Vu du Net

Le journal d'Eva sur Instagram

Mardi 3 décembre 2019
Publié dans Regards n°1055

Et si une jeune fille avait eu Instagram pendant la Shoah ? Telle est la question que pose ce compte Instagram lancé il y a quelques mois par l’homme d’affaires israélien Mati Koshavi et sa fille Maya avec l’aide d’une agence de publicité et qui nous raconte sur les réseaux sociaux l’histoire d’Eva Heyman, jeune Juive hongroise de 13 ans qui périra à Auschwitz en 1944.

 

Eva Heyman a vraiment existé et a raconté et documenté son quotidien d’adolescente pendant la Seconde Guerre mondiale, en livrant dans un Journal (sous le titre J’ai vécu si peu), à la façon d’Anne Franck, ses rêves, ses confidences, l’arrivée des nazis et la déportation dans les camps de concentration. Le récit est repris avec tous les codes propres à Instagram, des filtres, des hashtags, une géolocalisation dans le ghetto de Nagyvárad, et des vidéos de 15 secondes qui se succèdent. Une grosse production avec un budget de plusieurs millions de dollars qui a rassemblé 400 acteurs en trois semaines de tournage, vivement critiquée par certains même si elle a attiré très rapidement plus d’1,5 million d’internautes dont la moitié de moins de 25 ans, qui était précisément le public visé à l’heure où beaucoup de jeunes confient encore ne jamais avoir entendu parler de la Shoah.

https://www.instagram.com/eva.stories/

« NAS DAILY » ET « DEAR ALYNE », LA VERTU DU DIALOGUE

On se souvient de la minute virale de « Nas (« les gens » en arabe) Daily », ce blogueur « palestinien-israélien », de son vrai nom Nuseir Yassin, qui avait créé plus de 1.000 vidéos quotidiennes sur Facebook en tentant d’expliquer chaque jour en anglais pendant une minute les relations entre Israéliens et Palestiniens. Avec un humour non dénué de réflexion et une efficacité redoutable appréciée par quelque 14 millions d’internautes ! Après avoir adapté son concept de 60 secondes à une série de voyages autour du monde réunis dans un livre (Around the world in 60 seconds), il nous annonce une série de podcasts sur ses relations avec Alyne (« Dear Alyne »), sa compagne de vie après avoir été la première fan de « Nas ». « La vraie histoire de leur histoire d’amour », likée par plus de 300.000 abonnés, promet de beaux jours. Et donne l’envie de croire à un possible dialogue.

https://www.facebook.com/nasdaily/

« DERNIERES LETTRE D’ENFANTS PENDANT LA SHOAH »

« Ma chère maman, je t'écris. Je veux te voir… Tout mon amour à maman et à Sonyush ».

(14 novembre 2019 – Jérusalem) Tels sont les derniers mots rédigés par Hersch Paluch, 13 ans, depuis le ghetto de Konskie, en Pologne. Il s’adresse à sa mère Helena, alors en Argentine. Hersch sera emporté par le tourbillon destructeur de la Shoah, sans revoir sa famille…

A l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, Yad Vashem présente une nouvelle exposition virtuelle en français : « Dernières lettre d’enfants pendant la Shoah ». Il s’agit de cinq cartes ou lettres, rédigées par des plumes encore fragiles de 7 à 13 ans, à leurs parents ou grands-parents. Des mots naïfs et touchants qui constituent pour l’essentiel un appel à revoir leurs proches. Les cinq jeunes auteurs de ces quelques lignes, cachés ou confiés dans l’espoir d’être sauvés, périront dans la Shoah, loin des leurs.

Les archives de Yad Vashem regorgent de milliers de lettres personnelles, envoyées par des Juifs -enfants et adultes- à leurs proches et amis, depuis leur domicile, leur cachette, les ghettos et les camps, quand cela leur était possible. Chacune des cartes de cette nouvelle exposition permet de reconstruire l’histoire ou le parcours de ces familles décimées par la folie hitlérienne. Elles constituent l’émouvant dernier signe de vie de ceux, encore si frêles, engloutis dans la cruauté nazie. Elles rappellent ainsi que la Shoah n’a épargné personne, pas même les plus jeunes de ses victimes. Et combien, pour un enfant, outre les atrocités subies sur un plan collectif, la séparation d’avec ses proches s’est avérée difficile.

https://www.yadvashem.org/


 
 

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