Mensch de l'année 2012

Eliane Sperling et Jacques Bloch : Les piliers du judaïsme gantois

Jeudi 7 Février 2013 par Nicolas Zomersztajn
Publié dans Regards n°771

Depuis plus de 45 ans, Eliane Sperling et Jacques Bloch ont contribué au développement de la communauté juive de Gand. Avec une détermination incroyable, ces deux personnalités ont insufflé à une petite communauté discrète une vie juive intense et dynamique dans une perspective d’ouverture sur la société.

 
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    Jacques Blochnaît à Gand en 1928 dans une famille « israélite » belge sans attache particulière avec le judaïsme. Dès les années 1920, la simple évocation du nom Bloch est indissociable de la boulangerie-pâtisserie éponyme, située Veldstraat à Gand. Les parents de Jacques sont à la tête de cet établissement fondé en 1899 par ses grands-parents.

    Avec la montée des périls, la famille Bloch est progressivementrattrapée par sa judéité. « Nous sommes une famille de libres-penseurs et jamais nous ne songions à nos attaches au judaïsme », explique Nicole Bloch, la sœur aînée de Jacques. « La Guerre fut un choc révélateur. Après avoir aidé des membres de sa famille à quitter l’Allemagne dans les années 1930, notre père, Rodolphe Bloch, a compris que quelque chose de terrible était en train de se produire. Quand il est revenu en Belgique, il nous a dit que si les Allemands entraient en Belgique, nous partirions toute de suite ». Le 15 mai 1940, les Bloch fuient Gand et, de détours en pérégrinations à travers la France, l’Espagne et le Portugal, ils arrivent à New York où Jacques, ses parents et sa sœur resteront jusqu’en 1945.

    Certains appellent cela le hasard, d’autres le destin. Au même moment, une autre famille juive gantoise prend également la fuite.Eliane Levin-sperlinget ses parents gagnent la France pour rejoindre les Pyrénées françaises. En 1941, les Levin réussissent à franchir les frontières espagnole et portugaise avant d’arriver enfin aux Etats-Unis où ils passeront le reste de la Guerre.

    Lorsqu’on l’interroge sur sa date de naissance, Eliane Levin élude la question, non sans coquetterie : « Je suis une enfant née avant la Guerre ». Les parents d’Eliane sont deux Juifs polonais venus étudier à l’Université de Gand en raison du numerus clausus en vigueur en Pologne. Son père devient ingénieur et sa mère est une des premières femmes en Belgique à entamer des études de médecine. La famille Levin ne verse pas dans la pratique religieuse. Homme de gauche, Henri Levin sera surtout marqué par la création de l’Etat d’Israël en 1948 qui fera de lui un sioniste convaincu.

    Eliane Levin ne rentre pasen Belgique avec ses parents en 1945. Elle commence des études d’ingénieur au Canada. S’en suivent quelques années passées en Grande-Bretagne et en Israël avant de revenir à Gand à la fin des années 50 pour travailler dans l’entreprise familiale de fabrication métallique, les Etablissements H. Levin.

    « L’Amérique a fait de moi un Juif »

    C’est à New York que Jacques Bloch et sa famille commencent à assumer leur identité juive. « L’Amérique a fait de moi un Juif », reconnaît Jacques Bloch. « Nous étions une famille assimilée et très laïque. C’est à New York que j’ai découvert le plaisir d’être juif et cessé d’être honteux de cette identité. Je fréquentais l’école publique Bronx Science où 80% des élèves étaient juifs. Aucune autre école américaine ne compte autant de Prix Nobel parmi ses anciens élèves. Je n’ai pas obtenu le Prix Nobel, mais je suis devenu boulanger-pâtissier ».

    En janvier 1946, de retour à Gand avec sa famille, Rodolphe Bloch relance la boulangerie-pâtisserie et Jacques apprend le métier. Avec sa femme Christiane et sa sœur Nicole, il reprend le commerce en 1958 suite au décès de son père. Très pris par ses engagements professionnels, Jacques ne cherche pas à s’impliquer dans la vie juive. Il se marie avec Christiane Anciaux. Ils auront quatre fils.

