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Blanche, la candidate belge de l'Eurovision

Mardi 2 mai 2017 par Géraldine Kamps
Publié dans Regards n°861 (1001)

Le 9 mai 2017 à 21h, Ellie Delvaux allias Blanche montera sur la scène de Kiev pour représenter la Belgique à l’Eurovision avec son titre « City Lights ». Un vrai challenge pour cette jeune fille de 17 ans, madriha à l’Hashomer Hatzaïr, qui cumule habilement sa passion pour le chant et la fin de ses humanités.

Comment passe-t-on aussi vite de l’ombre à la lumière ?

Tout s’est passé très vite, c’est vrai. Je chante depuis toujours, mais pour moi. J’avais juste suivi quelques cours de comédie musicale, participé aux fêtes de mon école et enregistré quelques vidéos sur Youtube. Quand j’ai eu 16 ans, l’âge de participer à un concours, j’ai sauté sur l’occasion et j’ai été retenue dans l’émission « The Voice » (5e saison). Je n’ai pas gagné, mais cela n’a rien changé à ma motivation. Ce n’était pas un but en soi. Je voulais surtout vivre cette formidable expérience, rencontrer d’autres chanteurs, apprendre avec les coachs (Cats on Trees), passer à la télé, et puis, avoir un retour sur ce que je faisais. Tout le monde participe pour gagner évidemment, mais cela peut aussi être une étape, voire un tremplin. J’ai été triste que l’aventure s’arrête, mais ce n’était pas la fin pour moi.

Pierre Demoulin, le chanteur du groupe belge Roscoe, t’a repérée dans l’émission. C’est lui qui a écrit la chanson que tu présenteras à l’Eurovision…

Effectivement, Pierre Demoulin (ndlr Octave du meilleur album de l’année 2012 et 2015) aimait ma voix et mon univers et m’a contactée pour qu’on travaille ensemble. Il voulait écrire pour moi et on a tout de suite eu un très bon feeling. C’est lui qui m’a appris que j’avais été choisie pour représenter la Belgique. Je n’ai pas tout de suite compris ce qu’il me disait. Aujourd’hui encore, je n’arrive toujours pas à y croire…

Quels sont tes goûts musicaux ?

J’aime les musiques « atmosphériques », avec des voix particulières, qui prennent du temps à s’installer, du style Alt-J, Aurora, RY X... Je pense que c’est d’ailleurs l’ambiance de ma chanson qui fait sa force. « City Lights » est une histoire d’amour, dans laquelle chacun peut retrouver sa propre histoire. J’ai été très touchée par les nombreux messages que j’ai reçus, de gens qui me disaient notamment que ma chanson leur avait fait du bien, qu’elle avait quelque chose de spécial qui leur plaisait.

Que représente pour to l'Eurovision ?

Je pense qu’en Belgique, on n’est pas un pays particulièrement fan de l’Eurovision. Moi-même, j’étais tombée dessus quelques fois, mais je trouvais ça un peu traditionnel, pas très moderne. Quand on y regarde de plus près, en tout cas cette année, c’est très différent. La plupart des candidats sont jeunes, modernes, et dans le même état d’esprit que moi. J’ai d’ailleurs entendu beaucoup de bonnes chansons qui méritent d’aller en finale. Rien n’est donc gagné d’avance.

Comment ta famille réagit-elle à tout ce qui se passe ?

Que ce soit ma famille, mes amis, tous sont très surpris évidemment et super contents. Cela reste quelque chose de fou et personne n’y croit ! A l’Hashomer, les petits me posent des questions, les autres madrihim me charrient un peu, mais dans l’ensemble, tout le monde est hyper enthousiaste. Aujourd’hui, ma famille est très impliquée dans ce projet, puisque mon père est mon manager, mon frère s’occupe de  tout ce qui est réseaux sociaux, et ma mère me soutient moralement, elle est un peu mon « coach ».

Tu chanteras le 9 mai prochain devant plus de 200 millions de téléspectateurs, en partant dans le top 3 des favoris, ça fait beaucoup de pression, non ?

Je ne ressens pas trop la pression, même si je sais que les gens attendent beaucoup de moi. J’ai aussi un groupe de fans qui poste mes actus sur Facebook. La semaine dernière, j’étais à Tel-Aviv pour un concert avec d’autres candidats, et quand je suis arrivée sur scène, j’ai parlé en hébreu, ils étaient tous choqués ! Le public a vraiment été extra. J’avoue que ces deux semaines de vacances ont été très chargées, entre les répétitions, les interviews, les concerts de Londres, Tel-Aviv, Madrid, et la fête de mon école à laquelle je participe. Je suis heureuse évidemment de faire partie des favoris, on a fait la chanson pour qu’elle plaise, également en dehors de l’Eurovision, et cela montre que cet objectif-là est atteint. Maintenant, je ferai tout ce que je peux pour ne pas décevoir mon public. Je serais très heureuse qu’après tant d’années, la Belgique gagne une nouvelle fois et qu’elle puisse organiser l’Eurovision l’année prochaine. Qu’elle soit fière, un peu grâce à moi, ce serait formidable.

A voir sur la RTBF : demi-finale le 9 mai 2017 à 21h - Finale le 13 mai.

Infos : www.blanche-music.be


 
 

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