Communauté

Dîner de gala du CCOJB

Lundi 3 octobre 2011 par Véronique Lemberg

Le dîner de gala du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) s’est tenu le 20 septembre 2011 à l’Hôtel Conrad de Bruxelles. Le Premier ministre Yves Leterme et de nombreuses personnalités politiques et académiques ont rehaussé cet événement de leur présence.

De nombreux responsables politiques belges, des ambassadeurset des représentants de différentes communautés religieuses ont assisté au dîner du CCOJB réunissant plus de 280 personnes. Contrairement à certaines éditions du dîner du CRIF (équivalent français), la soirée n’a jamais pris l’allure d’un tribunal auquel les responsables politiques belges sont sommés d’écouter tête baissée les remontrances d’un dirigeant communautaire qui souhaite à tout prix flatter les siens. Elle était clairement placée sous le signe du dialogue franc et respectueux, et l’allocation prononcée par le président du CCOJB en a été la parfaite illustration. Comme l’a rappelé d’emblée Maurice Sosnowski, « ce dîner est organisé dans une optique de rencontre et d’ouverture de la communauté juive de Belgique vers le monde politique, les communautés religieuses et les médias ».

Non sans humour, le président du CCOJB a commencé par rappeler l’attachement des Juifs à la Belgique, leur pays, où ils se sentent heureux. Pour qu’ils le demeurent, leurs craintes et leurs inquiétudes, parmi lesquelles figure l’antisémitisme, doivent être dissipées. Suite à une énumération d’incidents antisémites qui ont marqué ces dernières années, Maurice Sosnowski a tenu à adresser deux requêtes légitimes au Premier ministre : que la cellule de veille contre l’antisémitisme du Centre pour l’égalité des chances soit directement placée sous l’autorité du Premier ministre, par souci d’efficacité; que la Belgique suive l’exemple de nombreuses démocraties occidentales en ne participant pas à la Conférence de Durban III de l’ONU sur le racisme. Tout indique qu’elle sera en effet de nouveau détournée de ses objectifs par un déchaînement antisémite et anti-israélien.

L’antisémitisme n’est pas le problème des Juifs, mais celui de la société. A cet égard, Maurice Sosnowski en a profité pour saluer deux personnalités qui ont pris la mesure de ce fléau et ont activement œuvré pour que des situations inacceptables prennent fin : le bâtonnier Edouard Jakhian et le recteur de l’Université libre de Bruxelles, Didier Viviers.

Mais la lutte contre l’antisémitisme passe aussi par l’éducation. Depuis qu’il préside le CCOJB, Maurice Sosnowski a porté une attention toute particulière à « La haine, je dis NON ! », le programme élaboré par le Centre d’éducation à la citoyenneté du CCLJ qu’il a félicité pour le travail accompli.

Avant de céder la parole au Premier ministre, Maurice Sosnoswski a formulé une dernière requête concernant la mémoire de la Shoah : que le Sénat se penche enfin sur les conclusions politiques que la Belgique doit tirer du rapport du CEGES sur les autorités belges et la persécution juive pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sans apporter de réponses satisfaisantes à ces demandes et en qualifiant maladroitement la communauté juive de « communauté amie de la Belgique », Yves Leterme a souligné toutefois qu’il comprenait ses inquiétudes par rapport à l’antisémitisme. Et de réaffirmer que « le conflit du Moyen-Orient ne peut jamais servir de justification aux actes racistes, de quelle nature qu’ils soient… ». Le Premier ministre a terminé son discours en formulant le souhait que le dîner du CCOJB devienne une tradition. Rendez-vous est donc pris l’année prochaine.


 
 

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