    Pour Eliane Levin, l’intérêt pour la vie juive s’exprime à travers le sionisme et l’hébreu. « J’ai attrapé une attaque de sionismeet je ne m’en suis jamais remise », plaisante-t-elle. C’est précisément en organisant des cours d’hébreu qu’Eliane commence à s’investir dans la communauté juive de Gand au début des années 60. Sam Kotek, un jeune antiquaire juif originaire de Bruxelles, décide de lancer un cours d’hébreu et d’organiser des fêtes juives dans sa maison située Savaanstraat. C’est dans le giron de la famille Kotek qu’une vie communautaire se récrée à Gand.

    Le Houg Ivry Gent, plus qu’un cours d’hébreu

    « Nous recherchions une personne pour enseigner l’hébreu et une amie m’a recommandé  Yitzhak Sperling », précise Eliane. « C’était un ingénieur israélien qui suivait une spécialisation en statistiques à l’ULB. Je l’ai rencontré pour la première fois sur le quai de la gare de Gand-Saint-Pierre et il est devenu mon mari ».Yitzhak Sperling n’est pas religieux, mais il nourrit une passion pour le judaïsme et l’histoire juive. Il prend en charge les cours de perfectionnement en hébreu et enseigne la Bible. Les cours d’hébreu pour débutants et initiés sont donnés par des étudiants israéliens. Dans les années 1960, de nombreux Israéliens fréquentent l’école de vétérinaires ou suivent une spécialisation en étude des sols à la faculté d’agronomie de l’Université de Gand.

    Progressivement, Eliane et Yitzhak Sperling structurent ces cours pour en faire un rendez-vous hebdomadaire. C’est ainsi que se développe le Houg Ivry Gentdans l’appartement des Sperling. C’est bien plus qu’un cercle d’études hébraïques. C’est devenu un endroit convivial où les gens se réunissent et discutent autour d’une tasse de café… et des pâtisseries de Bloch quelques années plus tard. Ce cours est devenu un des fondements sur lequel Eliane Sperling et son mari ont développé une vie juive communautaire intense. « Dans une gazette locale, un journaliste a même écrit que des Juifs se réunissaient le jeudi soir pour célébrer Shabbat ! Ce n’était pas clair dans son esprit, mais cela signifiait bien que ce cours d’hébreu du jeudi avait un certain écho à Gand. Beaucoup de non-Juifs le fréquentaient », se souvient Eliane Sperling.

    Si je ne suis pas pour moi…

    « Oui, je suis un Juif de juin 1967 », avoue sans peine Jacques Bloch. « Je me vois encore en train d’écouter les informations à la radio concernant la fermeture par Nasser du Détroit de Tyran. Je me suis alors souvenu de la maxime d’Hillel l’ancien : “Si je ne suis pas pour moi, qui le sera”. J’ai donc décidé de me rendre à Bruxelles pour participer à la manifestation de solidarité à Israël organisée par David Susskind ».

    Après avoir participé à l’organisation du Seder de Pessah dans une salle des fêtes en 1968, Jacques Bloch s’investit chaque année désormais dans l’organisation de fêtes juives.  A partir de cette prise de conscience, Jacques Bloch et Eliane Sperling forment un tandem efficace qui donne une impulsion nouvelle au judaïsme gantois. « Il s’agit d’un processus collectif et participatif essentiel dans lequel Eliane Sperling joue également un rôle important », observe Alain Bloch, magistrat à la Cour de cassation et fils aîné de Jacques. Ainsi, Hanoucca se tient chez Eliane Sperling, Pourim, Tou Bichvat et Yom Haatzmaout dans la pâtisserie Bloch. Les offices religieux comme Rosh Hashana et Yom Kippour se tenaient dans l’arrière-boutique de l’antiquaire Berkowich et ce n’est qu’à partir de 1979 qu’ils ont été organisés chez Freddy Kuliasko, l’actuel président de la communauté juive de Gand, où dans une dépendance de sa maison une synagogue a été aménagée.

