est un étudiant, et peut assister ou donner une conférence. A partir du moment où vous donnez trois conférences, le ticket pour la semaine est gratuit ! ». 

L’an dernier, sa participation au Limmud anglais l’avait poussé à intégrer l’équipe organisatrice de « How Do You Jew », dont les objectifs lui ont paru très proches. « L’événement HDYJ a été créé spontanément à Bruxelles et en découvrant le Limmud à Londres, je me suis rendu compte que, sans le savoir, on faisait presque la même chose », observe-t-il. C’est donc cette fois en tant que représentant du « Limmud Belgique » que Kevin Szmir s’est rendu à Londres, accompagné de Jim Dratwa et Lionel Schreiber, également coordinateurs de HDYJ.

A la différence de l’événement bruxellois, c’est une grosse semaine qui était consacrée ici à un programme impressionnant de conférences, ateliers, quelque 10 à 15 sessions proposées en même temps, dans un hôtel entier réservé pour l’occasion. Un public de tous âges et de Juifs au sens large, 2.600 participants issus de 45 pays à travers le monde (une majorité des Etats-Unis, d’Afrique du Sud et d’Australie), dont 600 intervenants et 350 volontaires responsables de l’organisation. De l’étude de la Diaspora dans le monde aux tribus juives perdues du Bangladesh et de Chine, du speed dating à comment faire ses propres cornichons à la juive, en passant par une série de panels sur Israël, dans ses aspects politiques comme religieux, avec une réelle diversité d’opinions. « A côté des conférences, des sessions étaient aussi prévues pour aider les volontaires des différents pays, dont nous faisons partie, à organiser ce genre d’événement chez eux », souligne Kevin Szmir.

Caution religieuse

Pour la première fois, cette année, le Grand rabbin d’Angleterre était de la partie. Une présence remarquée apportant une caution en quelque sorte à un événement qui se veut réunir l’ensemble des tendances du judaïsme, mais auquel les orthodoxes restent généralement peu nombreux. « Le Limmud a souvent été considéré comme progressiste », note Kevin Szmir. « C’est regrettable, car la présence des orthodoxes apporte des éléments intéressants ».

Célébrée en pleine période de Hanoucca, la fête des Lumières aura elle aussi pris une place importante dans le séminaire. Chaque jour, une pause de 16h à 16h40 étant prévue pour allumer les bougies, sous la tente commune, de façon individuelle, plus ludique en famille ou avec de nouvelles rencontres faites sur place. Bien déterminé à revenir avec un maximum d’informations et de projets, Kevin Szmir semble avoir décuplé son enthousiasme : « Je suis reparti de là en rêvant », affirme-t-il. « Voir le potentiel d’un événement pareil nous a juste donné l’envie d’en faire plus encore à Bruxelles, d’inviter de nouveaux intervenants, d’organiser d’autres ateliers, de faire venir des groupes de musique. Pourquoi pas le « Jew Salsa », qui combine danse latino et rikoudeam ? A Paris-Plage, l’an dernier, il avait réuni 10.000 personnes. Il était bien sûr à Londres ! ».

Nous devrions en voir la concrétisation lors de l’édition 2017 de How Do You Jew à Bruxelles. Rendez-vous au Musée juif de Belgique, au printemps.

Plus d’infos : http://limmud.org/ - limmudinternational.org/
Conférence 2016 sur Facebook - https://www.facebook.com/events/1647319868918441/

 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Ron Dikduk - 10/01/2017 - 19:21

    Un peu d'hébreu pour commencer... Limud ne "tire [pas] son nom du verbe lilmod". C'est une erreur commune qui vient du fait que l'enseignement de l'hébreu moderne a été basé sur celui des langues européennes, au mépris de la structure de l'hébreu lui-même et d'une meilleure compréhension de celle-ci. Limud est un substantif construit sur la racine L-M-D, de même que lilmod est la forme infinitive du verbe construit sur cette même racine et qu'il faudrait donner dans sa forme de base, soit le Pa'al au passé (ou accompli pour être encore plus exact) : lamad. La preuve... essayez de construire la conjugaison de ce verbe sur base de son infinitif, à l'instar de ce qu'on fait en français.

  • Par Medakdek - 11/01/2017 - 0:08

    Merci Ron Dikduk pour cette précision. J'ajouterai que Limmud est le substantif du piel, donc limmud ne provient en effet pas de "lilmod", mais de limmed et signifie "enseignement".
    L'article contient une erreur factuelle: le Chief Rabbi d'Angleterre s'est déjà rendu il y quelques années à Limmud, dès sa nomination comme grand-rabbin en 2013:
    http://www.jpost.com/Jewish-World/Jewish-News/Chief-Rabbi-Mirvis-makes-landmark-address-to-Limmud-UK-335990
    Ce qui est vrai, en revanche, c'est que le chief rabbi précédent, Lord Sacks semblait avoir évité de s'y rendre.

  • Par geraldine - 11/01/2017 - 9:30

    Dikduk/Medakdek : Nous vous remercions pour votre intérêt et ces précisions. Notre but était de donner sans entrer dans trop de détails linguistiques le sens large du mot Limmud, qui reste comme vous l'indiquez et le mentionnait l'article "apprendre", "enseigner".
    Bien à vous
    G. Kamps