Au CCLJ/Concert

Katerina Verbovskaya plays Cykiert

Vendredi 2 mars 2018 par Nicolas Zomersztajn

La pianiste russe Katerina Verbovskaya interprétera ce mercredi 7 mars 2018 à 20h au CCLJ les œuvres contenues dans le CD Katerina Verbovskaya Plays Cykiert. Né de la rencontre entre cette pianiste talentueuse et le compositeur Marc-Henri Cykiert, ce projet s’appuie sur des principes de physique quantique pour réaliser la "fusion" entre différentes influences, de la musique brésilienne à la musique classique et contemporaine, des rythmes afro-cubains à la musique klezmer.

 
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    Comment est né le projet Katerina Verbovskaya Plays Cykiert ? Marc-Henri Cykiert : J’ai assisté à un concert qu’elle donnait au Conservatoire royal de Bruxelles et j’ai immédiatement été saisi par sa personnalité. J’ai entendu avec ravissement sa large palette de sonorités et d’expression musicale, son énergie tellurique qui lui permet d’extraire du piano des textures impressionnantes de matière sonore et d‘émotions, sa maîtrise de la technique au service de l’interprétation à un niveau supérieur. Un jeu ciselé tout en maîtrise avec une grande profondeur de nuances du pianissimo le plus subtil aux fulgurances les plus éclatantes. Une artiste avec une forte personnalité qui se révèle dans sa façon de jouer et dans sa sonorité physiquement perceptible est assez rare au piano. Je l’ai ensuite rencontrée après le concert. Après avoir assisté à ses différents concerts, j’ai proposé de composer une musique qu’elle interprétera.

    De quoi s’agit-il ? M-H.C. :

    C’est une pièce intitulée Toccata Quantica. Elle figure sur le CD que nous avons enregistré et elle sera jouée lors du concert qu’elle donne le 7 mars prochain au CCLJ. Cette pièce se fonde sur certains principes de la physique quantique. Ce qui m’a octroyé une grande liberté puisque dans la physique quantique, il existe des phénomènes bizarres qui s’appliquent aux particules qui leur permet d’avoir un état de zéro et un, et non pas zéro ou un ! Mais aussi plusieurs états intermédiaires à la fois. Si on réussit à manipuler ces particules, on peut ainsi faire des ordinateurs qui ont la capacité de faire des centaines de milliers de calculs en même temps.

    Et si on transpose ces principes de physique quantique à la musique, qu’est-ce que cela donne ? M-H.C. : Au lieu de jouer fortissimo ou pianissimo par exemple, on peut faire les deux en même temps, c’est-à-dire très fort et très faible à la fois. En physique quantique, il y a aussi la matière qui surgit du vide. Dans le vide complet, certaines particules viennent à exister et puis à disparaitre. Musicalement, j’ai utilisé ce principe pour y inclure des choses surprenantes sans aucune justification ni préparation. Je me suis aussi servi de l'intrication quantique, ou enchevêtrement quantique, qui est un phénomène dans lequel des particules ont des états quantiques dépendant l'un de l'autre. Elles conservent leur affinité quelle que soit la distance qui les sépare. Musicalement, cela signifie qu’une partie de la pièce influence une autre partie de celle-ci. Cela permet d’échapper à la manière rhétorique d’écrire la musique. Jusqu’à présent, toutes les formes musicales suivent une espèce de forme classique basée sur la rhétorique, le langage : thèse, antithèse, synthèse.

    Est-ce de la musique atonale ? M-H.C. : Je ne me suis pas fixé sur la musique tonale ni sur la musique atonale. J’applique les principes quantiques. Ce n’est pas tonal mais ce n’est pas inaudible comme certaines pièces de musique contemporaine où l’on nage dans une grisaille permanente. J’emprunte des procédés aux deux types de musique tout en intégrant des ragas indiens, du klezmer, des rythmes afro-cubains et même de l’improvisation. J’ai évidemment cherché à rester musical et j’ai toujours gardé à l’esprit que cette pièce sera jouée par une pianiste classique. Mais surtout, j’ai essayé de faire la jonction entre la musique dite « savante » destinée à un public d’initiés et la musique populaire et mélodique. Si on compare cela à la littérature, un roman peut avoir des implications philosophiques ou politiques mais il faut une histoire malgré tout. En musique, c’est pareil. Il peut s’en dégager des concepts mais il faut que la musique soit audible par un public qui ne soit pas féru de musique contemporaine.

    OÙ : CCLJ - Rue de l'Hôtel des Monnaies, 52 1060 Bruxelles

    QUAND : Mercredi 7 Mars 2018 à 20:00

    CONTACT : 02/543.01.01 ou [email protected] - RÉSERVATION INDISPENSABLE !


     
     

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