    Cette petite communauté provinciale, discrète et repliée sur elle-même devient visible et dynamique. Ensemble, Jacques Bloch et Eliane Sperling entraînent les Juifs de Gand à assumer pleinement leur judéité et à ne pas subir les événements. On ne peut pas envisager l’extraordinaire effervescence du judaïsme gantois sans ces deux personnalités fortes qui n’entreprennent rien l’une sans l’autre lorsqu’il s’agit de la communauté juive. Dans cette aventure, Jacques est soutenu à 100% par son épouse Christiane. Elle se charge par ailleurs des décorations à l’occasion des fêtes juives. « C’est extraordinaire parce que Christiane n’était pas juive », témoigne avec émotion Nicole Bloch. « Ma belle-sœurm’a un jour confié très sincèrement qu’elle était une très mauvaise chrétienne. Si elle se convertissait, elle était convaincue de devenir une très mauvaise Juive qui ne respecterait rien. Elle était honnête et droite, comme Jacques ».

    Fêtes juives, conférences et concerts

    En termes de visibilité, la boulangerie-pâtisserie Bloch jouera un rôle déterminant dans la vie de la communauté juive de Gand. On peut y coller des affiches, déposer des prospectus au comptoir et informer le public non juif des activités et des initiatives lancées par la communauté juive de Gand. Quand des touristes juifs ou israéliens visitent la ville, ils y sont aussi envoyés par l’office du tourisme. La pâtisserie Bloch devient un point de chute exceptionnel où Jacques Bloch peut les accueillir. Le salon de thé de la pâtisserie est souvent utilisé le dimanche pour y organiser des activités communautaires : fêtes juives, conférences, concerts, etc. « En 1973, mon père a même demandé à la fanfare de la Poste de défiler devant la pâtisserie en interprétant des airs israéliens pour célébrer Yom Haatzmaout », sourit Alain Bloch. « Jusqu’en 2008, la communauté juive de Gand avait une adresse : la pâtisserie Bloch, Veldstraat », affirme Eliane Sperling. « On pouvait pousser la porte et y venir à tout moment, on vous y accueillait avec chaleur ».

    Ni Eliane Sperling ni Jacques Bloch ne sont des Juifs religieux. Ils savent pourtant que la tradition religieuse doit exister au sein d’une communauté, si petite soit-elle. « Nous avons été élevés de manière laïque », confirme Alain Bloch. « L’intérêt de mon père pour la religion avait essentiellement une dimension communautaire, dans la mesure où elle sert de lien au sein du groupe ». Lorsque la synagogue s’installe en 1979 dans les dépendances de la maison de Freddy Kuliasko, François Bloch, un autre des quatre fils de Jacques, et l’artiste liégeois d’origine gantoise Daniel Dutrieux décorent le local en s’inspirant de la synagogue de Djerba en Tunisie. Eliane Sperling et Jacques Bloch entreprennent évidemment les démarches pour qu’elle soit reconnue comme synagogue par le Consistoire et pour que la police garantisse la sécurité de l’immeuble. La maison abritant la synagogue ayant été vendue en 1995, les offices et les fêtes juives se tiennent aujourd’hui dans un local que le Centre culturel protestant gantois met à la disposition de la communauté juive.

    Solidaires d’Israël et des Juifs d’URSS

    Eliane Sperling et Jacques Bloch ne se contentent pas d’organiserdes fêtes juives et des cours d’hébreu. La vie juive à Gand s’exprime aussi à travers des combats politiques. En 1967 et en 1973, ils organisent des collectes de sang pour Israël et ils lèvent des fonds en vue de l’acquisition d’une ambulance pour le Magen David Adom. Afin de sensibiliser la population de Gand à la problématique des prisonniers de guerre israéliens détenus en Syrie, Eliane Sperling et Jacques Bloch ont fait circuler des pétitions en faveur de leur libération. Pour ce faire, Jacques Bloch a non seulement mobilisé la classe politique gantoise, mais il s’est aussi adressé à Amnesty international. L’action ayant porté ses fruits, l’ONG s’adresse à son tour à Jacques Bloch pour qu’il intervienne en faveur de la libération de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Ils seront libérés !

