Nouvelle génération

Eliott Nagar "L'ouverture de l'UEJB fait notre force"

Vendredi 1 juin 2018 par Géraldine Kamps
Publié dans Regards n°884 (1024)

Portrait d’un président de l’Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB) très motivé, qui encourage ses pairs à faire comme lui, en trouvant la balance « nécessaire » entre les études et la défense de ses idéaux.

Eliott Nagar, président de l'Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB)

Comme son prédécesseur Nathan Azizolahoff, et même s’il affirme qu’il s’agit d’un pur hasard, le nouveau président de l’UEJB, Eliott Nagar, est lui aussi un ancien de la JJL. Comme plusieurs membres du comité d’ailleurs, « mais cela peut changer d'une année à l'autre », affirme notre interlocuteur qui préfère se la jouer modeste.

Aîné d’une fratrie de quatre enfants, Eliott Nagar est né à Bruxelles le 10 juillet 1997, au sein d’une famille juive. Ses parents se sont rencontrés en jouant de la musique à l'Institut Technion de Haïfa, lui transmettant peut-être l’envie de devenir ingénieur. Avant cela, le jeune garçon suit sa scolarité dans les écoles de la ville, à l’école Verrewinkel, puis à l’athénée Jean Absil, profitant des plaisirs de la vie de quartier, de la pratique du judo à laquelle s’adonne toute la famille, comme de son mouvement de jeunesse, la JJL, « suffisante pour asseoir son identité juive », estime-t-il. « La JJL a été mon premier attachement à mes amis juifs », soutient Eliott Nagar. « C’est aussi là que je me suis rendu compte des différentes manières de vivre son judaïsme, et que l’on pouvait être juif sans manger casher ni faire Shabbat ». Si la famille est plutôt laïque, elle n’en oublie pas pour autant les traditions, allumant les bougies le vendredi et se rendant à la synagogue à Kippour. Et puis, il y a la musique : flûte traversière, clarinette, batterie… , pour Eliott, ce sera le piano pendant dix ans, si bien que chaque fête est désormais l’occasion d’un mini-concert familial.

Après avoir célébré sa bar-mitzva à Bruxelles et au Kotel, Eliott Nagar s’investit de plus en plus à la JJL, où il devient madrih. Une expérience dont il retient le bon temps, mais aussi et surtout le début des responsabilités. « On réalise soudain qu’on peut faire bouger les choses », relève-t-il. Sa première année de Polytech à l’ULB lui permet de découvrir le folklore estudiantin, après quoi Eliott décide d’entrer à l’UEJB, pour garder le contact avec ses amis de la JJL. Des amis avec lesquels il a imaginé quelques années plus tôt, dans le cadre des « Mini-entreprises adressées aux rhéto, le projet « Infinibike »», visant à augmenter grâce à un clip fluo posé sur les roues des vélos leur visibilité sur les routes, et pour lequel son équipe remportera le prix du produit le plus original !

Week-end pour la paix

Responsable du pôle Culture au sein de l’UEJB, Eliott Nagar se fait remarquer en organisant un premier voyage à Berlin pour une quinzaine de participants, dans le but de découvrir la culture juive dans d’autres pays. Il organisera également une conférence sur les limites entre l’humour et le racisme, avec le Librex, ainsi qu’une rencontre interconvictionnelle, en partenariat avec la Maison de la Culture juive. Elu en juin au poste de président de l'UEJB pour un mandat de deux ans, il réalise aujourd’hui l’opportunité que constitue cet engagement. « Ce genre de fonction nous ouvre des portes, mais nous permet aussi de montrer qui on est, de défendre des valeurs, de faire connaitre et d’expliquer notre culture », souligne-t-il. « De façon plus générale, je pense que ceux qui se limitent strictement aux études sans participer d'aucune manière à la vie universitaire font une erreur ».

Parmi les activités organisées par l’UEJB figure notamment la traditionnelle opération « Hannou’quoi » ou « Hanoucca expliqué à nos potes », avec distribution de latkes, dont la vente a bénéficié cette année à une association d’enfants défavorisés. « Une de nos missions consiste à partager nos traditions, pour que les gens comprennent que les Juifs trempent la pomme dans le miel et non le sang dans la hala ! », insiste Eliott. « Nous sommes également sionistes et nous défendons Israël, en tenant compte du fait que nous faisons partie de la communauté juive de Belgique et non d’Israël. L’UEJB étant apolitique, nous nous efforçons de proposer des événements en faveur de la paix en Israël ».

La semaine BDS à l’ULB a donné lieu côté UEJB à un « Week-end pour la paix », ainsi qu’à un « Petit-déjeuner pour la paix » sur le campus, qui bénéficiait pour cette édition à l’association « Family Roots », ayant pour objet de faire se rencontrer Israéliens et Palestiniens. « Nous avons compris que ce n’était pas la peine de débattre avec BDS », note Eliott Nagar. « Aujourd’hui, ils ont naturellement perdu de leur influence, et de notre côté, nous préférons défendre ce qui nous tient à cœur, la paix et le dialogue, en faisant ce que nous pouvons pour empêcher les gens de se refermer dans leurs idées ».

Si l’UEJB se lance actuellement dans un gros projet appelé « Présente ton mémoire en 180 secondes », ouvert à tous les mémorants de l’ULB, pour rendre les mémoires plus accessibles au public, Eliott Nagar souhaite encore renforcer le formidable atout que constitue la maison qui abrite l’UEJB, sur le campus. « Nous y proposons déjà des projections de films, des soirées, des rencontres interculturelles, des tables-rondes, et des barbecues, mais nous pouvons faire plus ! De par nos études, nous avons des contacts avec tous les cercles, et c’est ce qui fait notre force. Nous le voyons chaque année au Bal de l’UEJB », affirme-t-il. « La seule chose qui nous limite aujourd’hui, ce sont les mesures de sécurité qui nous mettent des barrières, en contradiction totale malheureusement avec l’esprit d’ouverture que nous entendons promouvoir ».

Page Facebook : Union des Etudiants Juifs de Belgique – UEJB


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Corentin - 8/06/2018 - 15:37

    Les présidents de l UEJB se sont succédés sans jamais avoir été de grande qualité. Tout au plus organisent ils un val une fois l'an mais ceci mis à part rien de transcendant.
    Je pense que ette fonction doit être professionalisee et exercée par un vrai adulte et pas par quelqu'un à peine sorti de l'adolescence.
    Si la communauté le souhaite je pourrais exercer cette tâche moyennant une rémunération qui tiendra compte de mes compétences. Je n ai pas besoin d un véhicule de fonction. Un logement de fonction est quant à lui souhaité.