Du côté de la JJL

Au revoir

Mardi 2 juillet 2019 par Noah Gottlob
Publié dans Regards n°1047

Bien sûr, il y a les samedis, les mahanot et les séminaires. Bien sûr, il y a le volet idéologique et la réflexion éducative. Mais ce qui me manquera le plus, ce sont les jeunes…

 

Pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, après trois ans à la barre du navire de la JJL, je quitte ce poste pour me lancer dans de nouvelles aventures (notamment toujours au sein du CCL). A quelques jours de mon dernier mahane, voici l’heure du bilan de ces années en tant que shaliah de la JJL.

Etre shaliah, c’est avant tout être garant de notre philosophie et de sa transmission de kvoutza en kvoutza, de génération en génération. Tout au long de mon parcours à la JJL, j’ai tenté de maintenir le cap idéologique du mouvement. Dans cette mission, j’ai tantôt été aidé d’un vent favorable, me facilitant le chemin vers nos valeurs d’ouverture, de citoyenneté et de vivre ensemble grâce au soutien et à l’enthousiasme des haverim, madrihim, parents et membres de la MJLJ (maison de la jeunesse juive laïque). Tantôt, il faut le dire, j’ai dû faire face à des courants tumultueux qui ne me facilitaient pas la tâche en termes de contraintes organisationnelles ou sécuritaires.

Travailler pour un mouvement de jeunesse communautaire exige une vigilance constante, dans l’idée d’éviter un fonctionnement trop autarcique qui aurait pour conséquence de rendre caduques certaines de nos valeurs. J’ai parfois dû lutter pour la réalisation de projets engagés. Certains d’entre eux ont abouti, d’autres non. Mais tous m’ont appris comment militer pour des idées.

Peut-être un peu naïf à mes débuts, cette expérience m’a enseigné les difficultés de la lutte pour ce qui semble si évident. Et puis, après de longs efforts de réflexion pédagogique, quelle fierté de voir nos jeunes interpréter un spectacle qu’ils ont eux-mêmes créé autour de valeurs citoyennes et humanistes lors de la messiba de cette année, pour ne citer qu'un exemple, qui militait pour l’accueil des réfugiés.

La JJL est un mouvement de jeunesse juif laïque. Cela veut dire que nous transmettons, entre autres, une certaine vision du judaïsme. Un judaïsme décentré de la croyance et qui porte davantage sur son héritage culturel, sa compréhension et son analyse critique. Par ailleurs, être un mouvement de jeunesse juif laïque ne veut pas dire que nous ne soyons pas ouverts. Nous diffusons notre culture et notre vision du judaïsme et participons ainsi au mélange et à la mixité que vise notre société multiculturelle. C’est-à-dire que nous vivons notre identité juive à travers le partage et la rencontre que l’on fait avec d’autres cultures, religions ou philosophies. Nos portes sont depuis toujours, et à jamais, ouvertes à toute personne désireuse de nous rejoindre dans cet apprentissage et dans cette transmission.

Dans ce sens, avoir été shaliah a été pour moi une façon de vivre mon judaïsme, en le transmettant et en faisant de celui-ci un outil d’éducation.

La situation dans laquelle est placée la communauté juive complique parfois la vie des mouvements tournés vers l’extérieur, mais il s’agit là d’un élément non négociable de l’éducation des jeunes. Nous voulons faire d’eux de futurs adultes citoyens, porteurs d’une vision de la société où l’on vit ensemble avec nos différences.

Concernant l’avenir, la JJL est déjà un mouvement au sein duquel les jeunes apprennent et transmettent (en s’amusant !), mais il s’agit de ne pas de se reposer sur ce que nous sommes : il y a (il y aura toujours) encore du travail à faire. Nous sommes ouverts, mais nous devons l’être encore plus. Nous sommes inscrits dans une dynamique sociétale et locale, mais nous devons l’être encore plus. Nous luttons pour l’écologie, mais nous devons le faire encore plus. Voilà les challenges constants de la JJL et je souhaite, dans cette optique, autant de plaisir, d’enthousiasme et de détermination que j’en ai eus moi-même à la personne qui me succédera.

Nos jeunes grandissent, apprennent et transmettent à leur tour. Je suis à la JJL depuis mes 6 ans, j’ai reçu et j’ai donné. Je laisse maintenant la main à une nouvelle génération en qui j’ai une confiance absolue et qui assurera, à son tour, le relais de ce qui constitue la JJL.

Merci pour cette aventure !


 
 

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