    La mobilisation en faveur de la libération des Juifs d’URSS trouve également un large écho à Gand, grâce à la détermination d’Eliane Sperling et Jacques Bloch. Outre les pétitions qu’il fait circuler dans sa pâtisserie, Jacques Bloch s’est rendu en URSS en 1980 pour aller à la rencontre de refuzniks. « Avant le départ pour Moscou, mon père et un étudiant juif américain de Gand ont été briefés, car ils devaient apporter à ces refuzniks des livres et des objets qu’ils pourraient revendre ensuite pour survivre », raconte Alain Bloch. Les Sperling ne sont pas en reste. « Lorsque la deuxième vague des Juifs d’URSS est arrivée en Bruxelles dans les années 1970 et que nous étions débordés par le flux important de réfugiés, nous avons fait appel à Eliane Sperling pour qu’elle nous aide à loger ces gens », relate Eliane Wieder, ancienne présidente du Service social juif de Bruxelles. « Elle n’a pas hésité à nous donner un coup de main. Eliane et Yitzhak Sperling ont agi avec efficacité et discrétion. A chaque fois que nous avions besoin d’un complément de bénévoles au Service social, Eliane a toujours répondu à l’appel. J’ai non seulement de l’affection pour elle, mais également beaucoup d’admiration ».

    Présents au CCOJB

    C’est également à l’occasion de la mobilisation en faveur des Juifs d’URSS que, sous l’impulsion d’Eliane Sperling et Jacques Bloch, la communauté juive de Gand rejoint le CCOJB. « Cette présence est essentielle, car si on fait partie d’une structure, on peut alors parler et montrer qu’on existe »,explique Jacques Bloch. ElianeSperling siègetoujours au conseil d’administration du CCOJB, où elle exprime la voix du judaïsme gantois.

    Alors qu’on évoque encoreaujourd’hui la problématique de la Shoah, un monument en mémoire des déportés juifs de Gand a été érigé en plein cœur de Gand en 1998. Ce projet est mené par Jacques Bloch. Avec détermination, il réussit à convaincre les autorités communales de son importance : un Dreidl (toupie de Hanoucca) géant porte désormais l’inscription des noms de tous les déportés juifs de Gand.

    La boulangerie-pâtisserie Bloch a fermé ses portes en 2008 et Jacques Bloch a cédé le flambeau communautaire à Eliane Sperling qui continue d’organiser les fêtes juives à Gand. Suite au décès tragique il y a vingt ans de Nathalie, la fille d’Eliane, ses amis ont craint qu’elle renonce à ses engagements communautaires. Ce ne fut pas le cas. Avec une force de caractère exceptionnel, elle a surmonté cette épreuve et continue inlassablement à se consacrer à la communauté juive. Aujourd’hui, elle mobilise toutes les bonnes volontés pour organiser une fête de Pourim qui sera des plus joyeuses et bruyantes.

    Son engagement ne se limite pas à la communauté juive de Gand. Depuis 1977, elle milite activement au sein du Conseil international des femmes juives, une ONG reconnue par les Nations Unies et présente dans 49 pays. « Eliane est une féministeconvaincue », s’exclame Mary Liling, déléguée du Conseil international des femmes juives auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg. « Sans crier et sans faire de vagues, elle s’est toujours battue en faveur des droits des femmes. Encore aujourd’hui, elle participe à une conférence internationale sur la traite des femmes ».

