Nouvelle génération

Alexandre Liebhaberg, réalisateur, qui sait un jour...

Mardi 4 décembre 2018 par Géraldine Kamps
Publié dans Regards n°1034

Alexandre Liebhaberg avait 11 ans quand il a découvert la passion du cinéma. A 16 ans, le jeune homme enchaîne les visions de films pour en comprendre tous les secrets, avec la ferme intention de devenir réalisateur. Si ce n’est pas une vocation, ça y ressemble drôlement.

 

Il y a quelques semaines, Alexandre Liebhaberg, 16 ans, nous interpellait par un mail assez inattendu pour un garçon de son âge. « Etant un jeune juif bruxellois, je ne peux qu’apprécier que l’on nous demande notre avis et notre vision de notre judaïsme », nous confiait-il, à la suite d’un sondage que nous lui avions envoyé. Avant d’ajouter : « Ayant une passion dans la réalisation de vidéos, de films et d’animations, je vous propose mon aide pour illustrer des articles ou bien faire des reportages inédits ». Qui ne tente rien n’a rien ! Nous avons logiquement voulu en savoir plus.

Le nom Liebhaberg ne vous est peut-être pas étranger, nous vous avions présenté en 2015 Antoine, le frère jumeau d’Alexandre qui, à 12 ans, s’attelait à l’écriture… d’un polar ! Inscrit à l’école Hamaide en primaires, actuellement en 1ère scientifique (5e secondaire) au Lycée français, Alexandre a, lui aussi, toujours consacré beaucoup de temps à ses hobbies. « J’étais assez seul pendant mes primaires, ce qui m’a donné une vision sur le monde sans doute différente des garçons de mon âge », explique-t-il. « Cela a été bénéfique. Moi qui étais plus centré sur la réflexion, avec parfois même un peu d’arrogance, j’ai compris que je devais changer certaines choses et m’ouvrir ».

Son identité juive, Alexandre la voit surtout familiale, pratiquée lors des grandes fêtes, limitée au cadre privé, « ce qui ne m’empêche pas de me sentir très juif et de l’assumer totalement », souligne-t-il. Alexandre et son frère ont d’ailleurs décidé pour leur bar-mitzva de suivre à la fois l’Année de judaïsme au CCLJ et la cérémonie de La Régence. « Une formation très complète », estime le garçon, « qui m’a permis de traiter de la généalogie, du souvenir, de l’histoire, tout en apprenant l’aspect religieux, avec quelques notions d’hébreu ».

Passion cinéma

C’est la caméra offerte par leur parrain pour leurs 11 ans qui constituera le déclic pour Alexandre. « Antoine faisait l’acteur, et moi je le filmais », se souvient-il. « J’ai réalisé que j’adorais être derrière la caméra, ça a été le tout début de ma passion ». Alexandre est l’un des premiers à s’inscrire au nouvel atelier cinéma du Lycée français qui se déroule pendant les récrés. L’occasion de découvrir les classiques et de les analyser, d’être impressionné par la créativité des premiers réalisateurs, « indispensable pour combler leur manque de technique », relève-t-il.

Le Summer Camp auquel il participe en Pennsylvanie, comme participant puis comme moniteur, « une des meilleures expériences » de sa vie, lui apportera la confiance dont il manquait, l’incitant à aller de l’avant. Alexandre veut tout connaître et ne se contente ni de l'option  cinéma qui fait désormais partie de ses cours, ni du ciné-club qu’il fréquente. Avec une amie qui partage sa passion, il se rend au cinéma presque chaque semaine. « C’est devenu le rituel du vendredi soir », sourit-il. « On va tout voir : du film d’action au film d’auteur, en passant par le biopic ou le film de science-fiction ! Se limiter à un genre reviendrait à limiter sa créativité. Il faut avoir vu pour créer », affirme celui qui consigne ensuite ses critiques et synopsis en les classant par genre, comme « de nouvelles sources d’inspiration ».

Depuis qu’il a 8 ans, Alexandre pratique aussi la boxe thaïe, en famille. Il code également depuis de nombreuses années, devenu en parfait autodidacte un as de la programmation, créant des jeux informatiques et des sites internet. Il chante et joue de la guitare. Mais le 
cinéma a dépassé le simple hobby. « Aujourd’hui, être réalisateur est devenu une évidence, c’est de cela que je veux vivre », insiste-t-il, sans exclure de passer par un Bachelier en Polytech avant d’entrer à l’INSAS !

En attendant de réaliser son propre film, il coréalise celui d’une amie, heureux de pouvoir partager son expérience. « Quand je regarde un film, je le désassemble pour comprendre ce que le réalisateur a voulu y mettre : composition des plans, bande-son, lumière, comment est-il arrivé à faire passer tel ou tel sentiment, quelle technique a été mise en œuvre, avec quelle amorce de dialogue et quel procédé scénaristique… ». Ce fan de Spielberg avoue avoir trouvé dans le réalisateur américain le seul capable de le plonger réellement dans un univers, « en arrêtant le temps et en en profitant pleinement ».

Alexandre confie avoir personnellement quelques scénarios en cours et beaucoup de débuts d’idées. « J’écris parfois six scènes d’une traite, puis je m’arrête pendant plusieurs mois. Une nouvelle expérience de la vie peut me faire réécrire une partie ou en ajouter une autre ». On découvrira peut-être bientôt sur les écrans l’un 
de ses protagonistes, « bloqué dans une roue, poussé à revivre sans cesse le même moment, avant de se rendre compte qu’il lui aurait suffi d’appréhender les choses autrement pour s’en sortir ». Toute ressemblance avec un personnage réel est purement fortuite.


 
 

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