    Une maison ouverte et accueillante

    Pendant presque quarante ans, Elie Monsonego a assumé la fonction de ministre officiant de la synagogue de Gand. Il a également enseigné l’hébreu au Houg Ivry. Ce professeur de religion conserve un souvenir inoubliable de cette communauté juive. « Grâce à la détermination et au dynamisme d’Eliane Sperling et de Jacques Bloch, j’ai vu pendant toutes ces années des Juifs qui aiment venir aux fêtes juives et se retrouver dans la joie du judaïsme », se réjouit Elie Monsonego. Il n’oublie pas l’accueil chaleureux qu’ils lui ont réservé en toute simplicité, mais avec sincérité surtout. « Ce sont de vrais Mensch. Jacques et Eliane illustrent admirablement ce qu’on peut lire dans le Pirke Avot (Maximes des Pères) : “Que ta maison soit ouverte pour accueillir tout le monde”. Aujourd’hui, Eliane continue d’entretenir cette petite flamme juive à Gand. Elle n’est certes pas éblouissante, mais elle est continue de briller malgré tout, parce qu’elle est constamment ravivée par des gens comme Eliane Sperling ou Jacques Bloch désireux de maintenir une vie juive ».


     
     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par dratwa - 7/02/2013 - 16:17

      Ravi que vous envoyez un coup de projecteur sur les communautés de province....
      mais pourquoi ne pas y avoir joint Arlon et Charleroi avec chacune leur personnalité???????

    • Par Philippe Levy - 7/02/2013 - 20:25

      Mooi artikel voor en over 2 prachtige mensen. Als kleine jongen herinner ik me vooral de lessen iwrit boven de patisserie Bloch met de geur van versgebakken koffiekoeken. merci Eliane, merci Jacques.

    • Par claudie Herry-v... - 7/02/2013 - 20:31

      Certes.... passant à Gand Veldstraat on ne manquait à chaque fois d'y passer
      et toujours un accueil très chaleureux, respectueux.... Merci Monsieur Bloch

    • Par Nora Podgaetzki... - 7/02/2013 - 23:04

      Marc et moi désirons féliciter Eliane Sperling et Jacques Bloch.
      Ce sont deux personnes dont le rayonnement a soutenu la communauté gantoise.
      Mais pas seulement.
      Eliane, par son énergie, a personnellement aidé mes parents à trouver de l'aide dans leur vieillesse, à recevoir des visites quand ils étaient hospitalisés, etc.
      Elle a aussi fait participer à la communauté, ces laïques convaincus. Elle a toujours organisé déplacements etc. Ils ont ainsi pu se retrouver entre amis lors des fêtes juives.
      Quand à Jacques Bloch et Christine, la chaleur de leur hospitalité était un apport de soleil indépendant des saisons...

      Chers amis, nous sommes heureux de vous voir reconnus publiquement comme Mench. Celà ne se limite évidemment pas à cette année.
      Bien à vous,
      Nora & Marc

    • Par Alain Willemot - 8/02/2013 - 19:24

      Toutes mes félitations à Eliane Sperling et Jacques Bloch, qui avec leurs conjoints regrettés, ont pu faire rayonner par leur accueil, leur bonté, leur humanisme bien au delà du cercle restreint de la communauté. C'est avec bonheur que je me souviens des jeudi-soir conviviaux et studieux, ainsi que des fêtes. Merci encore. Alain Willemot

    • Par Serena Abrahams - 9/02/2013 - 22:47

      Without Eliane and Jacques there would not have been a Jewish community in Gent. Their devotion and generosity of spirit have supported the Gent community for years and there has always been a welcome for anyone who has shown an interest in the Jewish community. It is wonderful that their work has been recognised by the CCLJ. Well done both of you. Serena Abrahams

    • Par Jan Hoet - 10/02/2013 - 13:42

      Félitations à Jacques et Elianne et surtout un grand merci!

    • Par Guillemette cruls - 13/09/2017 - 2:35

      Graag datas Joodse diensten in gent.met vriendelijk groet